DUPORT LE JEUNE
Duport (Jean-Louis). Naquit à Paris le 4 octobre 1749. Il était fils d’un maître de danse et semblait destiné à suivre la profession de son père, car son frère aîné Jean-Pierre, plus âgé que lui de huit
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ans, s’était adonné au violoncelle. Le jeune Louis délaissa, lui aussi, la danse pour la musique, et étudia le violon ; mais, séduit par les succès de son frère,, il abandonna le violon pour le violoncelle.
Le Dictionnaire des Musiciens, de Choron et Fayolle, dit que Duport (Jean-Louis) fut 1 élève de Berteau ; c'est là une erreur, car Berteau mourut en 1756, et le jeune Jean-Louis n’avait, à ce moment, que sept ans. Jean-Louis, élève de son frère jean-Pierre, était si attentif et si bien doué qu’il dépassa bientôt son professeur. Devenus tous les deux célèbres, ils lurent appelés dans la suite Duport l’Aîné et Duport le Jeune.
Duport le Jeune n’avait que dix-neuf ans quand il se fit entendre, avec le plus grand succès, aux Concerts spirituels, le 2 février 1768.
Voici l’écho de ses succès dans le Mercure :
« M. Duport le Jeune, élève de M. son frère, a exécuté sur le violoncelle une Sonate accompagnée par Duport l’Aîné. Une exécution précise, brillante, étonnante, des sons pleins, moelleux, flatteurs, un jeu sûr et hardi, annoncent le plus grand talent. » Et Voltaire lui adressait un jour ce compliment :
« Monsieur Duport, vous me faites croire aux miracles : vous savez Jaire d'un bœuf un rossignol. » Duport le Jeune se fit entendre avec plein succès aux Concerts des Amateurs, connus depuis sous le nom de Société Olympique , et aux réunions musicales du baron de Bagge, où se groupait l’élite des amateurs, de musique de Paris.
Un violoniste étranger, de passage à Paris, devait •exercer une influence énorme sur Duport : il est vrai que ce violoniste était Viotti. Lorsque Duport l’entendit, il comprit bien vite qu’en appliquant au violoncelle la manière large et brillante de ce grand artiste, il devait obtenir des effets inconnus jusque-là. Sans se rebuter, avec patience et ténacité, Duport travailla dans ce sens, calqua Viotti, et bientôt, en effet, il se créa un style nouveau qui établit définitivement sa réputation.
Viotti, d’après Jules Robert, aurait dit de Duport : « 1 out cela est bien, mais il n’est pas capable d’en tirer ce que nous pouvons. » 11 n’aurait certainement pas pu faire cette critique lorsque Duport eut réussi par son travail à le copier et acquérir ce style large à la fois simple, expressif et majestueux qui faisait dire au Journal de Pans du 21 mai 1782 : « 11 serait à souhaiter que nos jeunes virtuoses prissent Duport pour modèle. »
Duport le Jeune se rendit à Londres attiré par son ami le violoncelliste Crosdill. Malgré les applaudissements qu’on ne lui ménagea" pas, il n'y resta que six mois et revint en France.
La Révolution éclatait en 1789. Duport se rendit alors en Prusse près de son frère et, grâce à lui, entra dans la musique de la cour. 11 éclipsa tous les violoncellistes de son temps et fut recherché à la fois par les habitants de Berlin et par les étrangers de passage en cette ville.
Après avoir fui la Révolution française, il dut
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fuir la guerre de Prusse et rentrer en France en 1806.
Ce fut pour lui une cruelle épreuve ; son absence prolongée (17 ans) avait fait perdre le souvenir de son talent, il devait refaire sa réputation comme un débutant et il avait cinquante-huit ans!
Il se fit entendre en 1807 dans un concert qu’il donna à la salle de la rue Chantereine, conjointement avec M llc Colbran (plus tard M mc Rossini). 11 y fut très applaudi et Ton admira autant la pureté et la douceur de son style que la vigueur de son coup d’archet, chose étonnante pour son âge.
Ce grand succès fut passager et ne donna à l’artiste ni la place ni le profit qu’il espérait et dont il avait besoin.
