CHEVILLARD
Chevillard (Pierrc-Alexandre-François). Est ne à Anvers le 15 janvier 1811. Il reçut les premières notions de musique dans cette ville et vint plustard au Conservatoire de Paris étudier le violoncelle avec Norblin : il eut le premier prix en 1827. 11 suivait aussi les cours d’harmonie et de composition. 11 fut d’abord violoncelle solo au théâtre du Gymnase ; puis, en 1831, au Théâtre Italien.
Ce qui fait surtout la gloire de Chevillard, c’est l’interprétation des quatuors de Beethoven.
« Au moment où Chevillard débutait dans sa carrière, en véritable artiste, dit F élis, les derniersquatuors de Beethoven venaient d'ètre publiés à Paris ; il en fit l’essai avec quelques amis récemment sortis comme lui des classes du Conservatoire. Mais leurs talents n’étaient pas mûrs pourune telle musique : ils la déclarèrent non seule-
ment inintelligible, mais inexécutable. Chevillard seul n otait pas convaincu. Quelques années se passèrent ; puis il recommença l’épreuve avec d autres artistes plus habiles, mais à qui il manquait la persévérance et la foi dans la valeur de ces œuvres, si différentes de toute autre musique. Le découragement fut encore le résultat de l’entreprise. Enfin, Chevillard eut l’occasion d’entendre •Maurin, et reconnut aussitôt dans cet élève de Baillot les qualités nécessaires pour réaliser son rêve. Sabattier, violoniste distingué, et Mas, talent de premier ordre’ Sur l’alto, complétèrent cette association d’artistes dévoués, qui se mit immédiatement a l’œuvre. Etudiant avec un soin religieux les plus vagues indications de la pensée du grand homme, et s’efforçant d’en pénétrer le sens, ils ne se bornèrent pas, dans leurs études, à chercher l’exactitude la plus rigoureuse de l’exécution : tous avaient compris que l’accent expressif du sentiment intime de chaque phrase pouvait seul en révéler la signification, et cet accent devint l'objet suprême de leurs efforts. S’excitant mutuellement, ils atteignirent enfin leur but et parvinrent à l’exécution la plus finiei et la plus poétique des dernières émanations du génie de Beethoven. Quelques amis, en petit nombre, parmi lesquels Berlioz, Sthephen Heller, Gathy et Mme Viardot, furent admis aux séances du quatuor beethovien, chez Chevillard, mais bientôt les amis en amenèrent -d’autres et le logement de l’artiste finit par être
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encombré. Le moment était venu pour faire 1 expérience sur un public intelligent de l’effet des derniers quatuors de l’illustre maître, rendus avec une perfection jusqu’alors inouïe : elle eut lieu dans la salle Pleyel. L’impression fut profonde, l’admiration se partagea entre les beautés colossales de ces œuvres et l’exécution admirable qui les révélait ; il s’y mêla, comme cela s’était vu précédemment et comme cela sera toujours, de vives critiques contre les teintes vagues, l'excès des développements et certaines associations harmoniques où le sentiment tonal est blessé ; mais, en résultat, l'expérience tentée par Chevillard et ses dignes collègues fut une victoire dont l’éclat s'est augmenté chaque année depuis lors. Fiers à juste titre de leur mission, ces dignes artistes ont osé étendre le cercle en parcourant l’Allemagne à deux reprises dans les années 185^ et 1856 : le succès a couronné leur courageuse entreprise, et Cologne, Francfort, Darmstdadt, Hanovre, Leipzig et Berlin ont retenti des éloges et des applaudissements prodigués à l’interprétation la plus parfaite qu’on eût jamais entendue de la musique d ensemble la plus difficile qui existe. »
En 1859, Chevillard fut nommé professeur de violoncelle au Conservatoire, succédant à Vaslin ; il mourut en 1877.
Il a écrit une Méthode complète de violoncelle contenant la théorie de l’instrument, des gammes, leçons progressives, études, airs variés et leçons
pour chacune des positions. Il publia un concerto pour violoncelle et orchestre, un quatuor pour deux violons, alto et basse, et quinze mélodies, morceaux développés pour violoncelle et orchestre et piano d’un genre nouveau dans lesquels l’orchestre ou le piano n’ont pas un simple rôle d’accompagnement mais concourent à l'intérêt de la composition.
Battanchon (Félix). Né à Paris le q avril 1814, travailla le violoncelle avec Vaslin et Norblin. En 1840, il fut attaché à l’orchestre de l’Opéra. Il remporta de brillants succès artistiques, soit aux concerts de Paris, soit dans les autres tournées en France et particulièrement en Bretagne.
