‹ Le Vignoble Nord-AfricainChapitre 98 sur 216 · I. — D'ABORD QUELQUES DÉFINITIONS · texte numérisé non relu

I. — D'ABORD QUELQUES DÉFINITIONS

Il y a quelque vingt ans, un groupe de colons aigéro.s s'étant séparé de la grande Confédération des Vignerons pour créer une ligue des moyens et petits viticulteurs, la première question qui se posa aux dissidents fut de déterminer ceux des propriétaires qui avaient droit d'entrer dans le nouveau groupement. Après bien des discussions, on finit par admettre que la limite supérieure de production de la propriété dite moyenne était 9.000 hectolitres. Cette définition ayant été évoquée au cours d’une séance de la Commission interministérielie de la Viticuiture, souleva des rires qui n'avaient rien de bienveillant. C’est qu’en Métropole, à 5.000 hectolitres on est déjà gros producteur.

Cette anecdote suffit à rappeler que les ordres de grandeur ne sont pas les mêmes en Métropole et en Afrique du Nord. Fixer des limites entre la grande, la moyenne et la petite propriété est assez délicat, car il faut se conformer aux réalités nord-africaines sans trop heurter les conceptions métropolitaines.

Nous pensons y parvenir- à peu près en disant : en Afrique €u Nord la petite propriété est celle qui ne dépasse pas 10 hectares, la moyenne propriété celle qui ne dépasse pas 50 hectares. Prenons en effet le propriétaire le plus puissant de cette dernière catégorie : en terre exceptionnelle, il produira, les bonnes années, les 5.000 hectolitres dont il a été question ci-dessus, mais en année moyenne et en terre moyenne, il récoltera 2.000 hectolitres. Au prix de 3.000 francs l’hectolitre, il aura une récolte de 6 millions lui laissant aux environs de 8 % un bénéfice de 500.000 francs, ce qui est” le traitement assuré, sans autre capital que les années normales d’études — années vécues aussi par la plupart des colons — et sans risques courants, au fonctionnaire parvenu à un rang honorab'e mais non dominant de la hiérarchie administrative.

(2) Labat : Communication à la Journée de l'Agriculture nord-africaine, 9 mai 1947 (Le Vignoble marocain, pp. 44 à 48).

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