‹ Le vin mauditChapitre 7 sur 20 · VOTRE DAME · texte numérisé non relu

VOTRE DAME

Ta femme ne vaut pas qu’on la veuille jolie, Moderne Adam, qui l’ornes comme vœu mystique, Sur ce fragment de nous érigeant le portique D’un culte précieux, sans style de folie!

Voire : son sacrifice, en la rancœur polie Du deuil d’elle, en ta foi borgne de bon sceptique, Pour pleurs, n’équivaudrait celui de ta boutique, Négociant Adam haussé par la poulie

Des poivres, certes mieux idoine à la luxure Que le plus chaud baiser, la moins molle morsure De cette Eve sans flanc ni mamelles de mère,

Faux rien de chair germé dans le limon factice D’un enclos où la flore est toute douce-amère,

N’a de parfums d’odeur, n’a de vertus de vice !

D’amante convenue épouse : ce serait

Une inutilité vitrinable d’objet

Qui marche, ciel! et jacte en aigreurs au sujet

De tout sans y devoir, encombre de son gré

Le champs de nos calculs ; irritant d’un regret L’horizon tôt trahi du dormeur préjugé Où tu la garderas, sot Adam qu’à cœur j’ai, Fervent en lâches patiences de malgré.

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