‹ Le violoncelleChapitre 31 sur 55 · COUP D'ŒIL GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

COUP D'ŒIL GÉNÉRAL

Le violoncelle fut introduit en Allemagne au début du xvii« siècle, vers 1710, mais il n’y eut pas de violoncellistes allemands remarquables avant Bernard Romberg. Celui-ci est considéré à juste titre comme l’un des plus grands violoncellistes du monde. 11 montra les ressources du violoncelle et partagea avec quatre ou cinq autres violoncellistes d’autres pays l’honneur d’avoir établi sur des bases solides le jeu du violoncelle.

Lorsque Romberg eut ouvert la voie, l'art du violoncelle se développa en Allemagne d’une façon surprenante. Cela tint particulièrement à deux choses : à la musique des cours princières d’Allemagne et au caractère allemand lui-même.

De nos jours, lorsqu’un enfant est attiré vers la musique, ses parents ne manquent pas de l’en détourner, en lui montrant combien pénible est la carrière musicale : en province, la musique ne nourrit que difficilement son homme, et dans les

grandes villes il faut avoir un talent remarquable pour s’imposer et se faire une situation.

En Allemagne, c’était tout différent au xvm e siècle. Nombreux étaient les princes qui avaient à leur cour des musiciens attitrés. Ceux-ci, logés, nourris, quelquefois même habillés, recevaient un traitement, souvent une pension de retraite, à la condition de jouer en diverses circonstances à la cour.

Aussi n hésitait-on pas à pousser à la musique un enfant qui se sentait quelques dispositions. Il travaillait, entrait à la cour de quelquejprince ; non seulement il avait une position assurée contre les besoins de la vie, mais il trouvait toute facilité pour travailler, pour se perfectionner, pour faire entendre ses premières œuvres : il avait un milieu propice au développement de son talent.

Malgré cela, beaucoup de musiciens restèrent lort ordinaires : ils n’avaient pas le souffle musical; mais nombreux sont ceux qui trouvèrent dans cette situation l'occasion de se faire entendre, timidement d’abord, ensuite avec toute l’assurance que donne le génie encouragé.

On verra, dans l’histoire des violoncellistes qui vont suivre, que beaucoup se sont perfectionnés dans la musique de chambre ou dans les chapelles de quelques cours où ils étaient attachés.

Disons aussi que le tempérament allemand, pondéré, méthodique, fit entreprendre l’étude du violoncelle avec sûreté, lenteur, persévérance.

SES VIRTUOSES ! ALLEMAGNE

La technique de la main gauche, en particulier, s’en ressentit beaucoup, et cette supériorité est souvent signalée dans les biographies de ces violoncellistes (1).

(1) Wasielewski a écrit l’histoire des violoncellistes allemands; on pourrait lui reprocher d’être trop complet : plusieurs notices biographiques n’ont aucun intérêt.

ÉCOLE ALLEMANDE DU XVIII e SIÈCLE

I es musiciens qui vont suivre sont classés par ordre chronologique.

Triemer ( Jean-Sebalde). Né à Weimar dans les premières années du xvm e siècle, étudia d’abord avec Eglenstein. Valet de chambre et musicien du duc de Weimar, il voyagea en Allemagne, lut engagé a 1 orchestre du théâtre, à Hambourg; en 1725, il se rendit a Paris pour étudier la composition avec Boismortier, quitta la France en 1729 et voyagea en Hollande. Après s’étre fixé à Alkmaar, il se rendit à Amsterdam, où il mourut en 1762. Il a composé six solicites avec basse continue, éditées à Amsterdam en 1741.

Riedel, violoncelliste et en même temps maître d’armes, a fait partie de la chapelle de la cour, en Russie, vers 17^0.

Werner. Né à Kommotau, en Bohème, attaché au service du comte de Thun, et à l’église Saint- Nicolas des Jésuites, à Prague, joua le premier violoncelle pendant plusieurs années chez les Frères de la Croix, et mourut à Prague en 1768. Il composa plusieurs concertos (manuscrit).

Baumgartner (Jean-Baptiste). Né en 1723, à Augsbourg, excellent violoncelliste, voyagea beaucoup, se fixa a Amsterdam en 1776, puis partit pour Stockolm. 11 séjourna quelque temps à Hambourg, à Vienne, puis à Eichstadt, où il mourut de phtisie le 18 mai 1782. Plusieurs de ses compositions sont restées en manuscrit. On a édité à la Haye, en 1774, un ouvrage intitulé : Instruction de musique théorique et pratique à l'usage du violoncelle.