Le Conservatoire, l’Opéra, la Chapelle du Prince lui restèrent fermés, soit à cause de l’indifférence des autorités, soit à cause de la jalousie ou des intrigues des autres musiciens, de telle sorte que Duport se vit à la fois applaudi et délaissé. Sans aucune ressource, il était sur le point de quitter Paris inhospitalier, lorsque le roi d’Espagne Charles IV, dont le séjour, après son abdication, était fixé à Marseille, le prit à son service. En 1812, ce prince obtint du gouvernement français l’autorisation d’habiter Rome et Duport rentra à Paris.
Dans l’hiver de 1812-1813, il parut trois fois à l’Odéon et étonna tous les assistants par la jeunesse de son talent. Justice enfin lui fut rendue : honneurs, places, fortune, tout lui vint à la fois.
Admis d’abord dans la musique de l’impératrice Marie-Louise, il entra ensuite dans la chapelle de l’empereur comme violoncelliste solo et enfin au Conservatoire comme professeur.
Dégagé des soucis qui l’avaient accablé pendant plusieurs années, Duport sembla tout à coup rajeunir. Point de concert où il ne brillât, point de soirée musicale dont il ne fût, à peine pouvait-il suffire à l’empressement des amateurs.
Dans les courts intervalles que lui laissaient ses engagements de sociétés, il composait des trios, des nocturnes dans lesquels il mariait les accents de son violoncelle aux sons du cor de Duvernoy, du violon de Lafont et de la harpe de Bochsa. Vidal raconte cette anecdote :
Un jour qu’il jouait un solo dans une réunion intime aux Tuileries, Napoléon parut dans le salon à l’improviste et tout botté. L’empereur l’écoute avec plaisir et, à peine le morceau terminé, il s’approche de Duport, lui fait un compliment et lui arrachant la basse des mains avec sa vivacité ordinaire, il lui dit : « Comment diable tenez-vous ça, monsieur Duport ? » et il se met en devoir de s’asseoir et d’étreindre le pauvre instrument entre ses bottes éperon nées. Le malheureux artiste que la surprise et le respect avaient tenu muet ne put maîtriser l’effroi qui le saisit en voyant sa chère basse traitée comme un cheval de bataille ; il s’élança vers l'empereur avec un « Sire » tellement pathétique que la basse lui fut rendue et qu’il put
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faire la démonstration sans qu’elle sortit de ses mains.
L’effroi de l’artiste était d’autant plus compréhensible qu’il s'agissait d’un superbe Stradivarius.
En 1815, le Conservatoire fut supprimé et remplacé par l’Ecole royale de musique. Duport, qui n’avait pas fait partie de la nouvelle organisation, resta cependant attaché à la musique du roi.
A soixante-dix ans, attaqué d’une maladie de foie, il mourut le 7 septembre 1819. Son fils n'eut pas sa valeur. Attaché comme violoncelliste au théâtre de Lyon, il quitta ce poste pour fonder à Paris une fabrique de pianos.
Duport Jeune a laissé :
Six concertos gravés à Paris chez Janet et Cotelle ; quatre sonates avec accompagnement de basse; trois duos pour deux violoncelles; huit airs variés avec orchestre et quatuors (Paris, Pleyel) ; deux airs variés pour violon et violoncelle, en société avec Jarnowitch (Paris, Sieber) ; Romance (violoncelle et piano) ; neuf nocturnes pour harpe et violoncelle, en société avec Boscha (Paris, Pacini, Dufaut et Dubois) ; fantaisie pour violoncelle et piano, en société avec Riegel.
Il a écrit une méthode sous ce titre : Essai sur le doigté du violoncelle et la conduite de ïarchet.
Ce qui témoigne de l’importance de cette méthode, c’est qu’elle a été revue par Ciaudelli, Merighi, Franchomme, et Grützmacher. Actuellement l’éditeur Leduc a chargé Cornélis Liégeois
d’en faire une Méthode progressive et de corriger les 21 études.
Les principaux élèves de Duport Jeune sont :
Rousseau, Levasseur, de Lamare et Platel.
