LEUR FORMATION ET LEUR CONSTITUTION
Nous avons dit, dans le précédent chapitre, consacré aux mtervalles, qu'il fallait les envisager comme des matériaux qui, réunis et groupés d'après certaines règles, devaient servir à former des accords ou groupes de notes superposées, dont la plus grande partie a pour origine le monocorde.
La même division , adoptée pour séparer les intervalles en consonants et dissonants^ s'applique naturellement aux accords; ceux formés de tierce, sixte, quinte, octave sont consonants; les autres, ceux qui renferment des secondes, quartes, septièmes et neuvièmes, ainsi que les intervalles augmentés ou diminués, sont dissonants.
Avant de donner les règles qui régissent ces accords et leur constitution, le tableau suivant en fait connaître l'ensemble d'après la classification adoptée par Reicha, et qui reste, selon nous, la plus rationnelle et la plus pratique.
DES ACCORDS
Classi/icatton des accords.
Acoord parfiit iii«J«ur.
Aee. parf. mineur.
Ao«. de 6te dimiiraée.
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Aeeords de 7* de domlnantei T de le espèoe. 7e de Se «pèoe.
Te de 4e eipèce. Aoe. de 9e iii«Jeore. Semé minenre.
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Aœord de Ate et 6te eagmenUe.
LB TIOLON HARMONIQUE.
98 COURS DHARMONIB PRATIQUE.
Maintenant, qu'entend-on par un accord? Quelles sont les règles qui président à sa constitution , à ses diverses transformations? Quel en est le mécanisme?
Prenons comme exemple un premier accord de trois sons, l'accord parfait majeur.
Nous constatons d'abord que c'est un accord consonant majeur, puisqu'il se compose de 3'® majeure et S'ajuste. En plus, observation importante pour ce qui suit, les notes qui composent ce groupe sont séparées par intervalles de tierces, ce qui constitue le premier état de l'accord; la note grave se nomme la fondamentale, les deux autres, la tierce et la quinte ^ d'après l'intervalle qui les sépare de cette fondamentale, règle générale que nous retrouverons plus tard pour les accords qui renferment des 7°^" et des 9°^«'.
Passant maintenant au parti qu'on peut tirer de ce premier accord, nous trouvons que chacune des notes qui composent le groupe ou accord peut être à son tour placée à la basse, ce qu'on nomme renve7*sement , mais en remarquant que, malgré cette substitution de notes , l'accord continue à porter le nom de sa première note grave, la fondamentale.
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Ces trois groupes, malgré le changement des notes placées successivement à la basse, ne sont donc qu'un même accord, l'accord de ré majeur, dans trois états différents.
DES ACCORDS
Le n® 1 est l'accord à l'état direct ou primitif.
Le n° 2, son premier renversement, ou second état.
Le n^ 3 , le troisième état de Taccord ; celui-ci est soumis à certaines règles particulières qui seront expliquées dans la seconde section de ce cours.
Le même travail de constitution et de subdivision s'applique aux accords dissonants.
DE LA PLACE QU OCCUPENT CHACUN DES ACCORDS DANS LA GAMME, DE LEURS DIVERSES FONCTIONS ET DE LEUR COMPOSITION.
Chacun des degrés de la gamme porte un ou plusieurs accords, c'est-à-dire ce groupe de tierces superposées dont nous venons d'expliquer la formation et la mécanisme.
V L'accord parfait majeur ^ composé de 3^ majeure et de 5** juste,
se trouve sur les premier, quatrième et cinquième degré de la gamme majeure, et sur les cinquième et sixième degrés de la gamme mineure.
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(1) Cet exemple et les suivants ont pour but de faire connaître à Télève l'effet de chacun des accords sur le Tîolon, et de le familiariser avec leurs renversements. Il doit, en outre, chercher à les reproduire en choisissant le ton le plus favorable à leur transposition, et en modifiant, s'il est nécessaire, la forme des accords.
COURS D'HARMONIE PRATIQUE
2** V accord parfait mineur ne diffère du précédent que par la 3^^, qui est mineure. Il se trouve sur les premier et quatrième degrés de la gamme mineure et sur les second, troisième et sixième degrés de la gamme majeure.
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3** V accord de quinte diminuée, doublement mineur par la 3*® et la b^, se trouve sur le second degré de la gamme mineure et
sur le septième de la gamme majeure ; il appartient particulièrement au mode mineur et se résout comme accord dissonant à la quinte inférieure sur la dominante du ton. En majeur, on le traite comme un accord parfait^ dans ce qu'on nomme une marche harmonique.
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DES ACCORDS
Abordons maintenant les accords de plus de trois sons, par les septièmes, dont Tensemble est divisé en quatre espèces.
V accord de septième de dominante y ou de première espèce qui a une prépondérance marquée sur les trois autres, par le rôle important qu'il joue dans la modulation, se trouve sur le cinquième degré des gammes. Il se compose d*un accord parfait
majeur auquel s'ajoute une 7"° mineure ; on connaît les exigences de ses résolutions régulières. Sa fondamentale est à la quinte inférieure ou quarte supérieure; comme dans tous les accords dissonants, la tierce montant d'un degré et la septième descendant sur la note inférieure.
De tous les accords dissonants à approprier au violon harmonique celui-ci est le plus usité et le plus facile d'exécution, surtout dans les tons simples. De toutes façons on a toujours la ressource de diminuer dans certaines complications le nombre des parties; car, même incomplet, cet accord conserve encore son effet dissonant ; ce n'est plus qu'affaire de choix dans les notes qui le composent.
