‹ Le vieux Paris universitaireChapitre 14 sur 72 · LA VIEILLE EGLISE DE SORBONNE · texte numérisé non relu

LA VIEILLE EGLISE DE SORBONNE

ses, professait dans une haute chaire, au fond de la classe, à droite; à gauche, les écoliers étaient rangés, observant la maxime inscrite sur les murs : Silentiumî

11 y avait deux sortes de collèges : les collèges réguliers, comme ceux des Bernardins et des Prémontrés, peuplés de novices soumis à une réglementation monastique, et les collèges séculiers comprenant les Artiens, les Décrétistes et les Mires (étudiants es lettres, es droits, en médecine). Ces derniers jouissaient d'un peu plus de liberté que les autres, mais, sauf la fréquence des exercices religieux, les grandes lignes réglementaires sont presque partout les mêmes.

A la tête du collège était le Principal ou Proviseur, assisté d'un Conseil de commimauté des boursiers dont il prenait avis.

La vie dans ces collèges ressemble, par beaucoup de côtés, à celle de nos petits séminaires actuels ou des collèges anglais d'Eton et de Cambridge.

Les boursiers étaient logés deux par deux, dans une chambre, ou plutôt cellule, que leur assignait le principal et qui devait rester toujours ouverte pour assurer la surveillance; l'un des deux est de semaine pour faire les provisions, balayer la chambre et servir à table. 11 devait rendre ses comptes tous les huit jours. Chaque chambre avait quelques livres confiés à l'ancien. Comme il n'y a pas de salle d'étude commune, on ne quitte la chambre où l'on travaille que pour aller à la chapelle, à la classe, au réfectoire, au deambiilalorium (cour et préau). Il est défendu d'y recevoir personne; à neuf heures, au couvre-feu qui tinte au lanternon de Saint-Séverin et au clocher de Saint-Hilairc, tous les étudiants doivent être remontés.

A côlé des boursiers, étaient les connéleiirs, ou portionnistes, pensionnaires payants, et les camms/^s, jeunes gens riches, sous la direction d'un précepteur particulier, qui avaient leur chambre et se nourrissaient à leurs frais. Le collège ne leur fournissait que le local, l'instruction et le feu pour le chauffage et la cuisine.

Il y avait deux sortes d'externes : les martinets, ainsi nommés à cause de leur humeur voyageuse, et les galoches. Les premiers n'avaient affaire au principal que pour l'obtention du certificat d'études au moment de passer les grades. Une partie d'entre eux étaient des jeunes gens sans aveu et sans gîte. Les prescriptions de tous genres étaient restées insuffisantes contre cette turbulente jeunesse, coureuse de tavernes, se plaisant aux tapages et aux émeutes. Les galoches, ainsi nommés à cause des sabots qu'ils traînaient à travers les fanges du Pays latin, étaient de vieux étudiants amateurs qui blanchissaient sous le harnois scolastique en écoutant les éternelles gloses sur Aristote.

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