‹ Le violon harmonique: étude complétée par un cours d'harmonie à l'usage des violonistesChapitre 34 sur 51 · Les notes de passage · texte numérisé non relu

Les notes de passage

L'appoggiature.

Vappoggiature, ainsi nommée parce que dans l'exécution il est bon de l'appuyer ^ a dans son effet beaucoup de rapport avec la suspension; mais ce qui la distingue de celle-ci c'est qu'elle se place sur le temps fort, et n'a pas besoin d'être préparée, quelque dissonance qui en résulte.

Weber. — Sonatine pour piano et violon.

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ViOTTI.

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COUBS D HARMONIE PRATIQUE.

ViOTTi. — 9* Concerto.

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Beetooven. — Sonate (op. 30, n» 3).

Idem.

J'fltjîljl];]^

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On peut adoucir Tefllet de la dissonance en ne la faisant entrer qu'après le temps frappé , comme dans l'exemple suivant.

Mozart. — Requiem.

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Les appoggiatures se divisent en longues et brèves : les premières chantantes, les autres rythmiques. Elles fournissent à rharmonie, comme notes altérées ou étrangères à l'accord, des effets très recherchés aujourd'hui.

NOTES ACCIDENTELLES

La broderie.

On nomme broderie toute note étrangère à Taccord qui, pendant un temps donné , et à la condition que le mouvement soit diatonique, remplace la note réelle pour y revenir, ou tourner autour d'elle comme ornement circulaire.

C*est dans le trille, dans ce battement successif de deux notes qui sert à terminer tant de phrases mélodiques, que Ton peut trouver le type élémentaire de la broderie.

zM.

Effet.

fflffl-JWi WBw

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L'exemple suivant est encore une broderie sous forme circulaire.

RossiKj. — Ouverture de la Gazza ladra.

cresc.

Elle peut être supérieure, ou inférieure, ou les deux à la fois, ainsi qu'on peut le voir par l'exemple ci-contre.

COURS D'HARMONIE PRATIQUE

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Elle peut aussi être simultanée.

Malgré la note supérieure, la broderie équivaut à une note tenue.

V échappée.

V échappée est une sorte de broderie, c'est-à-dire de note étrangère à Taccord, mais qui diffère de la première en ce qu'elle échappe à la règle qui exige renchalnement diatonique.

NOTES ACCIDENTELLES

On le voit dans l'exemple suivant par le /a, étranger à Taccord d'ut, et qui saute de tierce pour rejoindre le mi de cet accord.

jjn

j^^fT'ij

De même dans ce second exemple, où le ré, qui ne fait pas partie de Taccord de fa, saute de sixte.

Beethovex. — Quatuor (op. 59, n<* 1).

accompl

Lorsque Yéchappée fait partie de l'accord qui la suit elle participe de Tanticipation.

COURS D'HARMONIE PRATIQUE

Et dans certains cas elle a tout le caractère d^une broderie dont on aurait supprimé la dernière note.

Notes de passage.

On nomme ainsi les notes étrangères à Tharmonie qui dans une mélodie se trouvent placées diatoniquement ou chromatiquement entre deux notes réelles.

Elles sont indispensables à la mélodie qui sans elles ne procéderait que par intervalles disjoints.

La musique ne peut être mélodieuse qu'à cette condition.

Ce chant du concerto de Beethoven par exemple :

g- 1 ^ -Ha— — ,

ne laisserait, en lui ôtant les notes de passage, que le chant disjoint de la charpente harmonique.

NOTES ACCIDENTELLES

On place en général les notes de passage sur les temps faibles de la mesure et en valeurs plus brèves que les notes réelles. Sans cela elles emprunteraient le caractère de l'appoggiature qui se place sur le temps fort.

fe

n , J nj . ^

Les notes de passage peuvent servir à moduler^ et il faut éviter que dans leurs mouvements elles ne fassent quintes ou octaves avec les notes réelles de Taccord.

Elles peuvent être employées chromatiquement, doubles et triples, même par mouvement contraire.

Maintenant quelques mots, pour finir^ sur Texception, son importance et son emploi.

DES EXCEPTIONS

Il faudrait, si Ton voulait répondre convenablement à cette question, écrire un traité des exceptions plus étendu que le traité d'harmonie lui-même; car si, comme on dit^ il n'est pas de règle sans exception , trop souvent aussi l'exception tue la règle.

C'est par cette raison que nous avons, dans le Cours d'harmonie qui se termine ici^ séparé fune de l'autre, afin de laisser à cette dernière , dégagée de sa dangereuse rivale , toute son importance et sa clarté.

