PROFESSEUR DE VIOLON ACCOMPAGNATEUR
Nous avons toujours considéré comme Tune des attributions les plus heureuses du violon harmonique l'art de l'accompagnement appliqué au violon.
Le travail que nous présentons ici a donc pour objet l'emploi, dans les limites possibles , pour le violon^ de ce qui se fait pour le piano sous le nom de cours d'accompagnement pratique , c'est-à-dire l'art d'appliquer, à première vue, à toute mélodie ou trait mélodique l'harmonie qui lui convient le mieux.
On avait laissé jusqu'ici à la seule expérience ou à une aptitude naturelle la réalisation de ce fait d'enseignement, se contentant de citer comme une heureuse exception le violoniste doué de cette facilité harmonique ; mais, comme le cas est rare, il nous a semblé possible de remplacer le don naturel par le travail, ou du moins de venir en aide à l'élève en lui indiquant certains principes élémentaires et progressifs qui, accompagnés d'exemples spéciaux ou tirés des maîtres, puissent lui fournir les moyens d'acquérir un talent si utile à l'autorité du maître et aux jouissances du musicien.
Les élèves les plus aptes à comprendre et à réaliser notre programme sont naturellement ceux qui suivent, en même temps que leur clause de violon, une classe d'harmonie et de composition. Néanmoins, nous avons constaté qu'il en était peu d'entre eux capables d'appliquer facilement au violon ce qu'ils avaient appris par l'écriture et le piano. Le violon en main, l'obscurité se fait et la mélodie ne leur apparaît plus que dénuée de l'harmonie qui l'accompagne et qui souvent même l'a inspirée.
Ce n'est donc que par un travail spécial de l'harmonie appliquée au mécanisme de l'instrument qu'on peut acquérir cet art de l'accompagnement au violon, qui tend chaque jour à disparaître et que nous avons le devoir de conserver et de transmettre à nos élèves. Un arrangement tout fait ne vaudra jamais celui trouvé dans l'entraînement chaleureux de la leçon.
Si l'on nous objecte que, comme instrument d'accompagnement, le violon manque des notes graves de la basse, nous répondons que , le violon solo étant le plus souvent éy*it dans les notes élevées, il est facile au violon d'accompagnement de rester au-dessous de lui; et, ce qui est plus important encore, c'est que chaque instrument est complet en lui-même , qu'il possède sa basse, son médium et son aigu, que l'effet des notes graves, voix ou instruments, dépend de leur timbre. Par exemple, le contre-alto ou la flûte ont dans le bas une ampleur et une puissance de sons telles qu'elles donnent à l'audition la sensation d'un son beaucoup plus grave qu'il ne l'est réellement; ici le nombre des vibrations peut donner tort à la sensation par le chiffre, mais, dans l'effet, elle n'en existe pas moins. C'est ainsi qu'on peut obtenir des cordes graves du violon , particulièrement sur le sol , corde filée dont le timbre est mordant , une ampleur et une nature de son suffisante à soutenir la partie solo et à lui servir de basse d'accompagnement.
Depuis la gamme jusqu'au concerto y sonates, études, variations, tout le répertoire j[ournalier de l'élève peut, guidé par