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H à fallu la guerre mondiale pour amener l’union. Ele est dene récente. C’est en ettet, au congrès de Colmar, en juillet 1946, qu'u a eté définitivement admis que le vignoble a:gérien était partie intégrante du vignoble national dont il constituait la zone n° 1.
Certains esprits chagrans ont pu penser que cet heureux résultat était dû surtout à la déficience du vignoble métropolitain. On a meme pu écrire que si la faim fait sortir le loup du bois, c’est la Soif qui a imposé le vignoble algérien au viticulteur métropolitain. Pour nous, nous préférons croire que dans le geste fraternel du vigneron de Béziers et de Narbonne il entrait une large part de raison et de sympathie.
Nous ne voulons pas faire les hommes meilleurs qu'ils ne sont. Et nous savons bien qu’au lendemain «es débarquements alliés en Métropole le vignoble français était au plus bas. Destructions de guerre, inculture, ravage au court-noué, qui rappelait le désasire phylloxérique, ia production était tombée au-dessous, très au-dessous de l’indispensable; heureusement, le vignoble algérien ben que touché lui aussi, et souffrant à la foi du manque de soins et de son âge, pouvait venir partiellement en aide à la Métropole. Et quel producteur, quel négociant, quel administrateur eût en Algérie refusé de fournir cet appoint, en Métropole de l’accepter?
Mais nous croyons être dans la vérité en affirmant que le métrcpolitain n’a pas été sensible à l’offre algérienne, simplement parce qu'elle augmentait sa maigre ration. La façon de donner vaut mieux que ce qu’on donne : l'ampleur et la rapidité de l'assistance aigérienne ont touché le cœur des métropolitains. Disons aussi, pour être complet qu'en envoyant en Métropole la quasi-totalité de leur récoite, — le Gouvernement Algérien d’alors prétendait que cet effort allait priver l'Algérie de vin — les viticulteurs ne songeaient pas uniquement à gagmer de l’argent, mais plaçaient bien au-dessus de ce gain matériel, le gain moral, la sympathie qu'ils ont précisément obtenue.
Si nous avons cru devoir rappeler dès l’abord ces faits anciens et ces faits récents, c’est qu’iis comportent un double enseignement, capital quant au but que nous nous proposons d’atteindre.
Ceux qui ont vécu les années de lutte au cours Gesquelles viticulteurs du Midi et d'Algérie s’affrontaient en frères ennemis et qui constatent l’union d’aujour&’hui, n’ont pas à faire un grand effort d'imagination pour concevoir la conclusion d’ententes plus vastes, au sein desquelles nous l’avons déjà dit, chacun pourrait peut-être se créer une place que nous qualifierons de confortable. On dit que l’union fait la force, c’est exact, maïs l'union suppose l’ordre. L'expérience Métropole-Algérie, cette réalisation d'union ordonnée est de bon augure. Et c’est le premier enseignement que l’on doit mettre en lumière.
Mais justement les difficultés qu’il a fallu vainere pour aboutir nous font présager celles que rencontrera sur son ekemin la conclusion d’une entente plus vaste. Il y faudra la bonne volonté de
tous. C’est une très modeste pierre que nous voudrions, pour notre part, apporter à l'édifice. Mais que chacun apporte la sienne. Les grandes œuvres nécessitent plus que la bonne volonté, elles. réclament la foi.
Si nous savons méditer ce second enseignement, c’est-à-dire apprécier à leur juste valeur les difficultés à surmonter, nous nous. garderons de commettre la faute que nous avons reprochée aux méridionaux. Il est des erreurs qui ne doivent pas se renouveler. Les viticulteurs du Sud-Ouest ont été effrayés par la croissance du vignoble algérien et voulaient à tout prix la limiter. Ne cherchons pas à entraver la croissance d’un vignoble tunisien ou marocain.
Et voici la troisième et dernière constatation maîtresse qu'impose l’étuce äu passé vitico'e de l'Afrique du Nord. Les vignerons du Midi craignaient qu’une trop forte production algérienne ne vint amenuiser leurs bénétices et les mettre en danger mortel. Comment lutter contre un cencurrent jeune et ardent, qui s’appuyant sur le droit imprescriptible de se dépenser librement, veut se créer une place sur le marché national? Un seul moyen, la contrainte.
Dès 1931 les vignerons commencent à élaborer le Statut Viticole. On ne Gira jamais assez que ce statut a sauvé la viticulture, tant au Nord qu’au Sud de la Méditerranée; mais au prix d’une restriction certaine de la liberté. |
C’est à partir de 1931 que le dirigisme va mordre chaque jour sur le libéralisme pour réussir, aux environs de 1943-44, grâce aux difficultés du temps de guerre, à le juguler à peu près totalement pour un temps.
Ce n'est évidemment pas ici le lieu d’étucier en elles-mêmes les deux conceptions économiques opposées. Mais il faut bien indiquer que pendant que ques années et nous le reconnaissons en partie sous l’influence des événements, une administration, de jour en jour plus délibérément dirigiste, a violenté une viticulture à peu près unanimement libérale. On retrouvera, en plusieurs chapitres de cet essai, l’écho de ces luttes.