ROMBERG
Romberg (Bernard). Fut un des plus célèbres violoncellistes allemands. 11 naquit à Dinklage, près de Munster, probablement vers 1772. Son maître est inconnu : il est plus que probable que ce fut un membre de la chapelle de Munster. Bernard ne dut sans doute son beau talent, admiré de toute l’Europe, qu’à lui-même. Tout jeune, il obtint déjà du succès. Après avoir vécu quelques années à Bonn, il partit à l’approche de l’armée française, alla s’établir avec sa famille à Hambourg et fit partie de l’orchestre du théâtre en qualité de premier violoncelliste.
Trois ans plus tard, il voyagea avec succès en Italie et en 1799 en Angleterre, en Portugal et en Espagne. Il vint en France en 1800. Après le succès qu'il obtint à Paris aux concerts de la rue Cléry et du théâtre des Victoires, il fut nommé professeur au Conservatoire de cette ville en 1801. Duport étant alors à Berlin et Lamare en Russie, Romberg se trouvait être le plus important violoncelliste de Paris : on l'admirait pour le fini de son exécution, mais Duport avait plus de sonorité et Lamare plus de finesse.
Il ne demeura-que deux années professeur et retourna à Hambourg jusqu’en 1805. Il fut appelé,
par le roi de Prusse, en qualité de soliste de la chapelle royale. En 1806, les événements de la guerre l’obligèrent à quitter cette position pour voyager à Prague et a Vienne. 11 revint à Berlin en 1810, puis se fit entendre en Silésie, en Pologne, en Russie, à Stockholm, en Hollande et en Belgique. 11 retourna en Russie, y séjourna deux ans et en 1827 se fixa définitivement à Berlin. En 18^0, il se fit entendre dans quelques salons parisiens. Voici ce qu’en rapporte un témoin : « Je l’ai entendu à cette époque et j’ai pu constater qu’il n’existait plus rien du beau talent que j’avais admiré à Paris trente-huit ans auparavant. Un son faible, un jeu timide, des intonations douteuses, un archet débile avaient pris la place des grandes qualités de l’artiste d’autrefois. C’était un triste spectacle que celui du vieillard qui ne voulait pas finir avec ce qui le quittait et qui semblait se plaire à porter de mortelles atteintes à sa belle renommée. »
Il n’en reste pas moins l’un des chefs de l'école du violoncelle. Il fut pour le violoncelle ce que Viotti fut pour le violon. « Il sut approprierai! mécanisme du violoncelle, dit Vidal, une science tellement méthodique que, depuis lors, si les effets et le.style ont pu varier en raison de la diversité des temps, personne ne porte plus loin la connaissance parfaite des ressources de l’instrument pour lequel il a écrit. Aujourd’hui tous les violoncellistes ont commencé leurs études et les terminent par les œuvres de Romberg. »
SES VIRTUOSES ! ALLEMAGNE
Une phrase résume la vérité de cette observation.
En 1820, Romberg joua à Vienne avec le violoncelliste Bohrer, qui était d’une habileté surprenante : on entendit cette réflexion : « Bohrer joue pour le salon et Romberg joue pour l’immortalité. »
Romberg mourut en 1841.
Ses compositions sont nombreuses et admirablement écrites pour l’instrument. Ses dix concertos ont la forme classique et sont d'une grande utilité pour l’étude du violoncelle. Même à notre époque, un violoncelliste digne de ce nom doit connaître ces œuvres. Romberg, après Bocchcrini, n’employa plus que trois clefs pour écrire ses compositions.
En dehors des dix concertos, il écrivit des fantaisies , des duos faciles et difficiles, une Elégie qu’on peut considérer comme concerto et d’autres morceaux moins importants. 11 existe aussi une Méthode , mais elle n’est plus employée. Editée chez Lemoine (Paris), il est lort probable qu'elle n’est plus en vente.
Prell (Nicolas). Né le 0 novembre 1775, à Hambourg. et mort le 18 mars 1849, fut le père de :
Prell (Auguste). Né le i cr août 1805, mort le 3 septembre 1885, fut élève de Rombefg. A douze ans, il se faisait entendre en public. Il fut nommé soliste de la chapelle de Hanovre en 1824 et y resta jusqu’en 1869. Il possédait un superbe Amati qui passa ensuite aux mains de Grützmacher.
