LA PREVOTE DE QUEBEC SOUS LE REGIME FRANÇAIS
Le trente-unième article de l'édit de création de la Compagnie des Indes Occidentales donné à Paris au mois de mai 1664, se lisait comme suit:
"Pourra la dite compagnie comme seigneurs haut-justiciers de tous les dits pays, établir des juges et officiers partout où besoin sera et où elle trouvera à propos de les déposer et destituer, quand bon lui semblera, lesquels connaîtront de toutes affaires de justice, poiice, commerce, navigation tant civiles que criminelles; où il sera besoin d'établir des conseils souverains, les officiers dont ils seront composés, nous seront nommés et présentés par les
directeurs généraux de la dite compagnie; et sur les dites nominations les provisions seront expédiées." (1)
C'est sur l'autorité de cet article de son édit de création que la Compagnie des Indes Occidentales établit le tribunal de la Prévôté de Québec au mois de mai 1666.
En décembre 1674, par un édit donné à Saint-Germain-en-Laye, Louis XIV réunissait au domaine de la couronne toutes les terres qu'il avait ci-devant accordées à la Compagnie des Indes Occidentales. Par le même édit le roi révoquait, éteignait et supprimait le siège de la Prévôté et justice ordinain^ de Québec, et il ordonnait que le Conseil Souverain jugerait en première instance les procès et contestations que la Prévôté avait coutume de juger et dont l'appel était relevé au Conseil Souverain, (2)
Par son édit donné à Saint-Omer au mois de mai 1677, Louis XIV rétablissait le siège de la Prévôté et justice ordinaire de Québec ''pour connaître en première instance de toutes matières tant civiles que criminelles, et dont l'appel sera relevé en notre Conseil Souverain établi en la dite ville."
Le siège de la Prévôté devait être composé d'un lieutenan.t-général, d'un procureur du roi et d'un greffier. Le lieutenant-général devait recevoir cinq cents livres de gages, le procureur
(1) Edits et Ordonnances, vol. I, p. 46.
(2) Cet édit a été publié dans les Edits et Ordonnances, vol. I, p. 74.
du roi trois cents livres et le greftier cent livres. (1)
C'est ce tribunal de la Prévôté réorganisé en 1677 qui a existé jusqu'à la conquête.
Nous donnons ici la liste des lieutenantsgénéraux, lieutenants particuliers, procureurs du roi et greffiers de la Prévôté de Québec de 1666 à 1759.
Lieufcnaiit-Géncraux Civils et Criiiiiiiels
Louis-Théandrc Charticr de Lotbinière. — Nommé le 1er mai 1666, par la Compagnie des Indes Occidentales. (2) Installé par le Conseil Souverain le 10 janvier 1667. Le 26 avril 1675, M. de Lotbinière obtenait de nouvelles lettres de provisions mais cette fois du roi. (v3) Le 1er mai 1677, M. de Lotbinière résignait sa charge en faveur de son fils. A l'automne de 1679, il s'embarquait pour la France. Il mourut au cours de ce voyage ou du moins ne revint pas dans la Nouvelle-France. Mgr Tanguay fait mourir M. de Lotbinière à Québec le 11 septembre 1690. (4) C'est Mme de Lotbinière qui meurt à Québec à cette date.
René-Louis Chariier de Lotbinière. — Nommé le 1er mai 1677. (5) Installé le 25
(1) L'édit pour l'établissement du siège de la Prévôté et justice ordinaire de Québec de mai 1677 a été publié dans les Edits et Ordonnances, vol. I, p. 00.
(2> Lettres de provisions dans Edits et Ordonnances, vol. III, p. 87.
(3) Insinuations du Conseil Souverain.
(4) Dictionnaire généalogique, vol. 1er, p. 120. (5) Insinuations du (lonscil Souverain.
octobre 1677. Le ler juin 1703, M. de Lotbinière était nommé premier conseiller du Conseil Souverain. Il fut installé le 26 novembre 1703, dans sa nouvelle charge. M. de Lotbinière décéda à Québec le 3 juin 1709.
Claude de Bermen de la Martinière .--Nommé le 12 juin 1703.(1) Installé le 26 novembre 1703. Le 5 mai 1710, M. de la Martinière remplaçait M. de Lotbinière au Conseil Souverain en qualité de premier conseiller. Il fut installé le 6 octobre 1710. Il avait été lieutenant-général de la Prévôté pendant sept ans. Décédé à Québec le 14 avril 1714.
Denis Rivcrin. — Nommé le 17 janvier 1710. Ses lettres de provisions ne furent jamais enregistrées ni même présentées au Conseil Souverain. M. Riverin avait été nommé, le 27 octobre 1702, député du Canada en France pour surveiller les intérêts des habitants au sujet du commerce du castor. Il vivait donc en France depuis près de huit ans Jorsqu'il fut nommé lieutenant-général de la Prévôté de Québec. Il n'accepta cette charge que pour en retirer les émoluments, puisque, le 5 mai 1710, le roi nommait le sieur Paul Dupuy de Lislois pour faire les fonctions de lieutenant-général de la Prévôté de Québec en l'absence du sieur Riverin. Et, un peu plus tard, le roi décidait que "M. Riverin, ne pouvant être en même temps en France pour y faire ses fonctions de
(1) Insinuations du Conseil Souverain.