Domergue (Claude). Né à Beaucaire en 1734, n’était qu’un modeste violoncelliste amateur, mais d’un talent si remarquable que, sans avoir quitté jamais son pays, il vit sa réputation grandir. Duport le Jeune voulut l’entendre et, dans un de ses voyages, vint lui rendre visite à Beaucaire.
D'abord-avocat au Parlement, Domergue fut ensuite choisi en 1790 pour être président du district. Le tribunal révolutionnaire le condamna — non point comme violoncelliste — mais comme magistrat, et il périt sur l’échafaud en 1793.
Levasseur (Pierre-François) (surnommé l'Aîné pour le distinguer d'un autre violoncelliste du même nom quoiqu'il ne soit pas son parent) est né à Abbeville le 11 mars 1753. Il fut destiné à la prêtrise. A dix-huit ans, il abandonna les études ecclésiastiques pour les études musicales. Pendant quelques mois, il reçut des leçons d'un modeste professeur, Belleval, et continua seul l’étude du violoncelle. Arrivé à Paris en 1782, il eut pour maître Duport l’Aîné, dont il imita le style et la belle qualité de son. En 1789, il joua des concertos de Duport Jeune aux Concerts spirituels, et se lit entendre aux concerts du théâtre Feydeau. Entré à
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l’Opéra en 1785, il y resta trente ans, et se retira en 1815, à l’âge de soixante-huit ans ; il est mort peu après.
Il a écrit douze duos pour deux violoncelles (Paris, Leduc).
Rousseau (Frédéric). Né le 11 janvier 1755 à Versailles, reçut des leçons de plusieurs violoncellistes et se perfectionna sous la direction de Duport le Jeune. Il entra à l'orchestre de l’Opéra au mois de mai de 1787. Après vingt-cinq ans de services (1812), il prit sa retraite à Versailles, où il enseigna son instrument à de nombreux élèves. Rousseau était un des fondateurs des Concerts de la rue de Cléry. On a de lui : six duos concertants et potpourri pour deux violoncelles (Paris, Nadermann).
Bréval (Jean-Baptiste). Naquit dans le département de l’Aisne en 1756 et fit dè rapides progrès sous la direction de Cupis ; tout jeune encore, il faisait applaudir ses premiers concertos aux Concerts spirituels.
En 1781, il entrait à l’Opéra, et en 1796 il était nommé professeur de violoncelle au Conservatoire de Paris. Il perdit cette place en 1802, époque où cette école fut réorganisée, car le nombre des professeurs était trop considérable pour celui des élèves. Il quitta l’Opéra en 1806, avec une pension de retraite dont il jouit d’abord à Paris et à Versailles, pour se retirer définitivement à Chamouille,
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près de Laon, avec son ami Perne. 11 mourut en 1825. Le talent de cet artiste, dit Fétis, était agréable, son jeu avait de la justesse, de la précision, du fini, mais son style manquait de vigueur et d'élévation. Bréval publia une Méthode raisonnée de Violoncelle (Paris, 1804). File a été traduite en anglais par J. Peile.
Les premières compositions de Bréval parurent en 1778. Il a écrit : sept concertos pour violoncelle et orchestre (Paris, Imbault) ; deux symphonies concertantes pour deux violons et alto (id.); quatuor pour deux violons, alto et basse (Paris, La Chevardière) ; trios pour deux violons et violoncelle ; trios pour violoncelle, violon et basse, op. 30 (Paris, Janet) ; duos pour deux violoncelles, op. 2. 19, 21, 25, 41 (Paris, Sieber, Janet) : six sonates pour violoncelle et basse (id.); airs variés pour le violoncelle (id.).
Les programmes modernes comportent peu de musique de Bréval ; cependant, la sonate en sol majeur (arrangement Moffat, Paris, Eschig) fait vraiment bon effet.
Cardon (Pierre). Né à Paris en 1751. fut élève de son oncle, violoncelliste de l’Opéra de Paris, et de Richer pour le chant.