Néanmoins, comme on ne peut empêcher chaque époque d'imposer à l'art ses exigences et de lui faire partager ses tendances et son besoin de nouveautés , il faut souvent accepter le fait, quelque dangereux qu'il soit, ou du moins s'en rendre compte.

Le mieux est donc , dans cette question si complexe , de ren voyer l'élève aux derniers traités d'harmonie parus et surtout à l'étude des belles œuvres contemporaines , à celles qui ont acquis le droit de servir de modèle et d'enseignement ; il trouvera là des effets nouveaux, des audaces harmoniques, qui ont élargi le domaine de l'art souvent aux dépens de sa pureté première , mais auxquels l'oreille s'est accoutumée, l'acceptant au point de vue poétique si ce n'est musical.

Beethoven répondait à l'un de ses auditeurs étonné de lui voir enfreindre la règle : « Moi je le permets. »

DES EXCEPTIONS. 167

On était déjà loin du temps où Haydn s^excusait d*un accord de quinte augmentée, en écrivant au-dessus licenza,

La difficulté est y comme le font les vrais maîtres, de reculer les barrières sans les renverser.

La vérité est qu'il y a deux genres d! exceptions : celle qui, n'étant que Fextension de la règle, en laisse comprendre la finesse ingénieuse ou l'audace, et celle qui, sans origine, sans raison d'être , dépasse toute limite en ne s'appuyant que sur le désordre et la fantaisie.

Malheureusement, le musicien qui n'a pour guide, trop souvent dangereux, que sa seule imagination n'a pas, comme le peintre, ces points de comparaison naturels sur lesquels il peut s'appuyer pour éviter l'absurde. En musique , l'oreille, abandonnée à elle-même, perd bien vite cette loi des convenances et àe^s proportions (piy basée sur ce qu'ont choisi et fixé les grands maîtres de l'art, s'appelle le beau.

Le musicien qui, par ignorance ou parti pris, exagère les sonorités ou saute sans raison d'un ton dans un autre ne représente pas plus l'art musical que l'acrobate, qui fait à tous propos le grand écart et le saut périlleux, n'appartient à l'art chorégraphique.

Dire que, le jour où l'on a fait descendre la note sensible, la tonalité a été perdue paraîtrait une exagération, mais le fait n'en est pas moins grave, parce que, par là, on a méconnu et attaqué l'une des parties de l'art la plus puissante et à la fois la plus délicate : la modulation; c'est la porte ouverte à tous les changements de tons aussi désordonnés qu'ils soient, au rapprochement brusque et sans raison des tons les plus ennemis l'un de l'autre, ce qu'on avait évité sagement jusqu'ici , ou su adoucir en respectant les lois de l'expérience et du bon goût. Quand le fond, les éléments primitifs sont attaqués, l'édifice est bien près de crouler.

Pourra-t-on, à travers les ruines de cet ancien ordre de choses,

COURS D'HARMONIE PRATIQUE

en reconstruire un nouveau qui vaille le précédent? La réponse app£Lrtient à l'avenir qu'on ne peut ni prévoir ni juger, à travers les brouillards du temps présent.

On ne peut que conseiller aux novateurs quand même l'étude de cette trilogie des Haydn, Mozart, Beethoven, de ce code de lois musicales aussi fortes que saines, que trop souvent ils ne connaissent pas et qui leur serait cependant de si bon conseil.

Pourquoi ne peut-on pas nommer à cet effet, comme on fait en architecture, une commission des monuments historiques chargée de les conserver, de les entretenir et de les arracher aux élans destructifs de cette nouvelle et dangereuse bande noire l

Nous donnons ici quelques exemples â! exceptions c'est-à-dire de résolutions irrégulières, qui pourront donner à l'élève l'idée d'en chercher et d'en trouver d'autres. Les accords dissonants de 7°^® et de 9"®, soumis à des résolutions forcées, caractérisent plus que tous autres l'infraction à la règle.

J.-S. Bach. — 1" Sonate.

CadoDce rompue.

te

En gardant la dissonance.

ij i ^ j 7i~ ^ jTj ~> iN~^j i i" ii

Par changement de position.

DES EXCEPTIONS

Enharmoniquemeiit

^,.^ Jijjijdli' i ^M

Par enchaînement de septièmes.

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Ici se termine le Cours d'Harmonie , qui va trouver de nombreuses applications dans la troisième partie de Touvrage.

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