OBSERVATION
Les pans de bois n'auraient aucune stabilité par eux-mémes s’ils n’étaient relies en retour d équerre par d’autres pans de bois ou des mtfi de refends, et consolidés par les planchers qu’ils supportent de manière à ne former qu'un seul tout , et fixes dans différentes parties , soit aux murs , soit aux poteaux corniers ou autres pièces de bois principales, par des équerres, des plates-bandes, des harpons, des étriers, etc. (Voyei Pi 25 }.
x» CHARPEN»E ET MAÇONNERIE.
Nous devons faire ici uno autre observation , parce que la pratique en est dangereuse. C’est qu’on ne doit jamais appuyer des foyers au long des pans do bois , Pâtre en fût il élevé à la hauteur d'un fourneau , et son isolement , outre l'enduit en plâtre sur le pan de bois , rechargé en plus de l’épaisseur d’une brique , sans y observer un espace au moins de trois pouces entre l'enduit et la brique poséo sur champ, et mieux encore sur le plat. Les conduits en poterie quo l'on élève ordinairement au-dessus dos êtres, et que l’on fait traverser les planchers et los combles , pouvant s'engorger facilement, si l’on n'a le soin do les nettoyer fréquemment au moyen d'un faisceau de bois épineux , ou de tout autre équivalent, quo l'on fait agir de haut en bas, cc qui dcmuude la surveillance des propriétaires pour la conservatiou de lours maisons et la sûreté des locataires.
Du Revêtement des Pans de bois et des Cloisons de distribution -
Dans beaucoup d’endroits encore , les maisons sont construites en pans de bois ; ces pans de bois, sur la faco principale, sont appareils, et seulement hourdes et ravalés entre les poteaux ; on les peint ensuite en couleur à l'huile pour leur conservation. Il existe même de ces sortes do pans do bois , anciens à la vérité , dont los poteaux corniers , ceux d'huisscrio, leurs linteaux et les sablières sont ornés de sculpture, et enfin d’autres sans ornemens, mais dont l’ajustement varié des pièces de bois qui les composent est très-bien entendu. Les bois, il est vrai, en sont choisis, bien dressés, et tous los angles à vivesarétes. Les pans de bois que l’on élève aujourd’hui pour la construction des maisons dans Paris et dans beaucoup d'autres lieux , sqnt tous faits pour être recouverts en maçonnerie , et pour avoir même l'apparence d'un "mur en pierre , puisqu'ils offrent à la vue des joints et des refends , des moulures et des corniches , tel» qu'on peut les exécuter en pierre.
Fig. I e ". Lorsque oes pans de bois sont très-élevés, il faut, pour leur donner plus do consistance, et en lier toutes les parties ensemble, commencer par los lattcr a d’un côté; et après avoir haché les poteaux en dedans, ou les avoir garnis de rapointis ou de clous t et aToir appliqué à l’opposé des planches sur chaque espace dos poteaux , on en rempli? les intervalles b avec des moellons liés avec du plâtre, ou toute autre matière en usage, ce qui s'appelle hourder. Cela fait , on latte par dessus ce mémo côté comme on a fait l'autre , et l’on fixe encore sur les poteaux , entre les premières lattes transversales trop éloignées les unes des autres, d’autres bouts de lattes c placés en biais (i); ensuite on fait le ravalement. Co ravalement peut avoir l’épaisseur de 8 â 9 lignes de saillie sur le buis , et quelquefois môme un pot™ .
Lorsqu'il y a des saillis de corniche ou autres moulures , on a soin en hourdant l'in* (1) Il serait mieux de Utler tant plein qne vide.
CHARPENTE ET MAÇONNERIE. a 3
lervalle des poteaux d 'y maçonner des morceaux de moellons plus saitlans en forme de harpes, et sur les bois on fixe de forts rapointis, et pour les corniches de couronnement ou fait usage de queues do carpes à pattes fixées aux bois.
