LAMARE
Lamare (Jacques-Michei-Hurel de). Naquit à Paris le i cr mai 1772. 11 était le septième enfant et l’unique garçon de parents peu fortunés qui le
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firent entrer, dès l’àge de sept ans, dans les pages de la musique du Roi. 11 avait un caractère aimant et généreux qui, toute sa vie, lui gagna 1 affection et l’estime de ceux qui l’approchèrent, en commençant par ses professeurs et ses condisciples.
A quinze ans, ayant acquis les fondements d une bonne éducation musicale, il étudia le violoncelle avec Duport le Jeune. 11 faisait de tels progrès qu’on disait de lui « qu'il semblait être né pow le violoncelle ». Les Concerts Feydeau, où il se fit entendre de 1794 à 1800, lui permirent de montrer son talent et lui valurent des leçons pour subvenir aux besoins de sa famille.
Nommé professeur au Conservatoire, il ne garda pas longtemps sa place, car, en 1801, il partit pour l’Allemagne et la Russie.
A Berlin, le prince Louis-Ferdinand de Prusse s’enthousiasma de son talent et voulut souvent faire de la musique avec lui. Quand Lamare dut partir pour la Russie, le prince lui demanda d’échanger avec lui une bague et, touché de tant de bonté, l’artiste porta jusqu’à la fin de sa vie ce royal souvenir.
En Russie, Lamare fut attaché au service de l’Empereur, et se fit entendre à Saint-Pétersbourg et à Moscou en des concerts qui excitèrent le plus vif enthousiasme.
En 1808, il reprenait le chemin de la France par la Pologne et l’Autriche. Au mois de mai 1809, il donna un grand concert à l’Odéon ; peut-être ne
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connaissait-il plus le goût du public parisien, peutêtre manqua-t-il d’assurance, on ne sait : toujours est-il que l’assistance resta froide. Cela découragea profondément Lamare, qui ne consentit plus, dans la suite, a jouer en public.
Depuis lors, il ne parut plus, à Paris, que dans des cercles particuliers, et, loin qu’on trouvât son talent diminué, on reconnut qu’il avait acquis plus de fini. Il était d’une habileté prodigieuse dans les difficultés, mais il était surtout admirable lorsqu’il exécutait des quatuors ou qu’il accompagnait. Aucun violoncelliste n’entrait aussi bien que lui dans l’esprit de la musique et n’en faisait aussi bien ressortir les beautés.
A propos de Lamare, il s’est passé un fait assez curieux et peut-être unique dans l’histoire des musiciens.
Voici comment Fétis le raconte :
« 11 existe, sous le nom de Lamare, des concertos et des airs variés qui ont obtenu de brillants succès et dont on a remarqué les formes originales autant que la piquante harmonie. Tous ces ouvrages ont été composés non point par Lamare mais par Auber. Lamare était dans l’impossibilité d’écrire lui-même de la musique analogue au caractère de son talent d’exécution. Il n’a même jamais pu fournir à Auber le moindre trait à intercaler dans un morceau. Ce ne fut pas sans peine et sans scrupule que Lamare consentit à prêter son nom et à tromper le public sur le véritable auteur de
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ces compositions. Mais il ne pouvait faire connaître son talent d’exécution que dans la musique écrite spécialement pour lui. Auber, qui ne se destinait pas alors à la profession de compositeur, avait exigé cette condition pour mettre sa plume au service de son ami. Lorsqu’il se présenta, dans la suite, des occasions de déclarer la vérité sur ce sujet, Lamare les saisit toujours avec empressement.»
En 1815, faisant un voyage en Normandie, Lamare rencontra une dame qui, charmée par son talent et ses qualités, l’épousa. Dès lors, il renonça à la carrière d’artiste et continua à faire de la musique pour son plaisir.
Il vécut heureux quelques années : malheureusement la mort de ses deux enfants, enlevés tout jeunes à son affection, lui causa un chagrin si profond que sa santé en fut minée. Une phtisie du larynx entraîna Lamare dans la tombe, le 27 mars 1823 ; il n’avait que cinquante-deux ans ; il fut inhumé a Contet, près de Caen, où il possédait une villa.
Platel. (Voir aux Belges.)
Hus-Desforges (Pierre-Louis). Naquit à Ioulon en 1773; il était, par sa mère, le petit-fils du violoniste Jarnowick.
En 1792, il s’engagea comme trompette au 1 j c régiment de chasseurs à cheval et fit les premières campagnes de la Révolution : il perdit un doigt d’un coup de feu, fut réformé en 1796 et entra comme
violoncelliste à l’orcheste du théâtre de Lyon.
