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III. — PARTICULARITES TUNISIENNES ET MAROCAINES

L'occupation de la Tunisie par les Musulmans avait supprimé, lorsque nous pénétrâmes dans le pays, tout vignoble de quelque importance. Les mêmes causes avaient produit les mêmes effets en Algérie et en Tunisie, mais alors qu’en Algérie il n’y avait avant l’arabisation qu’assez peu de vigne, il y avait eu à la même époque un vignoble florissant en Tunisie. Quand on parle des vignes puniques et romaines, on doit les situer presque toutes en Tunisie.

Un grand nom comine la période punique, Magon, qui fut « le véritable codificateur de la viticulture ». Et le vignoble punique était aussi florissant à l’époque romaine puisque Strabon écrit que Carthage, la Carthage romaine « trônait sur tout l’Afrique par ses champs inépuisables, ses frais vergers et ses riches vignobles », Ce qui permet à M. Camblat de remarquer que la Tunisie n’a pas été seulement un des greniers de Rome, maïs un de ses celliers. Si nous faisons ce rappel historique c’est uniquement pour neus demander si, à l’époque de notre arrivée en Tunisie, les propriétaires fonciers avaient, en dépit de l’anathème du Coran, conservé quelque pratique de la culture ancestrale de la vigne. Or justement, lorsque les vignerons français vinrent coloniser, ils trouvaient des procéüés de culture particuliers.

« Les ceps étaient souvent pläntés sans ordre et multipliés par provinage, dans les jardins. Mis en place près des arbres fruitiers, ils s’appuyaient sur ceux-ci et prenaient un grand dévloppement, ou bien la vigne était laissée rampante sur le sol ou même cultivée en cuvettes, notamment dans les stations côtières exposées au vent. D'une façon générale la vigne était taillée long, sauf le muscat, cultivé en cuvette qui était taillé très court sur coursons à un œil franc. La taille était effectuée exclusivement à la senpe. Le sol était travaillé à la sape. Si les traitements anticryptogamiques n'étaient pas connus, le soufrage était cependant pratiqué pour faciliter la fécondation » (1).

Il existait donc une tradition viticole, rappelant tantôt les méthodes de la péninsule italienne, tantôt les procédés libanais. Le fait valait d’être noté du point de vue social autant que du point de vue technique.

Comme les chiffres vont l'indiquer, la part de la propriété indi-

(1) Camblat : Le vignoble tunisien (Bulletin de la direction des Affaires économiques de Tunisie, 1°" trimestre 1936, p. 67).

gène est un peu plus forte dans le vignoble tunisien que dans le vignoble algérien.

Au Maroc également existe une ancienne technique. La culture du raisin de table assure aux Musulmans une place honorable dans l'effort viticole. Quand nous pénétrâmes au Maroc, il y avait 7.000 à 8.000 hectares de vignoble jardin. Dès 1908, les Européens plantent, dix ans plus tard, il y a 410 hectares de vigne au Maroc oriental et 300 au Maroc occidental. Le Maroc entier possède 1.000 hectares de vigne en 1921. M. Labat (2) à qui nous empruntons ces chiffres croit à la vocation viticole du Maroc.

B. — Grande, moyenne et petite Propriété viticole

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