DIMINUTION DES COLONNES
Alors vous diviserez la hauteur de la colonne, au-dessus et au-dessous de G D, sur son axe , en autant de parties que vous voudrez, dont vous tirerez des lignes du point E, de la longueur présumée de la circonférence du fût. Sur chacune de ces lignes , vous porterez la distance de G D, depuis l’axe de la colonne, pour avoir sa diminution tant audessus qu’au-dessous du tiers d’en bas, et vous aurez ainsi les points nécessaires par lesquels vous ferez passer le contour extérieur de votre colonne , ce qui vous donnera le renflement et la diminution. Cette seconde méthode est bonne pour l’ionique, le Corinthien et le Composite.
Ayant tracé vos colonnes droites, et notamment la dernière dont vous allez reconnaître ici l’emploi, si vous voulez la rendre torse, à l imitation de celle que l’on voit à Piome dans l’église de Saint-Pierre, il faudra que vous traciez le plan (i) tel que vous le voyez sur cette planche. Le petit cercle au milieu du plan marque la quantité, ou la saillie que vous voulez lui donner. Yous divisez ce petit cercle en 8 parties égales et de chaque point vous tirez des lignes parallèles à Taxe de la colonne. Yous divisez ensuite la hauteur en 48 parties, qui vous serviront pour former la ligne spirale du milieu, qui doit être le centre de la colonne et sur laquelle vous rapporterez les grosseurs correspondantes, ligne par ligne, prises de l’axe du diamètre à la circonférence de la colonne droite de D en C , comme il est marqué sur le dessin. Yous observerez seulement que les chiffres i, 2, 3, 4> qu’on voit sur le petit cercle du plan, ne doivent servir que pour la première demi-révolution du bas de la colonne , parce que la base de la spirale doit commencer du centre. Depuis le milieu de la montée , vous suivrez le contour du petit cercle jusqu’à la dernière demi-révolution au haut de la colonne, où vous suivrez encore les quatre points , ainsi que vous avez fait pour le bas.
REMARQUE
On doit voir que le diamètre du petit cercle intérieur est arbitraire, et qu’on peut le tenir plus ou moins grand, suivant que l’on veut rendre plus ou moins sensible le torse de la colonne. Le diamètre du grand cercle est aussi d’abord arbitraire, et seulement décrit pour diviser avec plus de justesse les huit parties à son pourtour. On fixe ensuite son vrai diamètre sur celui donné par la saillie de la colonne F , et celui de son creux G, à cette hauteur, près du tiers du fut. Toutes les autres lettres de renvoi de la colonne torse sont ici placées pour l’intelligence de sa construction, sur laquelle Vignole ne nous a pas paru s 'être assez étendu.
Note. On fait remonter ces sortes de colonnes à une haute antiquité. On en voit une dans une des chapelles de l’église de Saint-Pierre à Rome, rapportée par Titus, après la prise de Jérusalem, que l’on dit avoir été tirée du temple de Salomon. Voilà sans doute pour leur antiquité des autorités respectables, mais qui, suivant moi, n’en rendent pas plus ingénieux l’inventeur de ces sortes de colonnes, ouvrages de quelque mécanicien ou de quelque orfèvre, plutôt que d’un architecte, qui se serait difficilement déterminé à placer un chapiteau en porte-à-faux , et une tige de travers sur sa base.
On ne voit point que les anciens aient renflé leurs colonnes, comme quelques architectes lont fait depuis. Je pense, avec beaucoup d’autres, que c’est une absurdité; il vaudrait mieux commencer a les diminuer du bas; cette manière imperceptible est plus agréable. Geile prise au premier tiers est tiès-
(j) Voyez la Remarque à fa suite.