SCÈNE V
plus rêveur, et je sentais que chaque moment de tristoss.^ marquait un de vos triomphes... Ah! que de fois j'ai cache dans Tomhre de ce foyer, — ou sous les saules de ce petit jardin , — mes défaites et mes pleurs !.. Mais j'étais jeune alors, — et Dieu aime la jeunesse... il me donna ma fille, vous fûtes vaincu. (Douloureusement.) Aujourd'hui... Fange est parti, — la victoire vous revient.
ROUVIÉRE, d'une Toix saccadée.
Qui sait , Itfadame*? Le dernier mot n'eu est pas dit. Vous allez voir Georges. Parlez-lui. Vous pouvez encore empêcher ce départ.
MADAME DUPUIS, avec douceur.
Je vous l'ai promis, — je n'essaierai pas.
Eh ! je vous rends votre promesse ; je ne veux pas être votre mauvais génie, moi. Je suis brusque, Madame... personnel quelquefois, — c'est mon métier de vieux garçon ; mais je ne suis pas méchant, — daignez le croire.
MADAME DUPUIS
Je le vois, je le vois ; mais je connais Georges, Monsieur : tous mes efforts seraient inutiles; ils l'irriteraient, voilà tout... Et quand même, à force de larmes, je pourrais le retenir, maintenant je ne le voudrais pas... Je n'aurais fait que joindra un regret plus amer et plus récent à tous ceux qui déjà empoisonnaient sa vie. Demain , toujours , son ennui , ses allusions involontaires, son silence même, me reprocheraient mon triste avantage... Non, -— il faut qu'il parte.
ROUVIÈRE, après une pause.
Tout cela est juste , — très-juste... Il n'y a pas moyen de le contester... vous êtes dans le -vrai. Comptez du moins. Madame , que j'abrégerai autant qu'il sera en moi la durée de son absence.
MADAME DUPUIS
J'y compte... Merci. (Elle lui tend sa main que Rouyière baise en iMnclinant profondément. — On entend au dehors un grand bruit suivi d*un
tumulte de Toii. Madame Dupuia repreod atec effroi : ] Mon DieU ! ({U'y a-t-il?.. C'est lui! je reconnais sa voix. (Georges Dupuii ourre u porte avec fraeas et entre suivi de Hariame.)