îa députation, et au Canada pour se faire recevoir en la dite qualité de lieutenant-général, devait, en considération de ce service, être payé de ses appointements de la dite charge par le fermier du Domaine d'Occident." M. Riverin mourut en France en 1717. Il conserva sa charge jusqu'à sa mort sans l'avoir jamais exercée.
Pierre André de Leigne. — Nommé le 13 avril 1717. (1) En 1742, après un quart de siècle de services, M. André de Leigne demanda à prendre sa retraite tout en conservant ses appointements. Au mois de mars 1744, le roi lui accordait la permission de se retirer du service avec la jouissance de son plein salaire. M. André de Leigne décéda à Trois-Rivières le 7 mars 1748.
François Daine. — Nommé le 25 mars 1744. (2) Il exerça sa charge jusqu'à la Conquête. M. Daine fut donc le dernier lieutenantgénéral de la Prévôté de Québec. Nous voyons dans la Garjette de Québec que le 20 septembre 1764 M. Daine, sa femme et ses deux fiiles Gillette et Françoise s'embarquaient pour la France. Ils ne revinrent pas.
Lieutenants Particuliers
Le 6 octobre 1685, l'intendant de Meulles demandait au ministre de Scignelay de nom-
(1) Insinuations du Conseil Souvrrain.
(2) Edita et Ordonnances, vol. TII. p. 107.
mer à Québec un lieutenant particulier de la Prévôté. Il proposait pour remplir cet office Augustin Rouer de la Cardonnière, fils aîné de M. Rouer de Villeray, premier conseiller au Conseil Souverain.
Le ministre ne se rendit pas à la demande de M. de Meulles.
Neuf ans plus tard, le 24 octobre 1694. l'intendant Champigny insistait à son tour pour obtenir la nomination d'un lieutenant particulier de la Prévôté à Québec. (1) Cette fois le ministre se décida à agir. Le premier titulaire fut:
Paul Dupiiy de Lislois. — Nommé le 1er juin 1692. (2) Le 5 mai 1720. un arrêt du roi nommait M. Dupuy de Lislois pour faire les fonctions de lieutenant-sfénéral de la Prévôté de Québec, en l'absence du sieur Riverin. M. Dupuy agit ainsi comme lieutenant-général jusqu'à sa mort arrivée à Québec le 20 décembre
Jean-François Ha.'^eiir. — Nommé le 5 mai 1710. Sa nomination au Conseil Souverain, le 18 juin 1712, lui fit abandonner la charge de lieutenant particulier. (3)
Louis Rouer d'Artigny. — Nommé le 18
(1) Archives du Canada, Correspondance générale, vol. 13..
(2) Insinuations du Conseil Souverain.
(3) Insinuations du Conseil Souverain.
juin 1712. (1) Le 3 avril 1717, M. Rouer d'x\r^ tigny entrait à son tour au Conseil Souverain.
Jean-Baptiste Coiiillard de Lespinay. — Nommé le 27 avril 1716. (2) M. de Lespinay décéda à Québec le 8 mars 1735.
Nicolas-Gaspard Boiicaidt. — Nommé le 27 mars 1736. (3) En 1757, M. Boucault abandonnait sa charge pour retourner en France.
Guillaume Giiillimin. — Nommé le 24 avril 1757. (4) Installé le 10 juillet 1758. Il fut le dernier lieutenant particulier de la Prévôté de Québec. Décédé à Québec le 30 juillet 1771.
Procureurs du Roi
Jean-Baptiste Peuvret de Mesnu. — Le 1er mai 1666, la Compagnie des Indes Occidentales donnait l'office de procureur fiscal en la ville de Québec à Jean-Baptiste Peuvret de Mesnu. (5) M. Peuvret de Mesnu exerça cette charge, concurremment avec son office de greffier du Conseil Souverain, jusqu'à la révocation par le roi de la Compagnie des Indes Occidentales. (6)
J.onis Boldiic. — Louis Bolduc, qui succéda
(1) Insinuations du Conseil Souverain.
(2) Insinuations du Conseil Souverain.
(3) Edits et Ordonnances, vol. III, p. 103.
(4) Insinuations du Conseil Souverain. (.5) Edits et Ordonnances, vol. 111, p. 86.
(6) Pendant un voyage que M. Peuvret de Mesnu fit eu France, il fut remplacé dans sa charge de procureur du roi par Pierre Duquel de la Chesnaye.