Les pans de bois intérieurs, ou cloisons simples qui serrent à supporter les planchers ■ sont hourdés arec des platras et du plâtre de la même manière quo ceux do face , ou simplement hourdés h bois apparent , suivant la destination des pièces dont ils forment les divisions. Quand elles doivent être recouvertes de lambris , ou do tentures fixées sur des châssis , ces mêmes lambris ou les châssis prennent la saillie do recouvrement qu 1 aurait pu être fuit en plâtre', dont on marque même l'épaisseur pendante sous le plafond ou la corniche ; cette saillie s'appelle porte-tapisserie.
Fig. a. Nous ayons indiqué par cotte figure le ravalement du pan do bois , la porte ornée d'un chambranle d, dune frise a et d'une corniche f, la croisée g avec une simple •feuillure A, uno plinthe i pour couronnement, et tracé des joints k sur le reste de la lace , sur laquelle nous avons ponctué les bois de construction. Une coupe prise an milieu de la porte l; la moitié du pan de bois m et l'épaisseur de la latte et du ravalement,
. un détail en plus grand n , composé d'un poteau dliuisscrio o et d'un poteau de remplissage p.
La fig. 3 présente uno cloison sourde ou creuse , composée de poteaux simples q et de poteaux d'huisserie r, scellés par le bas dans l’aire t du plancher, et par le haut dans le plafond t. Cette cloison sc latte jointive des deux côtés , et ensuite reçoit un enduit qui recouvre le tout. Nous lavons indiquée partie lattée, d’un côté u, et de l’autre supposée laltée entièrement v ; nous avons décoré l'autre moitié de la pièce d'un lambris , d'une porto à chambranle et d'une corniche sous le plafond. Les plans sont au-dessous : celui qui est triplé de grandeur indique un poteau d'huisserie x , l'épaisseur de la latte et celle de l'enduit y.
Fig. 4. Cette cloison se nomme à claire-voie ; elle se compose de deux poteaux d’huisserie 1 , de sablières 2 , haut et bas , auxquelles on assujétit des tringles 3 de remplissage, ou ais on bois de bateau , et que l’on consolide de chaque côté , par le milieu de la hauteur , au moyen d'une eutre-toisc ou barre à queuo 4 . On latte d'abord d'un côté 5 , pour pouvoir hourder les intervalles des ais 6 plus aisément , et ensuite on latto le côté opposé et l'on fait sou enduit sur le tout, à l'affleurement des poteaux d’huisserie, dos sablières et des barres i\ queue. Les plans sont tracés au-dessous; l'un trois fois plus grand, comme détail, indique un poteau d'huisserie 7, les ais 8, l'hourdi latté par dessus 9 , et L'intervalle ou l’épaisseur de l'enduit 10 affleurant le poteau d'huisserie. Nous avons supposé, par moitié, une décoration sur le tout, seulement pour on donner uno idées.
Les planchers de ces deux pièces sont suivant les détails que nous avons donnés précédemment : ceux de la fig. 3 sont à augets entre les solives ( voyez PI. 6 , fig. 6) ; ceux de la fig. 4 portent des parquets; celui au-dessus de la pièce est posé sur des lambourdes placées sur une aire avec chaîne ( voyez fig. 8 do la PI. 6 ) , et celui du sol de la pièce posesur des lambourdes placées immédiatement sur le lattis des solives (voyez même PI. fig .. 7
CHARPENTE
Planchers d'enrayure , Lucarnes , Plates-Formes, etc.
Ce qu’il faut observer dans ces sortes de planchers , c'est que les fortes pièces de bois auxquelles se rattachent les moyennes ne soient pas percées do mortaises trop près les unes des autres , afin de ne pas les affaiblir. La pièce principale a se nomme entrait de long-pan, i entrait de croupe, e coyer, d goussets, e faux goussets, f chevètrcs à coupe biaise , g entrait de croupe , h chcvétre oblique , s chevélre , k solives de remplissage , l embranclicmens , m faux chevètrcs. On voit ici que les goussets sont placés pour rcœ- voir les noyers, qui ne pourraient pas sans cela être joints à l'entrait de long-pan ni à l'entrait de croupe; et, comme ces deux pièces de bois portent toute la charge du plancher, on voit aussi comme il faut y rattacher toutes les autres , et ne jamais placer les chevètrcs dans les travées les uns au bout des autres , mais alternativement de leur épaisseur.
