III. — LA CARTE TUNISIENNE
Lorsque, en 1881, nous pénétrons en Tunisie, nous ne trouvons de la vigne que dans les jardins de banlieue de quelques villes et: dans quelques exploitations européennes créées avec l’autorisation des beys. Maïs tout de suite les pionniers venus de la rive nord de la Méditerranée ont l’ambition de créer un vignoble. Ce qui a été fait à cette époque en Algérie est encourageant. |
Il est assez difficile d'établir quel a été le premier colon qui ait constitué un vignoble régulier. Il semble bien que ce soit Paul Videau, mon grand-père, à Soukelarba de la Medjerda.
A l’époque à laquelle nous avons dressé la première esquisse de la carte viticole algérienne, c’est-à-dire en 1919, il existe déjà un vignoble tunisien, mais qui:ne produit que le quinzième de son aîné. Canionnée dans le nord du pays, la vigne est loin d’avoir daas Féconomie du pays l’importance qu’elle a acquise en Algérie. Si l’on veut subdiviser les zones de culture, on en distingue deux importantes, l’une dans la banlieue immédiate de la capitale, s’étendant jusqu'à Zaghouan, l’autre constituée par la région de Grombalia Cap Bon. Une zone moins importante est formée par la Tunisie du Nord (Souk-el-Arba - Medjez-el-Bab - Tabarka - Beja - Bizerie). Il y a un petit vignoble à Sousse, un tout petit dans l’île de Djerba.
Les deux zones importantes sont, l’une, Tunis, de colonisation plutôt française, l’autre Grombalia, création pour une large part de vignerons italiens.
De cette époque à nos jours, le vignoble tunisien a subi des fluctuations, dont nous donnerons le détail au chapitre « Production », mais dans l’ensemble, la carte viticole n’a pas subi de changement notable.
Bornons-nous, pour qu’il soit possible de comparer dès maintenant le vignoble tunisien au vignoble algérien aux quelques indications générales ci-après. En 1919, la Régence de Tunis produisait
DEA CEE
environ 600.000 hectolitres. En 1935, le vignoble tunisien couvrait près de 50.000 hectares environ. Les récoltes de cette époque osciilaient entre 1.400.000 et 1.750.000 hectolitres. Depuis lors, il a souffert terriblement, beaucoup plus que le vignoble algérien; nous dirons comment et pourquoi il est tombé si bas, 548.000 hectolitres sur 22.330 hectares en 1946 et 25.000 hectares en 1948 (2).