‹ Le violon harmonique: étude complétée par un cours d'harmonie à l'usage des violonistesChapitre 23 sur 51 · DES INTERVALLES · texte numérisé non relu

DES INTERVALLES

sur notre seconde section, qui traite de l'art d'écrire y mais ce qu'on a lu dans le clavier du violoniste suffit amplement à indiquer la manière d'écrire les accords et les doigters qui y correspondent le mieux.

Quelques observations de détail sur l'emploi des intervalles sont indispensables pour en faire comprendre les divers effets.

Chacun de ces intervalles , comme on vient de le voir, se modifie à son renversement par la diminution et l'augmentation. Les majeurs deviennent mineurs, les augmentés, diminués; les intervalles justes restent justes.

Ils se divisent en consonants et dissonants. Les premiers sont : l'octave et la quinte juste, consonances parfaites, ainsi nommées parce qu'elles ne peuvent être altérées sans cesser d'être consonances. La tierce et la sixte, consonances imparfaites parce qu'elles peuvent être majeures ou mineures et rester consonances. Les autres intervalles, les dissonants, sont la seconde, la septième et les intervalles altérés. La quarte est dissonante ou consonante selon les conditions dans lesquelles on l'emploie , et que nous expliquerons plus loin.

On se sert aussi des intervalles par redoublement, c'est-à-dire à distance d'octaves; on les désigne alors par le nombre de notes qui les séparent. La seconde ainsi redoublée se nomme neuvième ; la tierce , dixième ; la quarte , onzième ; la quinte , douzième. Ces intervalles par redoublement s'arrêtent là dans leur emploi au violon, la main la plus grande ne pouvant s'étendre davantage.

On désigne aussi sous les noms de seconde diminuée et d*oc-

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tave augmentée remploi comme dans l'exemple ci-joint, de Tunisson et de son renversement.

Vient maintenant l'appréciation à la fois pratique et poétique des intervalles, qui montre que, dans leur emploi, chacun d'eux a un caractère particulier, les uns énergiques et forts, comme la quinte et Toctave, les autres faibles et doux, comme la tierce et la sixte. C'est à ces derniers que se rapportent ces harmonies naturelles qu'on nomme vulgairement seconds dessus , assemblage de deux voix chantant pour le seul plaisir d'harmoniser une mélodie , et faisant bien souvent de la prose sans le savoir.

Cependant cette harmonie consonante perdrait son charme et tournerait à la mollesse et à la monotonie si elle n'était pas parfois soutenue et en quelque sorte attaquée par la dissonance. On sent bien alors qu'elle n'est qu'une moitié d'un tout. C'est le côté calme et contemplatif dont l'art, sauf quelques dissonances artificielles, s'est contenté jusqu'au seizième siècle, mais auquel il manquait ces attractions naturelles et puissantes que telle note a pour une autre , cet appel de la consonance par la dissonance qu'on nomme résohition{\)çX qui légitime celle-ci, quelque dure qu'elle soit; ne peut-on pas même dire que plus l'effet de la dissonance est dur et prolongé , plus la sensation consonante à sa résolution est agréable? Un exemple entre mille, qui nous sera

(1) C'est la réponse à cette phrase trop souvent vraie. « A quoi distingue-t-on une fausse note d'une dissonance? ». C'est que celle-ci se résout et l'autre pas.

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