Fig. 2. Le second plancher d'enrayuro est en pan coupé ; aux deux coyers , sur chaque angle du pan coupé, sont adaptées des lambourdes » sur lesquelles portent les solives : elles doivent y être assemblées à tenons cl mortaises.
La fig. 3 présente le plan d'une lucarne , dite à la capucine ; ces sortes d'ouvertures se pratiquent sur le rampant des combles, où l'on a soin quo la disposition des chevrons soit telle que 1 im d'eux s'arrête en haut à la jonction des noulets , et deux autres nu long des sablières de jouée ; 0 poteaux sur la plate-forme , p sablière de jonée , g arretier , r empanon de croupe , t empanon de long-pan , t fermette , u noulets ou chevalets.
Fig. 4, face de la lucarne: » élévation du poteau, r chapiteau, y plate-forme, * fermette , r empanon du croupe.
Fig. 5, la même lucarne vue de profil; 1 poteau, 1 sablière de jonée, 3 chevron do jonée; lo nom des autres pièces de bois est indiqué sur le plan.
Fig. 6, élévation et profil d'une lucarne à demoiselle; 4 arbalétrier, 5 chevron da jonée, 6 poteau, 7 chevron, 8 chapiteau, 9 appui, 10 pannes.
Fig. 7, élévation et profil d’une lucarne rampante; 11 plate-forme. Mémo renvoi qu'à la Planche précédente pour les autres pièces do bois.
Fig. 8 , plan d'un plancher d'uno seule travée. La combinaison de co plancher esf La même, quant au fond, que celle plus haut, fig.» 1”.; deux solives dcnchovêlruro 12 y suppléent h une poutre. D'autres solives d'enchevêlruro 13 sont nommées boiteuse 1 , parce qu'ellps sont fixées à des chevètrcs ou linçoirs 14 , et les intervalles en sont remplis pnr des solives 15, des solives de remplissage 16, des soliveaux 17, et de faux chevètrcs 18, ou solives boiteuses; chevètres a, place d'un être b, passage d'un tuyau de chominéc c.
Fig. 9. Plates-formes 19 , pour asseoir la fondation des murs sur de mauvais terrains. L'une , dont les deux pièces de bois de longueur sont écartées da la moitié de leur
CHARPENTE. »3
épaisseur, et l'autre, où elles sont jointives et soutenues l'une et l'autre par des traverses nommées mcinaux ao placées sous les platcs-fonftes.
Fig. 10 . Croix de saint André pour un palier do repos.
Fig. si. Elévation et profil d'un hangard : ai poteaux posés sur des dés en pierre, ea sablière d’égout, a3 liens cintrés, a4 entrait, a5 arbalétrier, aO jambetlos , 37 chevrons , 38 pannes.
Fig. 13 . Ferme pour les combles, dont l'entrait 39 est p\icé au-dessous des corniches , 0 * que l'on remplace par des blochets 3o , sur lesquels on fait porter les arbalétriers. Ces blochets sont posés dun bout sur le mur et assemblés de l'autre , en fausse coupe , sur lea jambes de force 3i , soutenus par des jambettes 3a.
Fig. i3. Détail des différentes manières de tailler les bois dans leurs abouts pour leurs divers assemblages : 33 à mords d’âne , 34 à chaperon , 35 à paume et son antaille , 36 tenon à paume , 37 paume à repos , 38 tenons de tourniccs.
Des Combles en charpente , de leurs diverses formes anciennes et modernes.
On donne le plus ordinairement, à Paris, à la hauteur des combles le tiers do la largeur des bàtimcns pris à l'extérieur opposé de leurs murs ou saillie do cornicho. Cependant cette hauteur peut varier suivant le climat , depuis l’angle équilatéral pour le nord jusqu'au quart de leur base pour les pays méridionaux. Les combles se font en charpente ou en menuiserie , à la manière de Philibert Delorme.