à Jean-Baptiste Peuvret de Alesnu dans la charge de procureur du Roi de la Prévôté de Québec, fut nommé le 16 août 1676. (1) Il fut le premier procureur de la Prévôté nommé directement par le roi. Bolduc fut interdit par le Conseil Souverain, le 30 avril 1681. Malgré l'intervention énergique de Frontenac en sa faveur, il fut cassé par le roi le 4 juin 1686. (2)
Pierre Duquct de la Chesnaye. — Nommé par le Conseil Souverain, le 30 avril 1681, pour faire les fonctions de la charge de procureur du roi en la Prévôté de Québec ''jusqu'à ce que Louis Boîduc se soit purgé des cas à lui imposés." (3) Duquet exerça les fonctions de procureur du roi jusqu'à la nomination de Paul Dupuy de Lislois par MM. de Denonville et Champigny, le 24 octobre 1686.
Paul Dupuy de Lislois. — Nommé le 17 octobre 1686. (4) Le 1er juin 1695, il était promu lieutenant particulier de la Prévôté.
Jean-Baptiste Bécard de Graiidrille. — Nommé le 1er juin 1695. (5) Décédé à Québec le 23 avril 1699.
Charles Bécard de Grandz'ille. — Nommé le
(1) Insinuations de la Prévôté de Québec.
(2) Insinuations du Conseil Souverain.
(3) Jugements et Délibérations du Conseil Souverain, vol. II, p. 559.
(4) Insinuations du Conseil Souverain. Le 24 octobre 1686, MM. de Denonville et Champigny donnaient une commission à M. Dupuy de Lislois, ignorant que ses lettres de provisions avaient été signées par le roi le 17 du même mois.
(5) Insinuations du Conseil Souverain.
20 avril 1700. ( 1) Décédé à Québec le 2 janvier 1703.(2)
Thierry. — C'est le sieur Thierry, un Français de France, qui remplaça Charles Bécard de Grandville comme procureur du roi à la Prévôté. Il fut nommé par le roi en 1704. Thierry devait passer dans la Nouvelle-France par les vaisseaux de 1705, mais la maladie le retint là-bas. Finalement il décida de ne pas accepter la charge. Ce qui explique qu'on ne trouve ses lettres de provisions ni aux Insinuations du Conseil Supérieur ni aux Insinuations de la Prévôté. (3)
Jean-Baptiste Couillard de Lespinay. — Le 10 octobre 1705, l'intendant Raudot donnait ime commission de procureur du roi de la
(1) Insinuations du Conseil Souverain.
(2) Le 4 avril 1703, M. R.-L. Chartier de Lotbinière •signait la commission suivante: "'Estant nécessaire de commettre un substitut du procureur du roy à cause du déceds de deffunt Me Charles Bécard escuier sieur de Fonville dernier titulaire du dit office de procureur du roy de cette prevosté et après avoir par diverses fois parlé à Messire François de Beauharnois, chevalier, seigneur de la Chaussée, Beaumont et autres lieux, conseiller du roy en ses Conseils, intendant de justice, police et finances en la Nouvelle-France, lequel nous aurait dit de commettre tel practicien de ce siège que nous en jugerions capable; et ne pouvant d'ailleurs nous enipeschcr de commettre au dit office attendu les diverses affaires qui commencent à se présenter depuis la cessation de la maladie qui a affiigé cette ville et mesme toute cette juridiction, nous avons commis la personne de
Joseph huissier audiencier pour exercer la dite charge
en qualité de substitut jusqu'à ce qu'il y soit autrement pourvu."
(3) Le 9 juin 1706, le ministre écrivait à M. d'Auteuil qu'il avait donné la charge de procureur du roi de la Prévôté au sieur Thierry, M. de Lespinay étant beau-frère du lieutenant particulier.
Prévôté de Québec à Jean-Baptiste Couillard de Lespinay. (1) Il est dit dans cette commission: "Sa Majesté ayant cy-devant pourvu de la charge de procureur du roy de la prévosté et amirauté de Québec la personne du sr Thierry que la maladie qui luy est survenue en France avant le départ des vaisseaux de ce païs a cmpesché de passer cette année, qu'il est cependant nécessaire de pourvoir d'une personne capable d'en faire les fonctions en son absence." Le 9 juin 1708, M. Couillard de Lespinay était nommé par le roi. (2) Promu lieutenant particulier le 27 avril 1716. (3)
J can-François Martin de Lino. — Nommé le 27 avril 1716. (4) Décédé à Québec le 5 janvier 1721.
Jean-Baptiste-Julien Hamard de la Borde.
— Nomm.é le 10 février 1722 (5), M. Hamard
(1) Ordonnances des Intendants, cahier 1, p. 4.
(2) Insinuations du Conseil Souverain.