Mangold (Auguste-Daniel). Né à Darmstadt le 25 juillet 1775, étudia d’abord la clarinette qu’il abandonna pour le violoncelle. Il entra à l’orchestre du théâtre de F- rancfort. Après un voyage en Allemagne et en I Iollande, il fit partie de la chapelle de Darmstadt en 1814. 11 mourut en 1842 avec le titre de maître des concerts de cette chapelle.
Kraft (Nicolas). Né en Hongrie, le 14 décembre 1778, se fit entendre, dès l’âge de six ans, en présence du prince Esterhazy, dans un Concerto que son père avait composé pour lui, et à huit ans fit une tournée en Autriche et en Allemagne en compagnie de son père : son talent précoce fut fort admiré. Le prince Lobkowitz, s’intéressant à son talent, l’envoya à Berlin étudier avec Duport. Ses progrès furent rapides; il se fit entendre avec grand succès avant de quitter Berlin en 1802. Il voyagea ensuite en Hollande et en Allemagne : en 1809, il fut nommé soliste de l’orchestre de l’Opéra impérial à Vienne. Il reçut une pension viagère du prince Lobkowitz, sous condition de ne plus se faire entendre que dans le palais de son bienfaiteur.
Il eut l’occasion de jouer quelques morceaux devant les princes alliés, en 1814. Le plaisir qu’en eut le roi de Wurtemberg fut si grand qu’il offrit à Kraft de grands avantages jusqu’à la fin de sa vie, s’il voulait faire partie de sa chapelle. Ayant accepté, Kraft se fixa à Stuttgart en qualité de soliste de la chapelle royale. En 1818, il voyagea avec
SES VIRTUOSES : ALLEMAGNE
le célèbre pianiste Hummel et se rendit à Hambourg, où se trouvait Romberg. 11 eut l’occasion de jouer avec celui-ci dans un concert, à Stuttgart, une symphonie concertante pour deux violoncelles Plus tard, il voyagea avec son fils. S’étant blessé l’index de la main droite, il dut renoncer à jouer de son instrument. En 1834, il prit sa retraite avec une pension, et mourut à Stuttgart le 18 mai 1853. Il avait fait partie du Quatuor Schuppanzigh. Cet artiste a publié : des Concertos et des Fantaisies ; trois Duos faciles et d’autres difficiles: des fantaisies avec accompagnement de quatuor.
Son fils Kraft (Frédéric), né à Vienne en 1807, appartenait à la chapelle de Stuttgart.
Moralt (Philippe). Né à Munich en 1780, mort dans cette ville en 1829, a fait partie de la chapelle de la ville et aussi du Quatuor des Frères Moralt , qui fut très applaudi à Munich et partout où il se lit entendre.
DOTZAUER
Dotzauer (Just). Ce violoncelliste, qui fut assez célèbre, est né le 20 juin 1783, près de Ilildburghausen. Son père, pasteur instruit et avisé, lui fît donner une bonne éducation musicale : le jeune Just jouait du piano, du violon et du violoncelle. En 1799. il alla à Meiningen étudier avec Kriegck. Deux ans plus tard, il fît partie de la chapelle
. cle Cobourg, et en r8o5 de l'orchestre de Leipzig.
En 1806, ayant entendu B. Rombergà Berlin, il décida de perfectionner son talent sous la direction d un tel maître. En 1811, il quitta Leipzig pour faire partie de la chapelle royale, a Dresde. On représenta à cette ville, en 1841. un opéra de sa composition : Graziosa. Il mourut le 6 mars 1860.
Ses compositions sont nombreuses, mais on ne joue guère de lui qu'un cahier d’études : elles sont d’une certaine utilité, mais manquent d'intérêt artistique. On joue aussi quelques Duos faciles.
Il eut pour élèves : Schuberth, Voigt. Drcschler et son fils.
Son fils Char les-Louis, né en 1811, fut son élève. Après avoir fait quelques tournées avec son père, il entra à la chapelle du prince Hesse-Cassel.