Les combles en charpente tels quo (fîg 1 ™ et fig. a ) s'exécutent par travées ainsi que les planchers. Ces travées sont formées par des fermes composées chacune de deux arbalétriers a; d'un entrait b dans lequel ils s'assemblent par le bas pour prévenir leur écnr- * tement ; d'un entrait retroussé en faux entrait c qui s'assemble dans les arbalétriers, et qui , placé dans un sens parallèlo à celui du bas , les empêche de ployer; d'un poinçon rf, qui, assemblé de même dans les arbalétriers, prévient que lcntrâit retroussé ne fléchisse; de contre-fiches e assemblées dans lu poinçon pour roidir les arbalétriers , et d'aisseliers f pour fortifier l cntrait retroussé. Ces fermes sont réunies par une pièce de bois nommée faitage g , assemblé dans le haut'du poinçon, et par une autre pièce nommée sous-faite A, qui s’assemble dans les cntrails retroussés.
Les fermes étant otnsi disposées , vous placez sur les arbalétriers une ou plusieurs pièces de bois nommées pannes t, soutenues par des tasseaux k et par des chantignoles et sur ces pannes vous posez los chevrons l qui , à leur oxtrémité inférieure, s'assemblent sur une plate-forme m posée sur le haut des murs , ( cette plate-forme , sur laquelle sont pratiqués les pas des chevrons, doit avoir au moins un pied de largeur sur quatre pouces d'épaisseur) , et à leur extrémité supérieure ces mêmes chevrons portent ou sur le faitago n ou viennent s'y assembler; et pour jeter les eaux au-delà de l'entablement on ajoute, par le bas, des bouts de bois appelés coyaux 0 qui fout un adoucissement de pente.
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Quand les combles forment dos croupos , on met des domi-formos p ( fig . a) entre celles des angles : celles-ci so nomment demi-fermes d'arétier q (fig. 3 ). Comme les entraits qui soutiennent les arbalétriers sont pour la plupart, sinon des poutres, ou moins de très-fortos pièces de bois nommées entraits do long-pan , lo demi-entrait de croupe s’y assemble d’un bout r , et de l’autre pose sur lo mur a (fig. 3); et des pièces diagonales r, qu’on nomme goussets, assemblées dans l’entrait et le demi-entrait, reçoivent celui des demi-fermes d’arétier- «, qui, do l’autre bout, est posé sur l’angle du mur r. Voyez la planche précédente , fig. t".
Les autres difierenlcs fermes , quoiqu’elles no soient plus en usage . offrent cependant quelque intérêt. La fig. 4 représente une do celles employées pour la couverture dos édifices gothiques. EUo so composait de maîtresses fermes et do fermes intermédiaires. l,es maîtresses formes étaient espacées do io pieds do milieu en milieu, et les intermédiaires de a pieds ; les premières avaient 6 pouces de gros , et les autres 5 pouces. Celle fig. 5 est moins ancienne : sa hauteur est égalo à sa base. Les autres, fig. 6, y et 8 , sont uilc variété de celles nommées à In Miuuard. Celle fig. g est aussi, comme celle précédente, brisée dans son arbalétrier, mais en pento droite dans sa hauteur.
Les détails ajoutés dans cetto planche trouvent leur application par lo renvoi des lettres aux figures t, i et 3. Ceux fig. io montrent le faitage g vu par-dessus, dans lequel viennent s'assembler les arêtiers q , les empanons x et les chevrons de croupe y. La fig. il indique l’asscrnblago des arêtiers sur le poinçon, au moyen d’uno entaille r dans l’arétier, parallèle au poinçon et à la demande do t'écartcmcnt de l'arétier. Celles opposées ( fig. ix ) sont doux manières d’assembler les chevrons au faitage. Les autres au-dessous du plan (fig. i3) présentent une autro manière d'assembler les arêtiers aveo le poinçon , qui consiste à trancher , diagonalcmcnt et perpendiculairement à son angle , le poinçon à la demande do l'arétier qui est appuyé dessus, et une coupe biaise par le bas * suivant son ifîclinaison ou sa pente. Cet arêtier porte un tenon i quo reçoit une mortaise a faite dans lo poinçon.
PLANCHE n.
