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II. — LA PRODUCTION MONDIALE DE VIN DE 1900 À

De nombreux documents (1) permettent d'établir avec exactitude ce qu’a été la production mondiale de vin entre 1900 et 1925. Au cours de ce premier quart de siècle les six grands producteurs sont dans l’ordre :

1° La France; 2° L'Italie; 3° L'Espagne; 4° L'Algérie; 5° L’Argentine; 6° Le Portugal.

Toutefois, l'Italie a sept fois dépassé la France en 1902-1903, en 1909, 1910, 1913, 1916 et 1917; et l’Argentine a été tantôt devant, tantôt derrière le Portugal.

Nous avons étudié en grand détail la situation viticole de la France. Nous n'avons pas à revenir sur le sujet. Nous notons simplement que la moyenne de la production française de 1900 à 1922 ressort à 50 millions d’hectolitres et de 1901 à 1925 à près de 92.

Le deuxième vignoble du monde étant le vignoble italien, consacrons-lui quelques paragraphes de ce chapitre. :

L'Italie produisait 35 millions d’hectolitres de vin en 1900 et 44 en 1901, c’est-à-dire sensiblement les 2/3 de la production de vin de la France. En 1902, avec 41 millions d’hectolitres, en 1903, avec 37, elle dépasse de 2 millions la récolte française, certaines statistiques disent que les deux pays sont à égalité. De 1904 à 1908 elle repasse à son rang normal de brillant second; elle dépasse à nouveau la France en 1909 (60 millions contre 54) et en 1910 (29 contre 28), reste en-dessous en 1911 et 1912, dépasse encore en 1913 (51 contre 44), reprend le second rang en 1914, égalise à 20 millions en 1915, la plus petite année, dépasse légèrement en 1914, puis sensiblement en 1917 (47 millions contre 38), et à partir de cette date reste très en-dessous de la France. Jusqu'en 1914, les variations italiennes ne sont pas dues à de grandes crises comme le furent en France les attaques du phylloxéra, de l’oïdium et du mildiow (de 1850 à 1860 ou de 1875 à 1890). Des conditions locales, climatériques, etc., font seules varier le rendement du vignoble et ces causes agissent en général dans le même sens en France et en Italie. À partir de 1914, la guerre mondiale amène une forte dépression qui atteint son maximum en 1915, année déjà notée comme la plus faible du cycle étudié.

La moyenne de la production italienne de vin de la période de

(1) Statistiques de l'Office internationai du Vin. Documents de la Confédération des Vignerons Algériens. Rapports des attachés commerciaux. Etudes des Chambres de Commerce d’Alger, Oran, Marseille, etc. — R. PEYROoNNXET : La vigne et le vin (1923). Congrès de Rome, Athènes, etc.

1920-1925 ressort à environ 42 millions 1/2 d’hectolitres. C'est toute l'Italie, péninsule et îles, qui est viticole. Elle produit comme la France, des vins de consommation courante et des vins appréciés. Les plus réputés sont les vins de Montferrat. Le Chianti plait aux consommateurs à Cause de sa présentation et de son goût de violette. La publicité à fait beaucoup pour lui. Les vins de liqueur, Zucco, Lacryma Christi, proviennent de l'Italie du Sud et de la Sicile. Pour mos voisins d’au delà des Alpes, le Champagne est remplacé par d’Asti spumante.

Le vignoble italien, est dans son aspect, fort différent ‘du vignoble français. C’est un point sur lequel nous aurons à revenir.

L'Espagne marque le début du xx° siècle par sa récolte record, 35 millions d’hectolitres, elle oscille jusqu’en 1909 entre 31 et 14 millions, puis, de 1909 à 1915 une mauvaise période, le maximum étant alors de 17, son minimum de 8, elle remonte très fortement à partir de 1916 et se tient constamment au-dessus de 20 millions, à une exception près, l’année 1921, où elle récolte 19 millions.

La moyenne de la production espagnole de ce quart de siècle ressort à 19 millions d’hectolitres. Toute l'Espagne est viticole. La plus grosse production est réalisée dans les régions côtières. Les vins espagnols sont en général à fort degré. Certains vins de liqueur sont réputés, Malaga, Xérès, etc., et font l’objet d’un actif commerce d'exportation.

