‹ Le vinChapitre 15 sur 26 · LES ASSASSINS DU VIN · texte numérisé non relu

LES ASSASSINS DU VIN

Les assassins du vin, gens d'absinthe et de bière,

Poursuivant nuitamment leur œuvre meurtrière,

Travaillant, torturant l'esprit et la couleur

Du vin, en plaisantant comme fait le voleur ;

L'œil et l'oreille au, guet, la face hicmide et blême,

Prêts à fuir, quand ils sont surpris par un rat même,

Ces féroces escrocs, ténébreux frelateurs

Qui violent les vins et les rendent menteurs,

Puis débitent en brocs, en tonneaux, en bouteilles,

D 'infâme jus de bois et des drogues vermeilles,

Ont tellement pourri les estomacs, les goûts,

L'esprit, le cœur, le tact et le bon sens de tous,

Que le monde devient innocemment canaille.

On dit, quand on commet un crime, qu'on travaille,

On est naïvement fripon et dépravé.

Le vin frelaté coule et n'est jamais cuvé !

Toutes les lâchetés et toutes les bassesses

Prennent le petit trot comme des gentillesses.

Le notaire en rupture et le vin frelaté

Circulent librement dans la société!...

Lecteur, serre ton vin avec soin dans ta cave. Crains le bois de Campêche et fais la betterave. Ce langage est sans eau, loin d'être frelaté. La bouteille est le puits d'où sort la vérité.

Je ne suis pas malin, je ne suis pas ivrogne ; Mais je vois qu'on se porte assez bien en Bourgogne. Hume, déguste et bois, cher lecteur, mon conseil: Lorsque son vin est bon, l'homme devient pareil.

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