Des Combles surbaissés ; Charpente pour la construction d'un Pont; autres Charpentes pour des Echafaudages , etc.
Dans la ptancho précédente nous avous donné la figure de plusieurs combles , tels que ceux les plus en usage aujourd'hui , comparés à ceux du treizième siècle et à ceux que l'on sait être inventés par F. Mausard, en indiquant la progression ou l'abaissement de leur ponto en rapport avec les climats où l'on aurait à édifier. En Italie , par exemple, où un comîdc pyramidal serait non-seulement ridicule, mais encore inutile, ces combles, disons-nous , n'ont pour la plupart en hauteur à leur pointe que le quart do la largeur du bâtiment , et ne sont composés quo de trois pièces du bois lorsqu'ils n’ont pas une graude portée.
CHARPENTE. a 7
Fig. U* Les pièces de bois dont cette sorte de comble se compose sont un entrait a et deux arbalétriers b. Ces arbalétriers sont assembles par le bas dans les bouts de l'entrait par des entailles en crémaillère a; ils portent à l'ordinaire des pannes d pour recevoir des chevrons a , et les chevrons posont sur l'extrémitc du mur dont on tcrmiuc la surface suivant leur pente. Par le haut les arbalétriers se réunissent pour former la pointo du comble et soutenir le faîtage f ; ils se raccordent ou par un joint à plomb maintenus par une plate -bando de fer, ou ils sont réunis par uno entaille à mi-bois de part et d’autre , et chevillés g.
Fig. 2 . Lorsque les fermes ont une certaine grandeur, comme dans cette figure, on fortifie les arbalétriers par une sorte d'armature composée de trois pièces, deux h doublent les arbalétriers jusqu'aux deux tiers environ , et lar troisième en forme d'entrait retroussé t sert à les conlrcbutcr. Ce qui peut s'exécuter, commo nous l'avons indiqué plus haut , par le moyen des entailles à mi-bois g.
La fig. 3 , pour uno étendue encore plus considérable , a do plus que la précédente un poinçon k dans lequel viennent s’assembler les arbalétriers. Los deux pièces qui les doublent l sont butées par deux contre-fiches m assemblées dans le poinçon. Le milieu de 1 entrait est soutenu par un étrier do fer s» arrête au poinçon. Les extrémités de cet entrait sont fortifiées à l'endroit de leur portée par des cncorbcllomens en bois o, et sont réunies aux arbalétriers par des liens de fer p inclinés perpendiculairement aux mêmes arbalétriers.
La fig. 4 offre nne de ces fermes exécutées quelquefois avec succès quand elles 0 n'ont pas une grande portée. Dans chaquo arbalétrier sont assemblées les pannes g, et
de manière à laisser l'épaisseur des chevrons dont ils servent eux-mêmes. Le poinçon p doit être plus fort que les arbalétriers et que les faîtages qui s'assemblent dedans , afiu de laisser le moyen de los y cheviller (Voyez la fig. 5.)
La fig. 6 est une ferme à peu prés semblable ; la différence est que les pannes s % fiices sur l'arbalétrier, l’afileurent en dehors, et que les chevrons appuyés dessus sont toujours posés dans le cours de leur espacement , de manière à laisser l'arbalétrier libre et isolé entre eux. Les murs qui portent la ferme (fig. G) sont montés jusqu'au dessus de l'entrait ou de la poutre qui reçoit l'arbalétrier et dans lesquels il est encastré. Dans cette figure 4 , les mêmes murs laissent à découvert l’entrait et la plate-forme sur laquelle pose le pied des chevrons. Cette plate-forme est fixée a la poutre au moyen de queues d'arondc ; elle est soutenue dans l'intervalle des fermes par des dés en bois ou en maçonnerie.