Si l’on compare la production des « Trois Grands » on censtate qu’elle se résume comme suit dans la période 1900-1925 :

Production .: Production Produetion

Pays maximum mini UM moyenne

hectolitres hectolitres hectolitres

ErancCe ns... 70 millions 20 milhons 52 millions 1922 1915

Fahem sr 60 millions 20 millions 42 mil. 1/2 1909 1915

Espagne ..... 39 millions 8 millions 19 milkons 1900 1915

L'écart entre le maximum et le minimum est ainsi de 50 millions d’hectolitres pour la France, de 40 pour l'Italie, de 27 pour l'Espagne. C’est donc cette dernière nation qui a la production la plus régulière. Remarquons que la production minimum est dans les trois pays celle de 1915.

Derrière les « Trois Grands », loin derrirère eux d’ailleurs, l'Algérie a occupé de 1900 à 1925 le quatrième rang sur la liste de

la production viticole avee une production moyenne de près de 8 millions d’hectolitres par an.

C'est le Portugal qui avec une moyenne annuelle d'un peu plus de 4 millions 1/2 d’hectolitres suit l'Algérie. Il a toujours eu une récolte inférieure à celle de l'Algérie, à l'exception de l’année 1902. La vendange ayant été cette année d’un peu plus de 5 millions d'hectolitres, et l'Algérie ayant récolté 4.351.867 hectolitres.

En 1912 l'Argentine a rejoint le Portugal, chacun des deux. vignobles produisant 4 millions d’hectolitres; et à dater de cette année tantôt l’un tantôt l’autre des vignobles l’a emporté.

Les vins portugais sont assez analogues aux vins espagnols. Les vins de liqueur sont célèbres, le Porto notamment. Aux vins portugais on peut rattacher les vins des îles, le Madère en particulier.

Et voici quelques détails sur le vignoble argentin. On a déjà indiqué sa situation par rapport au vignoble portugais. Notons qu'il est en progression constante : 1 million d’hectolitres de 1902 à 1905, 2 millions de 1906 à 1908, 3 millions de 1909 à 1911, 4 millions en 1912, de 4 à 5 millions entre 1913 et 1925. Un certain nombre de statistiques postérieures à l’année 1918 ayant été contestées, nous n’établirons la moyenne annuelle que sur la période 1900-1918, elle est d’un peu plus de 3 millions d’hectolitres.

Ces renseignements sur les principaux vignobles devraient être complétés par des renseignements sur les vignobles secondaires. Pour éviter des redites, nous donnerons le tableau complet de la production mondiale en traitani des modifications du vignobie depuis 1925.

Mais afin de donner de la période 1900-1925 une physionomie exacte, nous indiquerons dès maintenant : :

a) La décomposition d’une récolte annuelle.

b) La valeur des importations des pays disposant d’un solde de vin.

c) Le pourcentage de production des divers pays.

En ce qui concerne la décomposition d’une récolte annuelle, nous choisirons l’année 1920 pour laquelle nous disposons de statistiques recoupées. Voici le détail de la production de cette année. Récolte totale 160 millions d’hectolitres. Répartition :

France, 59; Italie, 42,2: Espagne, 26,7; Algérie, 7; Argentine, 4,4; Portugal, 4; Hongrie, 2,8: Allemagne, 2,4; Chili, 22: Roumanie, 2,1; Grèce, 1,8; Bulgarie, 1,3: Union sud-africaine, 0,5: Tunisie, 0,4; Suisse, 0,4: Australie, 0,3: Tchécoslovaquie, 0,3: Chypre, 0,3; Autriche, 0,2: Uruguay, 0,2; Luxembourg, 0,1.

Quant aux exportations des pays viticoles ayant un disponible, nous relevons les chiffres suivants en 1912 : Algérie, 218 millions de francs; Espagne, 107; Italie, 73: Portugal, 55. Où ces vins exportés étaient-ils consommés? Les importations de la même année nous renseignent : France, 93 millions de francs: Allemagne, 89; Argentine, 48; Brésil, 47: Suisse, 45: Belgique, 35.

Enfin si nous comparons la production des pays viticoles nous

arrivons à cette conclusion : que la France fournit 35,7 % de la récolte mondiale; l'Italie, 30,3 %; l'Espagne, 12,8 %; l'Algérie, 5,3 %; le Portugal, 3,2 %; l'Argentine, 2,1 %; le reste du monde, 10,6 %. Ces chiffres sont calculés sur la période 1900-1925 et d'après des statistiques ne présentant qu’assez peu de chances d'erreurs.

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