Tricklir (Jean). Né à Dijon en 1750, fut placé au séminaire de cette ville, mais il n’y resta pas, se sentant pris d’un attrait irrésistible pour la musi-
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que et le violoncelle. 11 alla à Manheim se perfectionner, pendant trois ans, sous la direction d'artistes réputés. Après de sérieuses études, voyagea en Italie, vint en Allemagne, en 1783, au service de l’Electeur de Saxe, et vécut à Dresde jusqu’à sa mort, le 20 novembre 1813. Tout porte à croire qu'il contribua à fonder en cette ville cette école de violoncelle d'où sortirent Dotzauer. Kummer et Grützmacher.
11 a fait graver : des concertos pour violoncelle et orchestre et six sonates pour violoncelle et basse (Paris, Sieber).
Bideau (Dominique). Fut élève de Tricklir ; on ne sait pasgrand’chose de sa vie, si ce n’est qu'il publia beaucoup d’ouvrages, parmi lesquels on peut retenir : six duos pour violon et violoncelle (Paris 1796) ; trois grands divertissements concertants pour violon et violoncelle : Une Grande et Nouvelle Méthode raisonnée pour le violoncelle (Paris 1802).
Delattre (Joseph-Marie). Né et mort à Marseille (1751-1831); étudia d'abord le droit en vue d’entrer au barreau, mais quitta bientôt les sécheresses du Code pour les douceurs de la musique. Il enseigna le violoncelle, mais lut surtout chef d’orchestre.
Giraud (François-Joseph). Appartenait à l'orchestre de l'Opéra de 1752 à 1767. 11 entra dans la
musique de la chapelle royale. Il a écrit des sonates pour violoncelle et des compositions vocales.
Lepin* A Paris, en 1772, parurent six sonates dédiées au maréchal de Lestang, par Lepin, amateur. Lepin prend le modeste titre d'amateur, mais il est probable qu’il était de première force, car la musique de sa composition est la plus difficile de l’époque, et exige l’emploi très fréquent du pouce dans des positions très élevées.
Chrétien (Gilles-Louis). Naquit à Versailles en 1754 : à l’àge de vingt-deux ans, il fut nommé violoncelliste de la chapelle du Roi. Il tirait un beau son de son instrument, avait beaucoup de mécanisme, mais manquait d’expression.
Il perdit cette place lors de la Révolution, mais en trouva une autre, par la suite, à la chapelle de l’Empereur. Il s’occupait de la correction des épreuves d’un livre lorsqu’il mourut, le q mars 1811.
Cet ouvrage parut sous ce titre : Musique étudiée comme science naturelle certaine et comme art ou grammaire et dictionnaire musical (Paris, 1811). L’auteur y faisait des innovations, traitait de ce qu’il appelait : Mélodie positive, mélodie collective , mélodie interpositive , etc... Autant de fantaisies qui n’ont aucune utilité pratique.
Auberti. Etait violoncelliste à la Comédie Italienne et mourut à Paris en 1805. Il a publié : six solos et six duos pour violoncelle.
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Aubert (Olivier-Pierre-François). Né à Amiens en 1763 *, ayant appris à la maîtrise de cette ville les premiers éléments de musique, parvint, à force de travail, et sans maître, à fort bien jouer du violoncelle. Il vint se faire entendre à Paris, ce qui lui valut d’entrer à l’orchestre de l’Opéra, où il resta vingt-cinq ans. Il a publié une Méthode de Violoncelle ’, qui, de l’avis de Fétis, est bien supérieure à celles de Cupis et de Tillière.
Il a composé : six quatuors pour deux violons, alto et basse ; douze duos pour deux violoncelles sept études pour le violoncelle, suivies de trois duos et de trois sonates ; huit livres de sonates pour violoncelle.
Aubert a publié aussi une brochure de quarantequatre pages sous ce titre : Histoire abrégée de musique ancienne et moderne ou réflexions sur ce qu'il y a de plus probable dans les écrits qui ont trait à ce sujet (Paris 1827). L’introduction nousannonce que l’auteur n’a pu se décider à garder en portefeuille le fruit de vingt-cinq années de recherches et de réflexions. Tout cela se résume en.
quarante-quatre pages : on se demande si l’auteur n’a pas voulu se moquer de ses lecteurs ou de la musique.