(3) Le 22 juin 1716, l'intendant Bégon donnait une commission de substitut du procureur du roi en la Prévôté de Québec au sieur Pierre Haimard, juge prévôt de Notre- Dame des Anges. Il était dit dans cette commission: "Sur ce qui nous a été représenté qu'il serait nécessaire de commettre une personne pour faire les fonctions de commis et procureur du roi au siège de la prévôté et amirauté de cette ville pour en l'absence du sieur de Lespinay procureur du roi au dit siège ou lorsqu'il s'abstiendra de la connaissance des affaires y pendantes soit à cause de la parenté ou autrement y faire les fonctions de procureur du roi et même en cas d'absence ou révocation du sieur d'Artigny faire les fonctions de lieutenant particulier et du d. sieur de Lespinay y faire les d. fonctions de lieutenant particulier, à quoi ayant égard "
(4) Insinuations du Conseil Souverain.
(5) Insinuations du Conseil Souverain.
de la Borde quitta la Nouvelle-France en octobre, 1726. (1)
Nicolas-Gaspard Boucault. — Nommé le 20 avril 1728. (2) Promu lieutenant particulier le 27 mars 1736,
Henri Hic hé. — Nommé le 27 mars 1736.(3) Nommé conseiller au Conseil Supérieur le 15
mai 1754.
Ignace Ferthuis. — Nommé le 1er avril 1754. (4) M. Perthuis fut le dernier procureur du roi de la Prévôté de Québec. Il s'en alla en France après la conquête.
Greffiers
Gilles Rageot. — Nommé le 5 mai 1666, par la Compagnie des Indes Occidentales. (5) Installé par le Conseil Souverain le 14 février 1667. Le 17 mai 1675, le roi accordait à M. Rageot l'assurance de son office de greffier de la Prévôté. (6) Il y avait près de vingt ans que M. Rageot exerçait ses fonctions de greffier de la Prévôté lorsque, le 10 mars 1685, on lui
(1) Le 28 septembre 1726, l'intendant Dupuy donnait Hne commission à Henri Hiché pour fa're les fonctions de procureur de la Prévôté: "pour l'absence prochaine du s. Hamard de la Borde, lequel ayant obtenu de sa majesté la permission de passer en France pour ses affaires, est sur Je point de s'embarquer sur le vaisseau du Roy l'Eléphant."
(2) Edits et Ordonnances, vol. III, p. 98.
(3) Insinuations du Conseil Souverain.
(4) Insinuations du Conseil Souverain. Le 23 novembre 1753, M. Perthuis avait reçu des lettres de substitut du procureur du roi (Edits et Ordonnances, vol. III, p. 112).
(5) Insinuations du Conseil Souverain.
(6) Insinuations du Conseil Souverain.
donna conime successeur François Genaple de Bellefonds, sous prétexte que ses infirmités l'empêchaient de remplir sa charge convenablement. Rageot se défendit énerg^iquement. Finalement, le 24 septembre 1686, M. Rageot présentait au Conseil les nouveiles lettres de provisions qui lui avaient été accordées par le roi. le 29 mai 1686. (1) iM. Rageot mourut à Québec le 3 janvier 1692.
Charles Rageot de Saint-Luc. — Nommé le 1er mars 1693. (2) M. Rageot de Saint-Luc décéda à Québec le 18 décembre 1702.
.xicolas Rageot de Saint-Luc. — Nommé le
1703. Nous croyons que Nicolas
Rageot de Saint-Luc n'obtint pas de lettres de provisions du roi. Il fut probablement nommé par l'intendant, à la mort de son frère, pour exercer les fonctions de greffier en attendant le bon plaisir du roi. Il décéda à Québec le 31 mars 1703, quelques semaines à peine après son entrée en fonctions, et avant d'avoir pu obtenir des lettres de provisions du roi.
François Rageot de Beaurivage. — Nommé le 1er juin 1704. (3) Installé le 16 novembre 1705. Il exerça la charge de greffier très peu de temps, tout au plus un an. Le notaire François Rageot de Beaurivage décéda à Saint-Thomas (Montmagny) le 16 avril 1754.
(1) Insinuations du Conseil Souverain.
(2) Insinuations du Conseil Souverain.
(3) Insinuations du Conseil Souverain.
Florent de la Cetière. — Le successeur de François Rag-eot de Beaurivage comme greffier de la Prévôté fut le notaire Florent de la Cetière. On ne trouve ses lettres de provisions nulle part. Ce qui nous permet de supposer qu'il fut nommé par l'intendant, en attendant le bon plaisir du roi. Il fut interdit par l'intendant Raudot le 10 novembre 1707, sur l'ordre positif de Sa Majesté. (1)
Pierre Rivet Cavelier. — Le 10 novembre 1.707, le jour même de l'interdiction de Florent de la Cetière, l'intendant Raudot commettait Pierre Rivet Cavelier pour agir comme greffier de la Prévôté en attendant le bon plaisir du roi. (2) Pierre Rivet Cavelier fut nommé définitivement à cette charge le 7 juillet 1711. (3) Le 1er juin 1713, M. de Monseignat nommait sous le bon plaisir du Conseil le sieur Rivet Cavelier pour faire en son absence les f onctions. de greffier du Conseil Supérieur. A la mort de M. de Monseignat, M. Rivet Cavelier lui succéda.