Ayant appris l’organisation du Conservatoire de Paris, il s’y rendit pour se perfectionner et fut l’élève de Janson Aîné. Il eut l'humeur très voyageuse, comme le montrent les divers postes qu’il occupa.
En 1800, il est chef d’orchestre à Saint-Pétersbourg, il revient en France en 1810, donne des concerts en province. En 1817, il est premier violoncelliste du théâtre de la Porte-Saint-Martin. En 1820, il fonde une école de musique à Metz; en 1828, il est chef d’orchestre au théâtre du Gymnase dramatique et donne sa démission, en 1829, après des discussions pénibles avec l’administration.
En 1831, il est chef d’orchestre au théâtre du Palais-Royal ; il perd cette place en 1832 et finit par se fixer près de Blois, à l’Ecole de Pont-le-Voÿ, comme professeur de musique.
La mort seule, en 1838, pouvait l’empêcher de quitter cette ville.
<c IIus-Desforges. dit un critique, a eu la réputation d’un violoncelliste de quelque talent, quoiqu'il ait toujours manqué de brillant dans l’exécution et qu’il tirât peu de son de son instrument, mais il phrasait avec goût. » Ses compositions pour le violoncelle ont eu aussi du succès, mais elles sont aujourd’hui tombées dans l’oubli.
Il écrivit des quintettes, des trios pour violon, violoncelle et basse.
Il a publié, en 1838, une Méthode de Violoncelle .
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BAUDIOT
Baudiot (Charles-Nicolas). Naquit à Nancy le 29 mars 1773 ^t fut Télève de Janson Aîné, auquel il succédait comme professeur au Conservatoire en 1802. 11 fut chargé, à ce momcnt-là, de faire, en collaboration avec Levasseur, une Méthode de Violoncelle. Elle fut rédigée par Baillot, le célèbre violoniste. En voici la raison : le comité du Conservatoire avait demandé à Rode, Kreutzer et Baillot d’écrire une Méthode de Violon en collaboration. Les études classiques de Baillot, sa facilité à s’exprimer en termes élégants et précis le désignèrent tout naturellement pour être le rédacteur de cette Méthode. Il écrivit donc cette Méthode de Violon, devenue si célèbre depuis. Lorsque Baudiot et Levasseur voulurent publier leur Méthode de V ioloncelle, ils se tournèrent vers Baillot pour lui demander de la rédiger. 11 accepta. Cette Méthode a été depuis revue et approuvée par Delsart (Gallet, éditeur). Elle est publiée en deux parties. C’est un ouvrage très sérieux, que tout violoncelliste doit se faire un devoir de connaître.
« Le caractère du talent de Baudiot, dit un contemporain, était un son pur mais peu puissant, une grande justesse d’intonation et de la netteté dans l’exécution des traits, mais son archet manquait de variété, son jeu était froid et sans verve. » Dans un concert donné par M mc Catalani à la salle Chantereine en 1807, il arriva à Baudiot une
aventure des plus pénibles qu’un contemporain raconte ainsi :
« Baudiot devait jouer un solo, il s’était retiré dans une chambre du théâtre pour se préparer pendant qu’on exécutait une Symphonie d’Haydn. Par un singulier hasard, Baudiot avait écrit la fantaisie qu’il allait exécuter sur le thème de l’andante de cette symphonie et il ignorait que c’était précisément celle-là qu’on avait choisie pour le concert. Le moment venu de jouer, on alla le chercher. Il arrive, accorde son instrument et commence. Après quelques accords de l’orchestre comme prélude, le thème s’annonce, et lorsque Baudiot commence ce meme thème qu’on venait d’entendre avec les riches développements mis par le génie d’Haydn, un éclat de rire part dans toute la salle. Baudiot ne sait ce qui motive cette hilarité, il se trouble et, dans son agitation, prend mal une position au démanché et joue faux. Les rires redoublent et avec eux l’angoisse de Baudiot dont toutes les facultés morales sont anéanties et qui manque la plupart des traits. Enfin, il est obligé de s’arrêter et de se retirer, soutenu par un de ses camarades, car ses forces l’abandonnent. Il n’apprit la cause de son malheur qu’après avoir repris ses sens. »
Baudiot avait aussi un emploi au ministère des finances ; cela lui valut des protections pour conserver sa place de professeur de violoncelle lorsque le Conservatoire fut réorganisé, en 1816, sous le nom d’Ecole royale de musique. Il y joignit le titre
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de violoncelle de la Chapelle du Roi. Il obtint sa retraite, et en 1822 une pension. Il occupa ses loisirs par divers concerts, et mourut, à soixanteseize ans, le 26 septembre 1849.