Il arrive fort souvent que , lorsqu'une poutro fait craindre quelle ne fléchisse sous le poids dont elLe est chargée, en place alors un étai d'aplomb sous le milieu do sa portée, quand ce moyen est praticable et qu’il ne peut nuire h la circulation ni à la destination de la pièce; ou autrement il faut y suppléer par des pièces de bois inclinées a, telles qu'en la figure 7 . Ce même moyen peut s’employer pour les ponts que Ton pratique pour passer d'un lieu à un autre , et même sur une petite rivière ; mais ici il faut construire de chaque côte un mur assez fort et avec un empàtemeut suffisant dans sa base , pour soutenir le poids et la butée do la contre-fiche ou pièce inclinée sur laquelle on l'appuie en dedans, en y ménageant une retraite b. La môme charpente peut s’employer arec des
»» CHARPENTE
pièces Je bois moins fortes pour un échafaudage dans un intérieur , que l'on assemble avec d’autres pièces posées perpendiculairement au long des murs c , lorsqu'il n'y a point d'appui dont on puisse fairo usage , et qu'on ne veut point dégrader les murs existons. Ces pièces de bois sont assemblées dans des sablières posées horizontalement sur le snl , et sont entretenues entre leurs travées , à leur base , par dos contre-fiches et dans la hauteur , par des pièces placées parallèles & l'horizon ou à la sablière du bas.
La fig. 8 , présentant un espace double en largeur. Le moyen de soulager également la portée de la principale pièco est do diviser cet espace en quatre parties égales , de doubler par une pièce d, de même épaisseur que la première , la distance des deux parties du milieu, laquelle sera butée par deux contre fiches a inclinées diagonalcmcnt sur le mur dans l cspace de chacune des- deux autres parties. Cette charpente peut s’employer aux mêmes usages dont nous avons parlé ci-dessus.
Fig. 9 . Cette charpente peut être construite dans un espaco double en largeur que celui de la dernière figure. La première pièce transversale f, après avoir été divisée en neuf parties égales , sera doublée g dans la longueur de sept parties et butée par deux contrefiches A inclinées diagonalemcut dans la distance d'une dos parties de chaque côté des murs , ou sur des pièces de bois c placéos verticalement contre cês mêmes murs ; et , pour ajouter h ces deux forces , ou placera une troisième pièco s’ sous la seconde do la longueur de trois parties du milieu de l'espace , laquelle sera également butée par deux contre-fiches k aussi inclinées et appuyées sur les murs b ou sur les pièces de bois c toujours dans la diagonale du carré do chaque partie; et pour que ces contre-fiches ne puissent pas fléchir sous le poids quelles auraient à porter , on lus maintiendrait par dos 4
rooises / placées perpendiculairement ou d'équerre à leur inclination et fixées sur les pièces transversales m. Toutes ccs pièces seraient reliées ensemble au moyen de frottes pour les ponts, et de petites moiscs bien boulonnées avec écrous ou à clavettes pour les échafaudages. Celte chaq>cnte peut s'appliquer aux mêmes usages que les deux précédentes. L'espacement de chacune des fermes entre elles serait de six pieds d'axe en axe. On pourrait , suivant son emploi , placer dessus des solives jointives pour les ponts , ou comme pour un plancher ordinaire pour le passage de pied ; ensuite les recouvrir do madriers auxquels ils seraient fixés, ou do simples planches pour les échafauds. Toutes cce pièces do bois, pour un usage comme pour l'autre, pourraient avoir la meme épaisseur , puisque par leurs doubles et les supports ajoutés elles auraieut toujours la même force. Nous les supposons de dix sur onze pouces , ou de douze sur treize pour les ponts; ot les contre-fiches , à proportion. Les parties les plus longues peuvent être fuites de plusieurs pièces assemblées à trait de Jupiter.
Fig. xo. Présente la moitié d'une des arches d’un pont exécuté à Paris. L'axe du rayon de son cintre , pris sous l'arche a , est à dix-huit toises quatre pieds six pouces environ pour la figure que nous eu présentons. La construction en est simple : chaque cintre des arches est doublé de trois pièces de bois b de huit pouces environ de hauteur sur six ou sept de largeur, et réunies par des frettes ou des étriers a de fer à platesbandes et écrous. Huit moiscs d placées à des distances égales et dirigées au centre, reliées par d'autres moises e traversant horizontalement le dessous et le dessus de chaque courbe des arches , en forment l'ensemble et la force, et réunissent les trois fermes dont la lar-