L'ART DECRIRE
les autres parties varient leur chant ou leur harmonie ; quant à la Basse chiffrée , si elle ne s'emploie plus dans la musique d'exécution, elle fait encore partie essentielle de renseignement.
[m Basse chiffrée.
Ce moyen abréviatif, inventé par Emilio del Cavalière ou Guidotti vers 1580, a pour but de remplacer les parties supérieures par des chiffres mis au dessus de la note de basse, et qui représentent les intervalles harmoniques.
Tous les traités d'harmonie, depuis les plus anciens jusqu'aux plus modernes, en font usage. L'élève doit donc se rendre ce procédé familier, puisque c'est d'après lui qu'il doit plus tard , comme professeur-accompagnateur, comprendre les accords chiffrés et les réaliser sur le violon. Néanmoins, dans l'usage, ce procédé est souvent arbitraire et souvent aussi faut--il deviner l'accord par celui qui le précède ou qui le suit.
Ainsi, prenant pour exemple V accord parfait ci-dessus indiqué et ses renversements , on le trouve chiffré à l'état direct tantôt
par un 5 seulement, ou par «' (quelquefois on ne met qu'un 3
pour indiquer qu'on supprime la 5'") ou par un 8, ce qui représente l'octave. Quelquefois encore on trouve la réunion des trois
chiffres 5 superposés d'après la place que les notes occupent
l'une au dessus de l'autre , ou par contre on indique l'accord
parfait à l'état direct par l'absence complète de chiffre.
Une barre horizontale, tirée d'un chiffre à l'autre, indique que raccord reste le même malgré ses changements de position.
Les altérations se placent à côté ou en dessous du chiffre, quelquefois même à la place du chiffre.
Le tableau suivant renferme l'ensemble des chiffres les plus
LE VIOLON HARMONIQl'R. 8
COURS D'HARMONIE PRATIQUE
énéralement adoptés pour représenter les accords parfaits, les accords dissonants et les accords altérés. Les mêmes règles s*appliquent aux retards, anticipations, notes accidentelles dont nous parlerons plus loin.
Rappelons que chez les maîtres des écoles anciennes, Fenaroli, Cherubini, on trouve souvent, à côté du chiffre 6 par lequel s'indique le deuxième renversement de Taccord de septième dominante, au Heu de la croix ou de la barre généralement employées, Taccident qui caractérise le ton du renversement.