Parmi les compositions de Baudiot il faut mentionner en plus de sa Méthode : deux concertos pour violoncelle (Paris, Frey) ; deux concertinos pour violoncelle (Paris, Pleyel) ; deux œuvres de duos pour deux violoncelles ; trois nocturnes pour violoncelle et harpe (Paris, Pacini) ; deux œuvres de sonates pour violoncelle avec basse (Paris, Pleyel, Nadermann).
Parmi les élèves de Baudiot il faut citer Rousselot, Blachier et Norblin.
Rousselot (Scipion). On ignore la date de sa naissance et de sa mort. Il fut élève de Baudiot, obtint un premier prix au concours de 1823 ; il étudia ensuite l’harmonie avec Reicha et ne tarda pas à se faire connaître par la production de plusieurs morceaux de musique de chambre et de musique symphonique. En 1834, les concerts du Conservatoire exécutaient une symphonie de Rousselot ; elle produisait un bon effet et démontrait un musicien instruit et bien doué.
Il s’est fixé en Angleterre.
Blachier (Ali). Amateur de musique, quitta le Gard, son pays natal, pour venir à Paris où il étudia le violoncelle dans la classe de Baudiot, le
cor dans la classe de Dauprat et l’harmonie sous la direction de Rousselot. 11 revint ensuite se fixer à Nîmes où il composa quelques œuvres qu'il fit exécuter.
Aimon (Pamphyle-Léopold-François). Né à l'Isle, département de Vaucluse, le q octobre 1779, reçut de son père, violoncelliste du comte Rantzau, les premières leçons de musique. Il fit de rapides progrès et il dix-sept ans il dirigeait l’orchestre du théâtre de Marseille. Il fut plutôt chef d’orchestre que violoncelliste.
Benazet (Bernard). Né à Toulouse en 1781, fut élève de Romberg au Conservatoire de Paris et occupa ensuite pendant longtemps le poste de violoncelle au Théâtre Italien. 11 eut pour élève Elise Christiani.
Norblin (Louis-Pierre-Martin). Naquit à Varsovie le 2 décembre 1781. Sa mère était Polonaise ; son père, Français, Jean-Pierre Norblin de la Gourdaine, peintre distingué, était établi, depuis 1772, dans la capitale de la Pologne. Le jeune Norblin n’eut pas de goût pour les pinceaux et préféra l’archet. En 1798, il vint à Paris, au Conservatoire, élève de Baudiot, et obtint le premier prix au concours de l’tin IX.
En 1809, il fut attaché à l’orchestre du Théâtre Italien ; en 1811, â celui de l'Opéra (il y fut violon-
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celle solo jusqu’en 1841), et en 1826 il lut nommé professeur au Conservatoire, succédant a Levasseur, qui prenait sa retraite. Norblin lut un virtuose remarquable, dont on apprécia tout à la fois la belle sonorité, le goût et le style. Le violoniste Baillot était son intime ami et tenait beaucoup à l'avoir pour accompagnateur ; aussi, Norblin lit-il partie pendant de longues années du « Quatuor Baillot », dont les séances furent renommées dans toute l’Europe. Norblin se fit entendre avec succès aux Concerts spirituels. En 1828, il fut de ceux qui prêtèrent un concours très efficace à Ilabeneck pour la création de la Société des Concerts du Conservatoire ; il en fit partie pendant dixneuf ans.
En 1846, il prenait sa retraite de professeur ; il mourut le 14 juillet 1854, au château de Connautre (Marne).
Ses principaux élèves sont : llainl, Chevillard, Battanchon, Seligmann, Dancla, son fils Emile et Jacquard.
Vaslin. Au même temps que Norblin, Vaslin fut professeur de violoncelle du Conservatoire. Il occupa ce poste trente-deux ans, de 1827 à 1859.
C’était un excellent professeur, d’une extrême originalité.
On n’a pas d’autres détails sur sa vie.
Parmi ses élèves il faut citer: Tolbecque, Battanchon, Offenbach et Lebouc.
Norblin (Emile). Né à Paris le 2 avril 1821, fut, au Conservatoire, l’élève de son père ; il eut le premier prix en 1841, étudia la composition avec Halévy. S’étant consacré à l’enseignement, c’est plutôt comme professeur que comme soliste qu’il est connu. Il est mort à Paris le 18 août 1880.
Corrette (Michel). Naquit à Saint-Germain et fut organiste du grand collège des Jésuites de la rue Saint-Antoine. Il avait ouvert une école de musique, mais, malgré ses efforts, il ne put faire faire de grands progrès à ses élèves. C’est pourquoi ceux-ci furent surnommés, par quelque malicieux musicien de Paris, « les anachorètes » (lesâwesà Corrette).
Sans être violoncelliste, Corrette publia, en 1761, à Paris, une Méthode théorique et pratique pour apprendre le Violoncelle en peu de temps.
C*est pour cela que son nom est mentionné ici.