En 1846, il avait fait fabriquer un instrument tenant le milieu entre l’alto et le violoncelle et l’avait appelé Baryton. Il en jouait admirablement, mais cela ne suffit pas à mettre en vogue cette nouveauté.
Battanchon est mort à Paris en juillet 1893 après avoir publié : Trois Etudes en double corde pour violoncelle (Paris, Richault) ; Airs bretons pour violoncelle et piano (id.) ; Deux Mélodies pour violoncelle et piano (Leipzig, Ilofmeister) : 24 (Etudes pour violoncelle adoptées pour l’enseignement au Conservatoire de Paris.
Seligmann (Hippolyte-Prosper). Né à Paris le 28 juillet 1817, commença ses études au Conserva-
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toirc, à l'age de douze ans, fut élève de Norblin pour le violoncelle et eut le I er prix pour cet instrument au concours de 1836. Il étudia ensuite la composition avec Halévy, mais se retira sans avoir pris part au concours, Seligmann passa presque toute sa vie en tournées artistiques dans le midi de la France, en Italie, en Espagne, Algérie, et plus tard en Belgique et en Allemagne. Malgré tous scs voyages, il trouva le temps d'écrire beaucoup pour son instrument, mais ce ne sont la plupart du temps que des fantaisies, des divertissements, des caprices sur des thèmes d’opéras : le Domino nov\ le Lac des Fées , etc...
Il a écrit aussi six études caractéristiques pour violoncelle et piano (Paris, Lemoine).
Seligmann s’est essayé dans la critique musicale et a donné quelques articles à divers journaux.
Il possédait une splendide basse Nicolas Amati grand patron de la plus belle qualité. Il est mort a Monte-Carlo, près Monaco, le 5 février 1882.
Offenbach (Jacques). Né à Cologne en 1819, fut élève de Vaslin, à Paris. Il essaya de se faire connaître comme violoncelliste, mais sans succès, car son exécution manquait de fermeté. Il se lança dans l’opérette et y trouva le succès et une grande célébrité.
Il avait écrit auparavant des duos pour deux violoncelles, assez progressifs. Les premiers font les
délices des jeunes amateurs, car ils sont faciles. Les derniers sont assez difficiles.
Offenbach mourut le 5 octobre 1880.
Dancla (Arnaud). Né à Bagnères-de-Bigorre le i cr janvier 1820 et mort dans la même ville en 1862, lut élève de Norblin au Conservatoire de Paris et eut le I er prix de violoncelle en 1840.
11 se fit particulièrement remarquer par le fini de son jeu dans le quatuor.
Il a composé: Etudes pour violoncelle, deux livres de duos pour deux violoncelles. Il a écrit une méthode intitulée le Violoncelle moderne.
Lebouc (Charles-Joseph). Né à Besançon le 22 décembre 1822, montra de bonne heure d'heureuses dispositions pour la musique et fit d’excellentes études au Conservatoire de Paris. Il fut élève de Vaslin et de Norblin pour le violoncelle ; de Collet et d’Halévy pour l’harmonie. En 1844, il obtint le I er prix de violoncelle, le I er prix d’harmonie et un 1" accessit de fugue.
Lebouc se fit remarquer, comme professeur, en publiant une Méthode complète et pratique du violoncelle, et en même temps comme virtuose. En 1844, il entra a l’Opéra jusqu’en 1848. Elu membre de la Société des concerts du Conservatoire, en 1842, il en a été secrétaire dans les années 1856 et 1860.
Il a écrit diverses fantaisies sur des motifs d’opéras.
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Jacquard (Léon-Jean). Né à Paris le 3 novembre 1826, lit ses études à Pont-le-Voy et travailla le violoncelle avec IIus-Desforges retiré dans cette ville. A la mort de cet artiste, Jacquard continua avec Levacq et fut admis à la classe de Norblin. Il eut le I er prix en 1844. Son talent méritait d’être apprécié.
En 1855, lorsqu’il fonda avec Armingaud, Mas et Sabatier une société de musique de chambre, sa réputation s’établit solidement et l’on remarqua le style élégant, la belle sonorité, le jeu expressif de cet artiste dans la musique de chambre.
Il était déjà membre de la Société des Concerts du Conservatoire, lorsqu’en décembre 1877, il fut nommé professeur de violoncelle dans cet établissement à la mort de Chevillard ; il a publié un certain nombre de morceaux de genre pour son instrument.
Il est mort le 27 mars 1886, apres huit ans de professorat.