René Hubert. — Nommé "sous le bon plai-
(1) Le 6 juin 1708, le ministre écrivait à M. de la Marfinièrc, lieutenant-général de la Prévôté, qu'il devait vivre dans la subordination qu'il devait à M. Raudot et devait renvoyer son greffier la Cetière, "comme il en avait été décidé." La chose était faite depuis plus de six mois.
(2) Ordonnances des Intendants, cahier I. Le 22 octobre 1709, l'intendant Raudot donnait commission à Coignct pour faire les fonctions de greffier de la prévôté de Québec en l'aljscnce et pendant la maladie de Rivet, grefTier. (Insinuations de la Prévôté de Québec).
(3) Insinuations du Conseil SouvcraiD.
sir de Sa Majesté" le 17 septembre 1714 par l'intendant Bégon, à cause de la démission du sieur Rivet. (1) Nous n'avons pu retrouver les lettres de provisions du roi nommant René Hubert à la charge de ^Teffier de la Prévôté de Québec. René Hubert décéda à Québec le 3\ août 1725.
Jacques Barbel. — Le 31 août 1725, jour de la mort du .s^reffier René Hubert, l'intendant Bégon donnait une commission au notaire Jacques Barbel pour faire les fonctions de greffier de la Prévôté de Québec "sous le bon plaisir du roi." (2)
N^icolas Boisseau. — Nommé le 23 avril 1726. (3) Promu greffier du Conseil Supérieur le 25 mars 1744. Décédé à Québec îe 9 février
N icolas-Gaspard Boisseau. — Nommé le 25 mars 1744. (4) Il fut le dernier greffier de la Prévôté. Décédé à Saint-Thomas de Montma- «mv le 27 mai 1804.
(1) Insinuations de la Prévôté de Québec.
(2) Ordonnances des intendants, cahier II.
(3) Insinuations du ConseU Souverain.
(4) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 9.
OU REvSIDAIT L'INTENDANT TALON A QUEBEC
C'est le 12 septembre 1665 que rintendant Talon débarqua à Québec après une traversée de cent dix-sept jours.
Où se logea M. Talon en arrivant à Québec?
Denis-Joseph Ruétte d'Auteuil, marié à Claire-Françoise Clément du Vault, était passé dans la Nouvelle-France en 1649. Sa bellemère, Anne Gasnier, veuve de Jean Clément du Vault, seigneur de Monceaux, qui avait du bien, vint ici en même temps que lui. Le 20 septembre 1649, elle obtenait la concession d'une bonne partie du terrain du parc actuel Laval-Montmorency, au haut de la côte la Montagne. Le 21 août 1655, Anne Gasnier se remariait avec Jean Bourdon. Par son contrat de mariage elle abandonna sa concession à sa fille et à son gendre. Le 2v3 juillet 1656, M. d'Auteuil agrandit considérablement son terrain en se faisant donner une nouvelle concession par M. Jean de Lauzon. Sur ce vaste terrain il se bâtit une très belle maison. Exclu arbitrairement du Conseil Souverain par le gouverneur de Mézy, en septembre 1664, M. d'Auteuil se retira sur son domaine de Monceaux, à Sillery.
Sa maison de la côte la Montagne était inoccupée lors de l'arrivée à Québec de M.
Talon. Celui-ci s'empressa de îa louer. C'est dans cette maison que M. Talon habita pendant son séjour à Québec de 1665 à 1672.
Le 3 juillet 1667, par l'entremise de Octave Zapaglia, sieur de Ressan, secrétaire de M. de Tracy, M. Talon se rendait acquéreur de la belle propriété qu'il occupait et d'un autre emplacement de huit arpents sur la Grande-Allée, pour la somme de 6,500 livres. L'acte d'achat reçu par le notaire Rageot décrit ainsi la propriété que M. Talon achetait au haut de la côte la Montagne:
"L'emplacement qui se rencontre en icelluy de Mre Franc de Laval evesq de Petrée vicaire apostolique de ce pays, à cause de l'acquêt a luy ft par feu Guillaume Couiliard, d'un costé le cimetière, d'autr, par devant le grand chemin et par derrière le cap appelle le Sault au Matelot le tout conten. trois arpents de terre ou environ ensem. la maison et grange assises sur icelluy. . le d. amplacement à luy appartenant tant par la donnation q. luy en a esté f te par dame Anne Gasnier, veuve en premières noces de feu Mre Jean Clément du Vault, chevalier, seigneur de Monceaux, et après fe. de Mons. Bourdon, pr. gnal du Roy au Conseil Souverain de Québec, sa belle mère, et ce par le contrat de mariage qui fut passé entre le d. S. Bourdon et elle que par concession fte au d. sr Dauteuil par feu Mr Jean de Lauzon, vivant coner ordinaire du Roy en ses conseils d'estat et privé, en vertu du pouvoir qui luy en avait été donné par les
MM. de l'ancienne Comp., la d. concession en datte du 23 juillet 1656...."
