‹ Le Vignole des architectes et des élèves en architectureChapitre 13 sur 37 · ENTABLEMENT. — PORTE · texte numérisé non relu

ENTABLEMENT. — PORTE

tolérable et la plus usitée. Si l’on veut juger de l’effet ridicule des colonnes renflées au tiers de leur hauteur, le portail de l’église des Filles-Sainte-Marie, rue Saint-Antoine, à Paris, en offrira un exemple frappant.

Entablement de couronnement.

Cet entablement, que j’ai employé plusieurs fois pour servir de couronnement à des façades de bâtimens, a toujours été approuvé des gens de l’art. Quoiqu’il soit de mon invention, j’ai cru faire une chose agréable en le plaçant à la fin de cet Ouvrage. Voici la proportion qu’il doit avoir avec le reste de l’édifice : la hauteur de ce dernier sera divisée en 11 parties; io seront pour celle du bâtiment, et la 11e pour l’entablement. Ses mesures particulières seront faciles à connaître ; elles sont toutes indiquées sur la gravure que j’en donne ici.

REMARQUE

L'entablement que donne ici Vignole devait, en effet, réussir pour couronner une grande façade. Son ensemble, formé du Dorique et du Corinthien, est parfaitement combiné; il se prête à la richesse comme à la simplicité , suivant l’emploi auquel on pourrait le destiner. On en voit un exemple à Paris dans l’entablement de la porte Saint-Martin ; mais il faut se garder de le faire supporter par des colonnes; il serait trop riche pour le Dorique, trop lourd pour le Corinthien; il n’est donc point, à mon avis, propre aux Ordres auxquels, en général, leur entablement particulier est le seul qui convienne , ou quelque autre analogue et bien combiné. Les architectes ne doivent pas toujours suivre pas à pas les compositions des auteurs, quoique elles soient adoptées et reconnues comme classiques. Rien chez les anciens ne paraît subordonné à la routine; seulement ce qui était reconnu pour beau, pour parfait, se trouve quelquefois répété , mais jamais d’une manière servile.

Porte du Château de Caprarole.

Porte du château du cardinal Farnèse , à Caprarole.

REMARQUE

L’entrée de ce château, dont la composition tient à l’ensemble de l’édifice même, porte un caractère particulier, convenable pour le tems et pour le lieu. Elle est d’ordonnance dorique. Le nu des deux pilastres qui la décorent est masqué par des pierres de refend, qui n’en laissent apercevoir, pour ainsi dire , que les bases et les chapiteaux. Une partie de l’entablement même est tronquée par la clé de l’arcade qui le pénètre. Son ensemble plairait davantage, si cet entablement ne paraissait pas trop fort pour la masse étroite qu’il couronne; c’est ce qui pourrait démontrer qu’il faut quelquefois savoir adroitement sortir des règles établies, en augmentant, ou en diminuant à propos, certaines parties pour faire concorder le tout. La division régulière des triglyplies donne l’échelle du module ; les pilastres ont 8 diamètres de hauteur; le ni\ de leur distance et la saillie des refends dessinent l’ouverture de l’arcade dont l'axe du cintre est subordonné à la hauteur du dessus du neuvième refend. La largeur de l’arcade, prise de la retraite portant imposte sur les pilastres, est doublée pour sa hauteur depuis le sol jusque sous la clé. Les autres mesures sont indiquées sur la gravure.

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