Exemple :
COURS D'HARMONIE PRATIQUE
Sa constitution et son emploi sont les mêmes dans les deux modes.
Ce que nous venons de dire sur la septième de dominante , dans son appropriation au violon, s'applique, en grande partie, aux trois autres accords de septièmes qui suivent, dites septièmes du ton. On les nomme ainsi parce qu'au rebours de la 7°' de dominante qui détermine une modulation, celles-ci, n'étant composées que des notes du ton dont elles font partie, servent plutôt à l'affirmer.
5® V accord de septième de seconde espèce, composée d'un accord parfait mineur avec superposition d'une septième mi-
neure se trouve sur les second, troisième et sixième degrés de la gamme majeure.
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6** L'accord de septième de troisième espèce ^ se compose d'un accord de quinte diminuée avec addition de septième mineure
DES ACCORDS
et se trouve sur le second degré du mode mineur et sur le septième du mode majeur; cet accord appartient au mode mineur, à moins qu*on ne l'emploie en majeur dans une marche harmonique.
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n existe entre ces deux derniers accords un rapport d'emploi qu'il faut signaler. Placés tous deux sur le second degré de la gamme, ils y remplissent les mêmes fonctions, le premier pour le niode majeur le second pour le mode mineur, faisant tous deux leur résolution sur la dominante du ton.
L'exemple suivant^ avec résolution par exception sur la sixte et quarte (cadence parfaite) , nous fera mieux comprendre.
En sol majeur.
En mi mineur.
7** Vaccord de septième de quatrième espèce se compose d'un accord parfait majeur auquel s'ajoute une septième aussi ma-
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jeure ; c^est par cela qu'il est le plus dissonant des accords de septième ; on l'emploie de préférence dans une suite d'accords ou marche harmonique de septièmes, sujet que nous traiterons plus loin. Il est toujours bon, dans cet accord, de préparer la disso^ nance. Il se trouve sur le premier et le quatrième degrés de la gamme majeure et sur le sixième de la gamme mineure.
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Nous passons maintenant, en suivant Tordre du tableau donné p. 97, aux accords composés de cinq notes.
8** L'accord de neuvième majeure est l'expression la plus étendue du monocorde et l'un de ceux qui caractérisent le plus largement la tonalité ; il se trouve placé sur le cinquième degré des gammes. Ce n'est, à bien dire, que l'extension, par une
tierce supérieure en plus, de l'accord de septième de dominante; même degré, mêmes résolutions, y compris la neuvième qui, comme dissonance, descend d'un degré, et si ce n'était l'avantage de grouper dans un ensemble les quatre espèces de septièmes il ne devrait pas être séparé de la septième de dominante. Il faut nécessairement dans son emploi sur le
DES ACCORDS
violon, qui n'a que quatre cordes, retrancher Tune des cinq notes de l'accord. Le chok en est dicté soit par la note du chant qu'il accompagne soit par des exigences de doigter ou de tonalité.
On donne comme règle, pour cet accord, de placer dans la réalisation des parties supérieures la 9"® au-dessus de la 3""* pour éviter le rapprochement de seconde, ce qui n'existe pas dans le mode mineur. Quant au second renversement de l'accord sans la fondamentale, qui donn^ l'effet d'un accord de septième de troisième espèce , il se caractérise à la résolution , le premier sur la tonique, le second sur la dominante du ton mineur.
9*^ L'accord de neuvième mineure est régi par les mêmes lois que le précédent; son premier renversement, dont nous avons
parlé dans le chapitre « le clavier du violoniste » en signalant l'usage fréquent qu'on en fait aujourd'hui , redevient alors un accord de quatre sons, sous le non^ de septième diminuée. En voici des exemples appliqués au violon.
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Viennent enfin, pour compléter la classification des treize accords, ceux qu'on désigne sous le nom d'accords altérés. Ce ne sont pas des accords nouveaux mais de simples modifications apportées à quatre de ceux que nous venons d'analyser. Ils se divisent en altérations ascendantes et descendantes.
10° L'accord de quinte augmentée est Taccord parfait majeur des premiers et cinquième degrés, dont on monte la S"" d un demi-ton.
Exemple :
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DES ACCORDS
iV L'accord de quinte augmentée avec septième repose sur la même modification appliquée à l'accord de 7™' de dominante, mais en observant de mettre la note altérée au-dessus de la septième.
Exemple :
Les deux autres accords altérés dont il nous reste à parler, s'obtiennent au contraire en baissant la note.
12° V accord de quarte et sixte augmentées est formé d'un accord de 7™* de dominante sur le second degré d'une gamme majeure, dans son second renversement, ce qui met à la basse la h^ de l'accord , que Ton baisse d'un demi-ton.
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Exemple :
13** L'accord de quinte et sixte augmentée s'obtient à l'aide de la même modification appliquée à l'accord de 9°** mineure, mais à la condition de supprimer la fondamentale.
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Exemple :
Gomme on le voit, les accords altérés suivent la règle générale des accords dissonants en se résolvant à la quinte inférieure. Observons toutefois que , malgré le fa dièze , ces deux accords ne sont pas en sol dans le cas présent et qu'ils appartiennent au ton à! ut se résolvant sur la dominante de ce ton , avec ou sans cadence parfaite.
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DES ACCORDS. 109
Nous pouvons passer maintenant à notre seconde section, dans laquelle nous trouverons expliqué l'emploi des éléments constitutifs de Tharmonie que nous venons de faire connaître.