Comme M. Talon avait fait pour une somme de 2,500 livres d'améliorations tant à la maison et à la grange qu'aux jardins et clôtures, il ne versa que 4,000 livres à M. d'Auteuil.
Le site merveilleux de la résidence de Talon a inspiré à M. Thomas Chapais une des plus belles pages de son livre Jean Talon, intendant de la N ouvelle-Prance :
'*Des fenêtres de son hôtel, situé sur l'emplacement de notre ancien parlement provincial, au sommet de la côte La Montagne, Talon pouvait contempfler, durant les beaux jours d'été où l'atmosphère est limpide et le ciel sans nuages, un admirable spectacle, A perte de vue s'étendaient devant lui les habitations de Beauport, de la côte de Beaupré et de l'île d'Orléans, espacées de quatre arpents en quatre arpents. Les champs cultivés, taillés en pleine forêt, allongeaient, entre des travées de verdure, leurs rectangles symétriques, où les blés mûrissants faisaient onduler leurs flots d'or. Plus près, une longue coupée à travers bois lui indiquait le chemin qu'il avait fait ouvrir jusqu'aux éclaircies de Bourg-Royal, de Bourgla-Reine et de Bourg-Talon, créés et peuplés par ses soins. S'il abaissait les yeux vers la rade, il y apercevait de nombreux vaisseaux, dont quelques-uns déchargeaient leur cargaison de France, tandis que d'autres prenaient leur
chargement pour les îles lointaines que son intelligente sollicitude rapprochait de notre pays par les courants alternatifs de l'échange et du commerce. En même temps, le bruit cadencé de la hache et du marteau montait jusqu'à lui du chantier maritime où, par ses ordres, se construisaient des navires destinés à relier les deux mondes. A ses pieds se groupaient les entrepôts, les magasins, les maisons de la ville basse industrieuse et commerçante. En haut du promontoire, sur le prolongement du plateau où s'élevait sa demeure, dans un rayon de quelques mille pas, le château, le séminaire-évêché, la cathédrale, le collège des Jésuites, le monastère des Ursulines, l' Hôtel-Dieu, la sénéchaussée, contenaient et résumaient la vie politique, intellectuelle et religieuse de la Nouvellei^ rance.
Après son départ de la Nouvelle-France, M. Talon essaya de vendre son terrain et sa maison au roi. Comme les pourparlers duraient trop longtemps, en 1682, il autorisa sa nièce, Madeleine de la Guide, épouse du sieur Perrot, gouverneur de Montréal, à vendre sa propriété à M. François Provost, major de la ville et château de Québec. L'acte de vente en fut passé par le notaire Genaple le 9 novembre 1682.
Le 12 novembre 1682, François Provost vendait, à son tour, sa propriété à Mgr de Saint-V allier pour la somme de quinze mille livres, argent de France. Dans l'acte de vente reçu par le même notaire Genaple, on trouve
la description suivante de la maison qu'avait
occupée l'intendant Talon: " en laquelle
cour il y a une maison de pierre à deux étages seulement couverte d'ardoises en pavillon avec une cuisine ou allonge au bout de la dite maison, et un autre petit corps de logis en charpenterie séparé de l'autre, couvert de bardeaux, situé sur le devant de la dite cour. . . ."
L'ancienne maison de M. Talon disparut en 1697 pour faire place à une nouvelle aile du palais épiscopal que Mgr de Saint- V'aîlier avait fait commencer en 1694.
UN BUvSTE DE LOUIS XIV A QUEBEC
Au mois de juillet 1686,M. Bochart Champigny arrivait à Québec pour remplacer M. de Meulles comme intendant de la Nouvelle- France.
En bon courtisan M. de Champigny avait apporté dans ses bagages un buste en bronze de Louis XIV qu'il avait l'intention d'installer sur une place publique de Québec. Il n'ignorait pas que le grand roi était sensible à ce genre d'hommage.
Le 10 novembre 1686, le marquis de Denonville écrivait au ministre:
"M. de Champigny a apporté en ce pays
un buste du Roy en bronze qui fut mis mercredi 6 de ce mois dans la place de notre basse-ville, avec le plus d'honneur et de cérémonie qu'il se pût; il en a fait toute la dépense. Il commence de manière qu'il ne s'enrichira pas ici. Il a bien besoin que vous ayiez la bonté de lui faire continuer tous les ans le fret de ses provisions et hardes." (1)
Les réjouissances qui eurent lieu à Québec à l'occasion de l'installation du buste du Roi dépassèrent un peu la mesure puisque Henry Petit, marchand bourgeois, de Paris, qui était de passage dans la capitale, fut blessé mortellement par un coup de fusil tiré par Jean Gaultier dit Larouche, taillandier. Petit décéda treize jours après l'accident et Gaultier dit Larouche subit un procès devant la Prévôté de Québec pour le meurtre qu'il avait commis. Le 18 décembre 1686, il était convaincu d'avoir tiré le coup de fusil dont Petit avait été blessé à mort, et condamné à faire amende honorable, à être banni à perpétuité de la ville et banlieue de Québec, etc. (2)
A quel endroit précis de la vieille capitale fut placé le buste de Louis XIV?
