‹ Le vieux Paris universitaireChapitre 11 sur 72 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les écoles du cloître Notre-Dame. — La légende de Charlemagne. — Les comtes de Paris. — Affluence des escholiers. — Abélard.

C'est au cloîlre Notre-Dame qu'avaient germé ces écoles épiscopales.

Il est de tradition d'allriijuer h Cliarlemagne la fondation de TUniversité de Paris; et celle-ci s'enorgueillissait de cette parenté illustre. Charlemagne fut toujours l'objet de son culte, et l'on sait qu'encore aujourd'hui les jeunes nourrissons de ïa/ma mntcr chôment et fesloyent à la santé du vieil empereur.

Mais la critique impitoyable a dissipé cette légende, celle brume qui estompe la figure de l'histoire, et a reconnu que Paris était le moindre souci du vieil empereur. Tous les séjours de Charlemagne à Paris sont des fables. On ne le vit qu'une fois à la mort de son père, qu'il fallait bien qu'il enterrât, et puis une autre encore à son retour des côtes bretonnes. Toutes les fondations de piété ou de science dont Paris lui fait honneur ne sont pas plus vraies. Charlemagne ne créa rien à Paris, par la bonne raison qu'il l'avait oublié et ne daigna plus jamais s'en souvenir.

Pendant tout le règne de ce prince, les écoles de Paris, restes des antiques écoles gallo-romaines, étaient languissantes; aucun historien ne les cite, pas plus d'ailleurs que la ville délaissée par le César germain. La fameuse école palatine, qui, môme à Aix-la-Chapelle, n'exista pas, est encore un bien plus gros mensonge quand on veut la placer à Paris et en faire l'origine de toutes ses écoles.

Paris créa lui-même celles qui l'ont illustré, et s'il eut une incomparable Université, ce n'est pas à cet Allemand, c'est à lui-même, aidé de ses vrais princes, les rois de France, qu'il la dut.

D'ailleurs le peuple de Paris, qui se souvient de ceux qui l'ont aimé comme aussi de ceux qui l'ont délaissé, a i>afoué des brocards de ses légendes narquoises, comme Dagobert de ses chansons, le vieil empereur Cassandre dont Maugis se moque et que bernent les quatre fils Aymon, que trompent ses filles, qui le traita de si haut et ne voulut jamais le connaître.

Ce furent deux moines de Saint-Germain d'Auxerre qui vinrent à Paris enseigner la philosophie et les arts libéraux dans les écoles qui végétaient à l'ombre de la vieille basilique de Notre-Dame.

L'élévation h la couronne des comtes de Paris donna à colle-ci une suprématie considérable. Quelque restreint que fût alors le pouvoir du monarque, les rapports que sa suzeraineté faisait établir entre lui et les seigneurs amenaient sans cesse une assez grande affluence auprès de sa personne; Paris fut considéré comme la principale ville de la monarchie, et cette réputation attirait dans ses murs un grand nombre d'étrangers.

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