‹ Le Vignoble Nord-AfricainChapitre 92 sur 216 · IL — REPRODUCTION DE LA VIGNE CHAMPS DE PIEDS MERES — PEPINIERES · texte numérisé non relu

IL — REPRODUCTION DE LA VIGNE CHAMPS DE PIEDS MERES — PEPINIERES

On a indiqué que le phylloxéra ayant détruit le vieux vignoble français, le nouveau a été constitué, à partir de 1875 en Métropole, à partir de 1915 en Algérie, à partir de 1935 en Tunisie, à partir de 1945 au Maroc :

— soit en plantant des cépages d’origine américaine, insensibles au phylloxéra et que l’on greffe avec des plants français, bons producteurs à tous points de vue (qualité, quantité, longévité, etc.) ;

— soit en plantant des hybrides, issus d’un mariage francoaméricain, qui épargnent donc l'opération du greffage, mais qui s’ils sont fructifères ne semblent pas, jusqu’à ce jour, atteindre à la saveur des crûs classés et vivent un peu moins longtemps que les plants américains, greffés en cépages français.

Depuis une trentaine d’années, une pratique nouvelle se répand : planter des porte-greffes et les greffer avec des hybrides, le but étant de soustraire les hybrides au danger du phylloxéra qui menace certains d’entre eux, et d’accroître de quelques années leur longévité.

Ces quelques explications suffisent à indiquer la valeur des bois de vigne en tant que reproducteurs. Nombre de propriétaires viticulteurs, surtout ceux qui possèdent des domaines étendus, préparent eux-mêmes la reconstitution de leur vignoble. Mais la plupart s'adressent à des spécialistes. Ces spécialistes sont répandus dans toute la France Métropolitaine; mais le groupe le plus important et le plus compact comprend le département de Vaucluse, le sud de la Drôme et de l’Ardèche, l’est du Gard. En Afrique du Nord, ils sont surtout établis en Algérie, dans un rayon de 40 kilomètres autour d’Alger.

Faut-il leur donner le titre d’industriels? Toujours est-il que 1’ « industrie de la pépinière » est un terme quelquefois employé.

(6) Lexique de l'Economie marocaine (septembre 1948, p. 238).

Ces pépiniéristes préparent, à l’usage des vignerons, deux sortes de plants :

a) des boutures venant des champs de pieds mères (portegreffes de diverses sortes) mises en terre spéciale, soignées et revendues, au bout d’un an, lorsqu'elles possèdent de belles racines, aux vignerons reconstituant leur héritage, qui les repiqueront et les grefferont. Il y a aussi des boutures provenant d’hybrides producteurs directs;

b) des racinés greffés, partie en terre d’origine américaine, pour résister au phylloxéra qui attaque les racines, partie à l’air libre en plants français (vinifera) ou en hybrides (producteurs directs), les uns et les autres donnant une récolte de raisins.

La création des champs de pieds mères, sur lesquels on prélève les boutures de reproduction, et celle des pépinières qui offrent au viticulteur les plants tout prêts à être repiqués pour constituer leur vignoble, avec ou sans greffage, auraient pu être laissées entièrement libres. Tout propriétaire est maître, sur ses terres, de faire ce qui lui plaît. Mais s’il livre les produits-bois de son vignob.e à un étranger, il ne peut plus se prévaloir d’un droit absolu de propriété. En effet :

a) L’expérience prouve que dans nombre de champs de pieds mères et de pépinières, la pureté raciale n’est pas absolue. Tel pied de vigne vendu sous un nom ou sous un numéro n’est pas le plant annoncé. Il y a tromperie ou erreur sur la chose vendue.

b) Une maladie dangereuse et peu connue encore, le court-noué, a atteint le vignoble, faisant craindre en 1945-47 que ses ravages ne fussent aussi graves et aussi considérables que ceux üu phylloxéra. Depuis 1948, il semble que le danger soil moins terrible, reconnaissons-le,

Ces circonstances particulières ont conduit l'Etat à intervenir et une législation spéciale a été créée, qui s’applique aux bois de vigne destinés à la production des plants.

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