LA SONATE ET LA BASSE CHIFFREE
L'accompagnement de la sonate se présente sous différents aspects, d'après l'époque où Foeuvre a été écrite.
Les plus anciennes, celles des maîtres violonistes du milieu du siècle dernier, sont écrites avec la basse chiffrée. Celles de Leclair, op. ix, gravées par M™® Leclair, son épouse, ont pour titre : « Sonates à violon seul avec la basse continue, » également chiffrée. Le 1'*' livre des sonates de Viotti , op. 4, et les œuvres de sonates qui suivent, ont aussi pour titre : « Sonates pour violon et basse » , mais la basse n'est pas chiffrée ; il en est de même pour les sonates de Kreutzer et autres. L'usage se perdait; néanmoins il est naturel de penser que cet accompagnement de basse, écrit à la clef de fa, souvent très éloigné des notes hautes du violon, devait être harmonisé par l'accompagnateur d'après les chants ou traits mélodiques de la partie de violon. C'est cela qu'il faut faire et c'est aussi pour cela que la connaissance de l'harmonie est indispensable.
Quand la basse est chiffrée, indiquant les accords, la seule difficulté consiste à réaliser l'harmonie dans le registre le plus favorable à l'instrument, en évitant autant que possible de se rencontrer avec les notes du violon principal et d'en obscurcir le dessin.
Les deux passages ci-contre peuvent servir d'exemples à ce genre de travail.
LE VIOLON HARMONIQUE DANS SES DIVERS EMPLOIS
CoRELLi. — Sonate (Gigue).
RêAlisRtion au Violon d^arcompagnement
Basitp nhiffrve
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Tartini. — Sonate. {Didone <tbbandonata.)
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Réalisation au Violon d'accomp'
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Basse chifTréc f.
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MANUEL DU PROFESSEUR (l4 sonate).
(Suite.)
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Les caprices de Baillot , bien que plus rapprochés de nous , sont encore écrits avec une basse chiffrée.
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Réalisation au Violon d'accomp'
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Rassr chifTrêr.
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Cependant^ quand le violon principal est écrit dans le bas de rinstrument, l'accompagnement devient plus difficile, et l'on est souvent forcé de transformer la basse en partie supérieure ou intermédiaire, comme dans l'exemple ci-dessous :
Leclaik. — Le Tombeau.
Grave.
Réali sât ion au Violon d*accompl y^
Basse chiffrée ^^
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il faut, pour expliquer Tusaçe persistant de la basse chiffrée pendant tout le siècle dernier, procédé restreint aujourd'hui pour nous aux œuvres des anciens maîtres violonistes, rappeler que ce procédé, ce mode d'accompagnement, était favorisé par la nature même des instruments qu'on y employait, particulièrement par la basse de viole y dont les sept cordes fournissaient à l'exécutant tout un système d'accords arpégés avec lesquels on accompagnait facilement les voix ou les instruments ; à ce moment-là^ l'enseignement de la musique était dirigé du côté de l'harmonie ; on apprenait aux dames, avant les morceaux d'exécution; ce qu'on nommait X accompagnement et la lecture de la partition.
MANUEL DU PROFESSEUR (les études).