Nous ne croyons pas nous tromper en plaçant le buste du Roi exactement où se trouve
(1) Archives du Canada, Correspondance générale, vol. 8.
(2) Le 26 février 1687, le Conseil Souverain mettait cette sentence de côté et condamnait Larouche à payer troiscents livres à la veuve de Henry Petit.
aujourd'hui la fontaine publique, en face de l'église Notre-Dame des Victoires, à la basse ville.
Et voici nos preuves.
Dans la carte de Franqueiin Québec comme il se voit du côté de l'est en 1688, il est dit que Teffigie du Roi "se trouve sur la Place Royale, à la basse- ville/' Cette Place Royale correspondait à la Place de la basse ville actuelle, en face de l'église Notre-Dame des Victoires. Ce nom de Place Royale, remarque M. Philéas Gagnon, fut bientôt .remplacé par celui de Place de la basse ville, (1)
Dans le plan de Québec par l'ingénieur Villeneuve, fait en 1690, la place de la basse ville est indiquée avec la légende "Place où M. de Champigny, intendant du pays, a fait poser en 1686 l'effigie de Sa Majesté."
M. Gagnon dit encore que le buste du Roi disparut vers 1690. Il suppose même qu'il fut détruit lors du bombardement de Québec par Phipps en octobre 1690.
M. Gagnon fait erreur.
Ce n'est qu'en 1699, peut-être même en 1700, que le buste du Roi fut enlevé de la place de la basse ville.
Quelques habitants s'éiant plaints que le buste du Roi gênait la circulation sur la place de la basse ville, déjà par trop exiguë, l'intendant Bochart Champigny le fit déplacer.
(1) Le Glanear, vol, I, p. 100.
Le 15 octobre 1700, il écrivait au ministre: "J'ay reçu les lettres que vous m'avez fait i'homieur de m'écrire les 27 janvier, 17, 19 et 28 février, 3\ mars, 14 avril, 5 may et 16 juin de la présente année ; le navire du Roy la Seine qui les a aportées, est arrivé icy le dernier du mois d'aoust et doit mettre à la voile dans 2 ou 3 jours pour son retour.
"Sur les fréquentes représentations qui furent faites à Mr de Frontenac et à moy par les habitans de Québec que la place de la basse ville avait été rendue presqu'inutile au public et à l'usage des charois par l'espace qui étoit occupé du buste du Roy et de son enceinte, nous primes la résolution de le faire placer dans un autre endroit le plus convenable qui se pouroit trouver dans la même place, qui porte ce nom de Place Royalle depuis l'année 1686, que je suis en ce pays où j'apportay ce buste pour donner une idée du Roy à quantité de ses sujets qui étoient privez de le voir, nous crûmes qu'il n'y avait point de lieu plus propre que le devant de la maison du Sr Hazeur qui est la plus belle de la basse ville et au milieu de la place faisant face au port, où se font les débarquements et à la vue de l'église et des rues qui rendent dans la même place; et pour exécuter cette résolution je crû qu'il était de mon devoir et de mon honneur de faire faire à mes dépens un ouvrage de pierres de taille avec des ornemens hors d'œuvre, et cependant s'il y avait quelquechose en cela qui peut être désagréable à Sa Majesté
je vous suplie très humblement, Monseigneur, de me le faire sçavoir, ayant autant à cœnr qu'aucun homme du monde ce qui regarde la gloire et je trouveray toujours, quoy que je sois pas riche le moyen de faire une nouvelle dépense pour le remettre, si Sa Majesté le souhaitte, dans le milieu de cette place." (1)
Le 31 mai 1701, le ministre accusait réception de la lettre de Bochart Champigny dans les termes suivants:
"J'ay reçu les lettres que vous m'avez escrit les 22 juillet, 26 aoust, 15, 16 et 17 octobre et 8 novembre de l'année dernière 1700 avec les estats et mémoires qui y estaient joints.
" J'ay veu ce que vous m'escrivez au sujet du Buste du Roy que vous avez fait oster do la place publique pour le mettre entre la maison du Sr Hazeur ; on m'escrit de plusieurs endroits sur ce sujet; on me marque qu'il n'incommodait point les charrois qui passent par cette place et qu'il estait bien plus convenable dans cet endroit que là où vous l'avez fait mettre, et, en tout cas, vous n'auriez pas dû faire ce changement sans la participation de M. le chev. de Callières; mais puisque la chose est faite, il n'y a qu'a le laisser où il est." (2)
Le 31 octobre 1701, le gouverneur de Callières écrivait à son tour au ministre:
"M. de Champigny m'ayant fait part de ce
(1) Archives du Canada, Correspondance générale, vol. 18.