Jacquard (Louis-Auguste), Irère du précédent, violoncelliste comme lui ; né à Pont-le-Voy en 1832, a été élève de Franchomme au Conservatoire, où il eut le I er prix en 1852.
Christiani (Elise). Naquit à Paris le 24 décembre 1827, reçut des leçons de Benazet. Sa première audition, dans un concert de la Salle Hertz, en 1845, fut un vrai triomphe, si bien que ses parents
:se décidèrent à la faire voyager. En Allemagne, ►elle se fit applaudir à Vienne, Lintz, Ratisbonne, Baden-Baden, Leipzig, Berlin et Hambourg. A cette ville, elle eut un tel succès, que son portrait fut lithographié pour satisfaire les demandes des amateurs de musique. Durant cette tournée artistique, Mendelssohn l’entendit et composa pour elle : Romance sans paroles (violoncelle et piano).
A Saint-Pétersbourg, elle entendit parler d’un voyage hardi et fructueux que Servais avait fait dans lés parties septentrionales de la Russie. Elle eut l’idée de le faire à son tour, mais c’était, pour sa frôle constitution, un voyage téméraire. Elle mourut en cours de route, de fatigue et de froid, à Tobolsk, en Sibérie. Elle n’avait que vingt-six ans. Elle laissait un Stradivarius magnifique dont les habitants n’apprécièrent peut-être pas la valeur.
Lasserre (Jules). Né le 29 juillet 1838 à Tarbes, fut premier prix de violoncelle au Conservatoire de Paris en 1855. Il fit de nombreux voyages artistiques en France et en Espagne. En 1869, il se fixa à Londres où il fut violoncelle solo du Musical-Union et de l'orchestre Costa.
Rabaud (Hippolyte-François). Né à Sallèlesd’Aude (Aude) le 29 janvier 1839, fut élève de Franchomme en 1855 et eut le i er prix au concours en 1861. Il fut pendant une trentaine d’années violoncelle solo à l’orchestre de l’Opéra et membre de la
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Société des concerts du Conservatoire. Il forma un quatuor avec Taudou, Desjardins et Lefort. En 1886, il fut nommé professeur au Conservatoire ; c’était un artiste consciencieux. Il est mort le 20 avril iqoo.
Parmi ses élèves on peut citer Touche.
Rabaud a écrit divers morceaux de genre pour violoncelle et une Méthode de violoncel'e. Cette méthode a cette particularité qu’après les morceaux en i re position elle met immédiatement divers coups d’archet assez compliqués. Cela a l’avantage, selon les uns, d’exciter l’élève au travail ; cela a l’inconvénient, selon les autres, de rebuter l’élève et de le décourager. Le reste de la méthode est assez intéressant.
Delsart (Jules). Né à Jolimctz le 24 novembre 1844, mena de front ses études littéraires et musicales à Valenciennes ; il commença son droit, mais attiré par la musique il vint a Paris en 1862 au Conservatoire (classe Franchomme) ; il eut le premier prixprix en 1866. Il se fit entendre dans les principales villes de Hollande, d Autriche, d’Angleterre. 11 a succédé à Franchomme, au Conservatoire de Paris, en 1884.
Cet artiste avait un jeu plein d'élégance et de charme. 11 jouait très bien de la viole de gambe ; il a fait partie de la Société des Instruments anciens et a organisé plusieurs séances de musique ancienne jouée avec les instruments de l’époque.
Il s’est fait entendre dans les Concerts du Conservatoire, Lamoureux et Colonne. 11 a été chevalier de la Légion d’honneur et est mort le 3 juillet 1900. Il a fait quelques arrangements et a écrit quelques pièces pour violoncelle.
Il eut pour élèves Abbiatte, Schidenhelm, 1 lasselmans, Feuillard, Fournier et Bazelaire.
Barbot (Jean-Pierre-Gaston). Né à Toulouse le 3 juin 1846, fut à la fois pianiste et violoncelliste. Son père commença à lui apprendre le piano.
Après avoir eu le premier prix de violoncelle au Conservatoire de Toulouse, à quatorze ans, il entra au Conservatoire de Paris (classe Franchomme) et eut son premier prix à dix-sept ans. Il travailla en même temps le piano avec Marmontel. Durant la guerre de 1870, il quitta l’archet pour le fusil et entra dans la garde mobile.
11 fit, en 1872, une tournée artistique en Belgique, en Hollande, et vint se fixer à Carcassonne, où il vit sa réputation de professeur grandir bien vite.
Il y est mort le 30 novembre 1905.
Barbot était le beau-frère de Paul Mounet et de Mounet-Sully, car ses deux sœurs avaient épousé ces deux artistes.