Haillot. Violoncelliste et professeur, vivait à Paris dans la deuxième moitié du xvm e siècle ; il fut violoncelliste à l’orchestre de la Comédie Italienne. Il a publié six duos pour violoncelle qui
peuvent se jouer avec un basson. Six duos pour deux violons et violoncelle, « dans lesquels, dit-il, l’auteur a inséré les meilleurs morceaux des opérascomiques les plus nouveaux et traités avec le plus grand soin pour la facilité et l’agrément des amateurs avec lesquels ils pourront se faire entendre et paraître des virtuoses ». Tel est le titre : il est trouvé pour la réclame.
Levasseur (Jean -1 Ienri) surnommé le Jeune pour le distinguer de son homonyme Levasseur Pierre- François (page 116). Naquit à Paris en 1765. 11 commença l’étude du violoncelle avec Cupis et continua avec Duport le Jeune. Il fut admis, en 1789, à l'orchestre de l’Opéra et nommé premier violoncelle jusqu’en 1823. Nommé professeur du Conservatoire de Paris en 1795, à sa formation, il y enseigna pendant trente-deux ans et parmi ses meilleurs élèves, il faut citer : Baudiot et Norblin.
Levasseur a été un des principaux collaborateurs de la méthode de violoncelle rédigée par Baillot et Baudiot et adoptée pour l’enseignement du Conservatoire de Paris.
Levasseur fut tour à tour attaché à la musique de l’Empereur et à celle du Roi. Il mourut à Paris en 1823.
Parmi ses compositions on remarque : Sonates pour violoncelle, op. I (Paris, Nadermann); Duos pour deux violoncelles (Paris, Louis) ; Exercices pour le violoncelle (Paris, Langlois).
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Raoul (Jean-Marie). Violoncelliste amateur, né a Paris en 1766, fut d’abord avocat au Conseil du Roi, puis à la Cour de cassation ; plus tard il eut quelque emploi clans l’administration.
Il a publié trois sonates pour violoncelle et basse (Paris, Pleyel) : Airs variés et études (id.) ; Méthode de violoncelle contenant une nouvelle exposition des principes de cet instrument (id.i ; trois nocturnes à deux voix avec piano ; trois romances avec piano.
Vers 1810, Raoul tenta de tirer de l’oubli la viole de gambe. 11 réussit à s’en procurer une très ancienne et très jolie que Duiflropugckar avait faite à la demande de François I er .
Evidemment il devait se heurter, comme tous les gambistes, au grave défaut de la gambe : au manque de sonorité. Pour y remédier, il lit construire, par le célèbre luthier parisien \ uillaume, une basse d’un nouveau genre, montée de sept cordes. 11 en donna la notice dans la Revue musicale et la fit paraître à une exposition sous le nom d’« Heptacorde ».
Raoul mourut à Paris en 1837. Son instrument, on peut le dire, mourut le même jour : il eut le sort des inventions inutiles.
Muntzberger (Joseph). Naquit à Bruxelles, en i7(x), sans doute de parents allemands. Son père, attaché à la musique du gouverneur des Pays-Bas, lui donna les premières leçons. A l’âge de six ans,
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il joua, sur un grand alto, un concerto pour violoncelle ; le gouverneur, qui l’entendit, en fut si émerveillé qu’il lui donna pour maître van Maldère, violoniste de sa chapelle, élève de Tartini.
A la mort de ce maître, Muntzberger reçut de son père des leçons de plusieurs instruments, mais ce fut le violoncelle qui eut ses prédilections.
A quatorze ans, il se rendit à Paris et, sans maître, avec simplement la méthode Tillière et... son travail personnel, il parvint à jouer les morceaux réputés comme les plus difficiles.
En 1790, il entra à l’orchestre du Théâtre Lyrique, ensuite au Théâtre Favart, dont il devint la première basse solo.
Il fut aussi violoncelliste de la Chapelle de Napoléon. A la Restauration, il entra à çelle du roi : il se fit entendre avec succès aux Concerts de la rue de Cléry, fort en vogue à cette époque. Il se retira, en 1830, après quarante ans de service, avec une pension. 11 mourut en 1844.
Il a écrit une symphonie concertante, des trios, duos, fantaisies, deux cahiers de sonates avec basse, trois recueils d’études ; Une Nouvelle Méthode pour le violoncelle