(2) Archives du Canada, Correspondance générale, F. 275, p. 313.
que vous lui écrivez au sujet du buste du Roi, car il me parait qu'on vous a exposé qu'il est placé contre la maison du sieur Hazeur et que là dessus vous avez réglé qu'il y resterait, parce (jue c'était une chose faite, mais comme cela n'est point ainsi, n'étant encore placé en aucun endroit, et que M. l'intendant me demande à le faire mettre dans une niche sur la porte de la maison du sieur Hazeur, je lui ai répondu qu'il fallait avoir une nouvelle explication de vous, puisque je suis persuadé que quand vous saurez les choses comme elles sont, vous jugerez qu'il est plus à propos de le placer dans un lieu convenable et que vous voudrez bien ne pas donner le chagrin à ce pays de l'avoir vu ôter d'une place publique oti il n'y incommodait point les charrois, pour le mettre sur la porte de la maison d'un marchand; ainsi, Monseigneur,j'attendrai vos ordres là-dessus. (1)
Le 7 novembre 1701, M. de Champigny faisait part au ministre des difficultés que lui suscitait le gouverneur de Callières au sujet du buste du Roi.
"J'ay différé jusqu'à présent, écrivait-il, à vous faire sçavoir le refus que Mr de Callière m'a fait de laisser placer le buste du Roy dans le devant de la maison du Sr Hazeur à la basse ville de Québec, quoyque je lui ave fait voir ce que vous me faites l'honneur de me marquer à cet égard par votre lettre du 3 le may
(1) Archives du Canada, Correspondance générale, vol. 19.
dernier, dans l'espérance que j'avois qu'il y consentiroit à la fin, mais m'ayant encore fait hier le même refus, je suis dans l'obligation de vous donner avis et de vous suplier très humblement, Monseigneur, de vouloir prendre la peine de luy en écrire un mot Tannée prochaine afin que je puisse avoir le plaisir de faire placer honorablement ce buste avant mon départ de ce pays. 11 est bon de vous dire qu'il est toujours resté dans une chambre du palais depuis qu'oïl l'a fait ôter de la place de la basse ville, à cause des contestations survenues à ce sujet, ce qui donne lieu à Air de Callière de dire que vous me mandez qu'on le laisse où il est, comme s'il devoit toujours demeurer dans cette chambre, il m'a encore dit pour raison que plusieurs personnes se plaignoient de ce qu'on l'avoit ôté de cette place, mais je veux vous assurer, Alonseigneur, que je n'ay jamais entendu parler de ces plaintes et que s'il y en a eu de faites, ce ne peut être que de la part de quelques gens turbulens et mal intentionnez, étant certain qu'il ne peut jamais être mieux placé que dans l'endroit que j'ay fait faire." (1)
Enfin, le 6 mai 1702, le ministre écrivait à M. de Callières qu'il fallait remettre le buste du Roi sur la place de la basse ville.
"Vous aurez veu, disait-il, par ce que je vous escrivis l'année dernière que j'avois cru que le buste du Roy, qui estoit cy devant estably
(1) Archives du Canada, Correspondance générale, vol. 19.
dans la place de Québec, avoit esté posé sur la porte de la maison du Sr de Hazeur, mais puisque cela n'a pas esté fait et qu'il vous paroist qu'on le verroit avec peine. Sa Majesté, trouve bon que vous le fassiez remettre dans la grande place, de sorte cependant qu'il n'incommode point le public, mais comme cela pourroit faire quelque peine à M, de Champigny qui l'a donné à la Colonie, je crois qu'il est bon que vous attendiez qu'il soit party." (1)
C'est Là la dernière mention connue du buste du Roi.
En conclusion, le buste de Louis XI\' installé sur la place de la basse ville le 6 novembre 1686 et qui y resta jusqu'en 1699 ou 1700 ne fut jamais placé sur le devant de la maison du siein* Hazeur, ainsi que la plupart de nos historiens l'ont écrit. Après son déplacement, il fut déposé temporairement dans une chambre du palais de l'inteiidant.
Que devint-il ensuite car, enfin, un buste en bronze ne disparaît pas comme ime feuille de papier. Deux hypothèses sont permises ici. Il se peut que l'intendant Champigny, froissé des misères qu'on lui créait, l'ait remporté lors de son départ du pays, dans l'été de 1702. Il n'est pas impossible, non plus, que le Iniste de Louis XIV ait été détruit dans l'incendie du palais de l'intendant, le 5 janvier 1713. La célérité des flammes fut telle que le valet de
(1) Archives tlu Canada, Correspondance générale.vol.lD.
l'intendant Bégon et deux des femmes de chambre de madame Bégon périrent dans la conflagration. Rien ne fut sauvé.
Dans un ouvrage intitulé Eglises et Chapelles de Québec, (1) on trouve une gravure du buste de Louis XIV érigé à Québec en 1686. Cette gravure est apocryphe comme la plupart des portraits et vues donnés dans cet ouvrage étrange. L'auteur nous donne même là-dedans ime vue de la chapelle de Champlain !