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IL. — CONSOMMATION LOCALE ET EXPORTATION COURANTS COMMERCIAUX

Les seuls produits du vignoble dont l'importance nécessite quelques précisions sont le vin et l'alcool. Ces deux produits sont difrérents l’un de l’autre et soumis à des prescriptions légales différentes. La plupart des propriétaires font du vin, très peu produisent de l’alcool,

On a déjà eu l’occasion de souligner que les Musulmans formant la masse de la population africaine et ces Musulmans ne buvant pas de vin, la consommation locale était faible en Afrique du Nord, de l’ordre de 4 millions d’hectolitres environ pour Algérie, Tunisie, Maroc, le vin entrant dans ce total pour 3 millions d'hectolitres, le surplus comprenant les jus de raisin, les alcools, les mistelles, les vinaigres, etc.

La plus grosse partie de la récolte doit s’exporter, et c’est cette exportation qui fait pour l'Algérie la balance des comptes favorables, qui, en Tunisie et au Maroc, peut faciliter dans une certaine mesure les divers équilibres commercial, budgétaire, etc.

De cette constatation fondamentale découlent des conséquences nombreuses dont l'importance a déjà élé mise en lumière. Ce qui en l'instant retiendra l'attention c’est que pour écouler sa forte

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production de vin, l'Afrique du Nord doit disposer de marchés lui demeurant ficèles.

En temps normal, nous voulons dire hors des années de guerre, ces marchés existaient, ils élaient fidèies et les courants commer- £laux qui s'étaient créés avaient une parfaite régularité.

Quels étaient ces marchés?

En premier lieu et de loin, de très loin le plus large, le plus soutenu, le marché métropolitain, important des vins de coupage et aussi des vins revendus ou réexportés avec appeilation noble,

En deuxième lieu les colonies françaises, demandant des vins de conservation sûre äonc à fort degré,

En troisième lieu, et ne faisant que des commandes modérées, quelques nations du vieux continent (Angleterre, Belgique, Hollande, Europe centrale).

La guerre a tout bouleversé. La Métropole a été longtemps coupée de l’Afrique du Nord. Lorsqu'elle a été à nouveau reliée à son acheteur ce sont les bateaux qui ont fait défaut. Les colones françaises ont été encore plus mal servies. Et les pays qui disposaient de moyens de transports, étaient soumis à de terribles restrictions.

Si bien que les courants commerciaux anciennement établis ont peu à peu disparu. On s’est efforcé, sans grand succès, de maintenir les exportations de vins sur la Belgique et l’Ang.eterre. On a pensé pouvoir écouler quelques hectolitres en Scandinavie, pas de résultat tangible.

Ce qui vient d’être dit du vin s’applique, toutes proportions gardées, à l’alcool.

Si la situation «Ge guerre s’était maintenue engore quelques années on peut affirmer, sans deyoir être taxé de pessimisme exagéré, que beaucoup de consommateurs du vin algérien auraient cessé de l’acheter faute de disponibilités pour solder la commande et faute de moyens pour assurer le transport. Et il est à peine besoin d'ajouter qu’il est toujours difficiie de reprendre une habitude perdue.

On doit donc, du point de vue particulier à l'Afrique du Nord, hautement se réjouir que les énergies de tous ordres aient convergé vers un même but, rétablir d’abord les relations normales Métropole- Afrique du Nord, puis les relations Colonies françaises-Afrique du Nord, et qu’accessoirement le commerce général de l'Afrique du Nord ait pu peu à peu se reconstituer. Dès le milieu de 1947 on os ait estimer accompli le retour à des conditions à peu près normales d'échange.

En ce qui concerne plus spécialement le vin et l'alcool, les faibles récoltes viticoles de la Métropole, en obligeant l’Algér.e à venir en aide au maximum à la mère Patrie, ont accéléré dans une mesure vraiment considérable la reprise du commerce. Pour arriver au Gébut de la campagne viticole 1548-49, aux résultats records que voici : le 20 août 1948, les stocks métropolitains de vin du com-

merce et de la propriété étaient complètement épuisés, et dès cette date les vins primeurs d'Algérie, enlevés à la propriété le lendemain même du jour où ils étaient terminés, étaient expédiés sur Marseille. Sète, Nantes et Rouen.

Ces résultats exceptionneis inspiraient à la Revue agricole de l'Afrique du Nord ce commentaire : si le rythme des envois se maintient pendant dix semaines c'est-à-dire si la propriété algérienne continue à vendre et si la durée de rotation des cargos spécialisés est réduite au minimum, l'Algérie aura envoyé en Métropole, avant que les départements du Midi, producteurs les plus importants et les plus précoces aient pu commencer à livrer du vin de la nouvelle récolte, les 75 et 80 % ldu vin d’Alger, d'Oran et de Constantine disponible pour l'exportation sur la totalité de la récolte 1948. Mais ce rythme s'est ralenti dès novembre 1948.

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