Linke (Joseph). Né le 8 juin 1783, en Silésie, reçut les premières leçons de musique de son père et les leçons de violoncelle de Lose et de Flemming. En 1808, il partit pour Vienne, où il lit partie de l’orchestre du prince Rasumoffsky. Là, il connut Beethoven et reçut de lui-même les indications sur l’exécution de la musique de ce grand génie. Il lit partie du Quatuor Schuppanzigh , qui excellait dans l'exécution des œuvres de Beethoven. En 1818, il était soliste au théâtre An der Vien , puis fut ensuite admis, comme violoncelliste, à l'orchestre de l’Opéra de la cour, où il eut pour compagnon de pupitre Merk. 11 mourut le 26 mars
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1837. Ses compositions n’ont pas eu beaucoup de vogue.
Kelz (Jean-Frédéric). Né le 11 avril 1786 a Berlin, violoncelliste de second ordre, lit partie de la chapelle du duc de Brunswick, puis de la chapelle royale de Berlin. 11 est mort en 1862. Ses compositions n’ont pas grande valeur.
Birnbach (Henri-Auguste). Né à Breslau en 1788, travailla avec Antoine Kraft et fit partie de la chapelle du prince de Lubomirsky, et ensuite du théâtre royal. 11 voulut se rendreen Russie lorsque la guerre éclata. En Hongrie, il ne put obtenir de passeport et dut rester comme violoncelliste à Pcsth. Il retourna à Vienne dans la suite et apprit à jouer avec habileté d'une guitare spéciale. Il est retourné à Berlin, où il est mort.
Voigt (Charles-Louis). Né à Zeitz en 1792, élève de Dotzauer, est mort à Leipzig le 21 février 1831. Rien d’intéressant sur cet artiste, dont les compositions ne sont pas remarquables.
Marx (Joseph-Mattern). Etait à la fois pianiste et violoncelliste. Il naquit à Wurtzbourg en 1792. Il se fit entendre à Vienne avec succès et reçut des leçons de Merk. 11 fit partie de la chapelle à Stuttgart et fut soliste à celle de Carlsruhe. Il mourut le 11 novembre 1836. On a publié de lui : un Ada-
gio et une Polonaise pour violoncelle et orchestre, et clés chants pour quatre voix d’hommes.
Romberg (Cyprien). \é à Hambourg le 28 octobre 1807, est le neveu du célèbre Bernard Romberg, dont il fut 1 élève : il se lit entendre en Allemagne, en Hongrie, en Bohème, puis se fixa à Saint-Pétersbourg, où il fut attaché à la musique de l’empereur. Il est mort le 14 octobre 1865, en se baignant dans 1 Flbe. Il a publié un Concerlino et une Fantaisie.
Huttner (Jean-Népomucène). Né en 1793, élève de Zimmermann, lit partie de l’orchestre de Pesth, puis de celui de Lemberg. Il voyagea en Pologne et en Russie et fut nommé professeurau Conservatoire de Prague. 11 jouait avec beaucoup de sentiment et se distinguait surtout dans la musique de chambre.
MERK
Merk (Joseph). Fut un excellent violoncelliste. Cet artiste, né a Vienne le 18 janvier 1795, commença l’étude du violon et joua même dans un concert. Mordu cruellement aux deux bras par un chien, il ne put après cet accident plier le bras gauche pour tenir le violon : il abandonna cet insti ument pour jouer du violoncelle. Son premier professeur fut Schindlœcker.
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Après une année, il avait fait de tels progrès qu’il fut engagé chez un magnat de Hongrie pour les quatuors : il y resta deux ans, puis se fit entendre en Bohème, en Hongrie et en Autriche. Après quelques années, il retourna à Vienne en qualité de soliste. En 1823, le Conservatoire de Vienne fut fondé et Mcrk fut appelé à y enseigner. On lui accorda le titre de « Virtuose de la chambre impériale ». 11 se fit alors entendre dans toute l’Allemagne, et aussi à Londres. Cet excellent artiste est mort à Vienne le 16 juin 1852.
On a publié de sa composition : Concerto pour violoncelle et orchestre, Concertino, des Variations ; Divertissement sur des thèmes hongrois ; vingt Exercices et six Etudes.
Autrefois on jouait beaucoup de ses compositions ; aujourd’hui on ne joue que les Exercices.
Les élèves de Merk sont : Bohm, Trag. .Marx,, et Franco-Mendès.