VIOLONCELLISTES FRANÇAIS MODERNES
Nous citerons par ordre chronologique les divers violoncellistes modernes vivant actuellement en France, soit à Paris, soit en province.
Ces notices biographiques sont trop courtes par rapport aux mérites de ces virtuoses, mais les proportions de ce volume nous obligent à être concis.
A Paris
Hollman (Joseph). Est né à Maestricht (Hollande) en 1852. Il fit ses études musicales sous la direction de Servais et put d'autant mieux profiter de ses leçons qu'il était, à cette époque, Tunique élève de ce grand maître. Hollman sortit plusieurs fois lauréat du Conservatoire de Bruxelles. Il fit plusieurs tournées en Europe, fut engagé pour une série de concerts en Amérique où un succès sans précédent décida définitivement de sa célébrité.
Aujourd’hui, Hollman s’est fixé à Paris. 11 va souvent en Angleterre : à Londres, en particulier, il ne se passe pas une seule saison sans qu'il soit invité à se faire entendre dans les principales sociétés de concerts anglaises.
Joseph lïollmann a le titre de violoncelliste de
la Cour de Hollande, il est officier de la Couronne du Chêne, chevalier de la Couronne de Mecklembourg-Strelitz, titulaire des plus hauts ordres de Saxe-Cobourg et du Portugal, chevalier de la Légion d’honneur. Partout où il est passé, on a tenu à récompenser son remarquable talent.
Le jeu d’IIollman est large, sa sonorité très grande et son exécution pleine de fantaisie,
Ilollman a publié divers morceaux pour violoncelle et piano (Le Rouet, Romance, Mazurka, Rêverie, Pizzicati de Sylvia (Délibes), Gavotte), six pièces (Novello, Londres) ; 2' concerto (Schott), Andante et Allegro (Ifeugel), Chanson d’Amour, Ritournelle pour chant, violoncelle et piano.
Loeb (Jules-Léopold). Né le 13 mai 1852, à Strasbourg. suivit dans cette ville les cours de solfège et de violoncelle. Admis à l’âge de quinze ans à la classe de violoncelle d’Alexandre Chevillard, au Conservatoire de Paris, il obtint le premier prix en 1872. Il est aussi pianiste. Après concours, admis à l’orchestre de l’Opéra et à la Société des Concerts du Conservatoire, il fut plus tard nommé premier violoncelle dans ces orchestres. Il fit plusieurs tournées de concerts, notamment avec le pianiste Planté; il a fait partie du Quatuor Marsick. Le 1" ) uin 19 00 » il fut nommé professeur de son instrument au Conservatoire de Paris : il occupe depuis lors cette place où il a formé de bons élèves auxquels il s’efforce de donner sa belle sonorité et
SES VIRTUOSES : FRANCE
son beau style. Loeb est l’auteur d’un cahier de Gammes et Arpèges (Costallat, éditeur, Paris) et de nombreux arrangements.
Parmi les bons élèves de Loeb, il faut citer Mme Caponsachi, Bcdetti, Rosoor, Ringeisen, Jamin.
Cros Saint-Ange. Né à Castres (Tarn) le 11 septembre 1855, commença ses études au Conservatoire de Toulouse où il obtint à neul ans un prix spécial d’encouragement : il les continua à Marseille sous la direction de Tolbecque et les acheva a Paris avec Franchomme, obtenant en 1870 le premier prix sans partage.
De 1872 à 1875, Cros Saint-Ange voyagea beaucoup dans le midi de la France et en Angleterre où il se fit entendre plusieurs fois aux Grands Concerts syrrtphoniques et populaires de S* James-Hall, du Cristal Palace, à Oxford et au palais de Windsor.
Rappelé en France par le service militaire, il se fixa à Paris qu’il ne quitta plus ; sa réputation et sa situation s’établissant rapidement comme professeur et comme virtuose.
A la mort de Franchomme,il fit partie du Quatuor Alard, plus tard des derniers Grands Quatuors de Beethoven interrompus par la mort de Maurin, et ensuite de la Société des Concerts du Conservatoire et s’y fit entendre avec succès dans le Concerto en ré mineur de Lalo.
11 fit aussi partie du Quatuor Nadaud.
A la mort de Delsart, il lui succéda comme pro-
iesseur de violoncelle au Conservatoire de Paris où il continue, par son talent, sa méthode, scs brillantes qualités, les grandes traditions de l’Ecole française. Sa grande bonté lui assure l'affection et l’estime de tous ses élèves.
Parmi ses bons élèves il faut citer : Umberto Lenedctti, Mas, \ augeois, Laggé, M 1,cs Clément et Soyer, Lopès et Marcel Casadesus.
Marthe (Raymond-François). Né à Tarbes le 15 mars 1858, commença ses études musicales à Bordeaux avec le violoncelliste Lejeune, élève de F. Servais. Entré au Conservatoire de Paris en 1875 (classe I ranchomme), il en sortit en 1878 premier prix ex-æquo avec Antoine IlekKing. Entré par concours, en 1877, ù l’orchestre de l’Opéra, il y reste jusqu’en 1889. A la mort de Delsart, Marthe ht partie de la Société des Concerts du Conservatoire ; depuis 1889, >• s’est consacré au professorat, ce qui ne 1 empechc point de faire des tournées dans diverses villes de France. En parcourant les programmes de ses concerts, on peut constater, par le choix des morceaux, que Marthe cherche moins le succès personnel que l’intérêt musical.
Liégeois (Cornélis) (i). Né a Namur (Belgique) le 25 mars 1860, a commencé ses études musicales
(1) Mon maître et collaborateur Liégeois m’avait défendu de publier sa biographie, mais je me suis bien gardé de lui obéir et j ai tenu à lui faire ici la place qu'il mérite parmi les virtuoses parisiens. E.K.
ses virtuoses : erance
sous la direction du maître de chapelle de la cathédrale: il joua quelque temps du violon qu’il délaissa pour le violoncelle. 11 eut comme premiei professeur Jacquet, directeur de l’école de musique de Namur, et à seize ans il entrait au Conservatoire de Bruxelles, dans la classe d’Isidore Deswert, et un an plus tard dans la classe de Servais (Joseph).
En 1879, il remporta le 1" prix avec grande distinction et le i" prix de quatuors sous la direction d'il. Vieuxtemps, le célèbre violoniste.
En 1880, il entre à l’Opéra de Bruxelles; en 1881, il part pour la Hollande; en 1882, il est engagé comme soliste du célèbre orchestre Bilsc, à Berlin, où il reste trois ans sans voir diminuer ses succès.
U fit ensuite dans toute l’Allemagne et la Hollande deux tournées de cinq mois chacune. En 1885, il débuta à Paris soliste des Concerts Lamoureux et y lit entendre pour la première fois Kol Nidreï de Max Bruck, qui fit grande impression.
Ayant définitivement abandonné l’orchestre, il a fait plusieurs tournées dans les principales villes de France, de Belgique, de Hollande, d’Allemagne et d’Espagne.
En 1909, il joue le Concerto de Saint-Saëns aux concerts du Conservatoire de Paris, les Variations de Boellmann chez Chevillard, et en 191c Concerto de Schumann également chez Chevillard. Il lit partie du quatuor qui joua la première fois, le 10 avril 1890, le Quatuor de César Franck.
Fixé à Paris depuis vingt-cinq ans, Liégeois,