Cristelli (Gaspard). Né à Vienne, violoncelliste de la chapelle de l’évèque de Salzbourg en 1757, a laissé quelques compositions. Il se distinguait comme accompagnateur.

Filtz (Antoine). Etait au service de l’Électeur palatin, à Mannheim. Il était surtout compositeur; il a laissé en manuscrit des concertos pour violoncelle et autres instruments. Né en 1725, il mourut en 1760.

Schetky (Christophe-Georges). Néeni740, reçut les leçons de son père et ensuite d’Antoine Filtz, fut au service du grand-duc de Darmstadt. Il séjourna à Londres, s’établit à Edimbourg en 1772. Il mourut, selon Fétis, en 1775 ; selon Grove, en 1824. Ses compositions sont nombreuses : six trios pour deux violons et violoncelle (op. 1), Londres : six duos pour violon et violoncelle (op. 2), Londres; six trios pour clavecin violon et violoncelle (op. 3),

Londres ; six sonates pour violoncelle et basse *(op. 4), Londres ; six duos pour deux flûtes (op. 5), Londres ; six quatuors pour deux violons, alto et basse (op. 6), Londres ; douze duos pour deux violoncelles, avec quelques règles et observations pour jouer de cet instrument (op. 7) ; six duos faciles pour deux violoncelles (Paris, Sieber) ; six sonates pour violon et violoncelle (op. 13), à Londres.

Himmelbauer (Wenceslas). Né en 1725, en Bohème, vivait à Prague en 1764, puis à Vienne, où on le trouve encore en 1782. Il était renommé pour l’énergie de son exécution. On a édité de ce violoncelliste : des duos pour flûte ou violon et violoncelle (op. 1), à Lyon.

11 a laissé d’autres duos en manuscrit.

Karauscheck, qui fit partie de la chapelle de Tour et Taxis, à Regensbourg, fut assez célèbre. Il mourut dans un couvent où il s’était retiré, en

Bischoff (Jean-Georges). Est né à Nuremberg en 1735. On lui attribue : six solos pour son instrument (op. 1) et un Air varié paru à Amsterdam en

Weigl (François-Joseph). Né en Bavière le 19 mars 1740, était au service du prince Estherazy

SES VIRTUOSES ! ALLEMAGNE

et vivait à Eisenstadt, en Hongrie, lorsque Haydn y était maître de chapelle de ce prince. Haydn fut le parrain de son lils aîné, qui devint un compositeur distingué. Weigl fit partie de la chapelle impériale, en 1768, à Vienne, où il mourut le 25 janvier 1820, a l’àge de quatre-vingts ans. Il n’a rien écrit pour le violoncelle.

Mara (Jean). Fils d'Ignace, violoncelliste célèbre à Berlin, naquit en 174.4. Ayant fait, sous la direction de son père, de rapides progrès, il fut violoncelliste à la musique particulière du prince Henri de Prusse. Il épousa une cantatrice de talent, devenue célèbre sous le nom de M mc Mara. Malheureusement, il se livra à l’ivrognerie ; cette funeste passion lui fit perdre scs économies ainsi que la place qu’il occupait. A la fin de sa vie, vers 1808, on le trouve en Hollande, jouant dans les cabarets pour se procurer le moyen de boire.

Il a laissé quelques œuvres en manuscrit.

Rose (Henri). Né à Quedlimbourg en 1743, reçut ses premières leçons de son père. La princesse Amélie, s’intéressant à lui, l’emmena à Berlin en 1756 ; il étudia avec Mara ; en 1763, il entrait au service du prince Anhalt-Bernbourg, et en 1772, il retournait dans sa ville natale. Il était en même temps organiste. On a édité de lui trois solos avec accompagnement de basse.

Reicha (Joseph). Né à Prague en 1746, a fait partie de la chapelle de l’Electeur de Cologne, à Bonn, en 1787, en qualité de maître des concerts et chef d'orchestre du théâtre. Il est mort à Bonn en 1795. Il a eu la réputation d’un violoncelliste de talent, d’un bon chef d’orchestre et d’un compositeur de mérite.

On a édité de lui : six duos concertants pour violon et violoncelle (op. 1) en deux livres (Simrock) ; trois concertos pour violoncelle et orchestre (Offenbach, André) ; Symphonie concertante pour violon et violoncelle (op. 3) (Simrock); trois duos pour violon et violoncelle (op. 4) (Simrock) ; Symphonie à dix parties (op. 5) (Simrock) ; Symphonie concertante pour violon et violoncelle (id.).

Jæger (Jean). Né le 31 août 1748 à Schlitz, fut un violoncelliste de talent en même temps que directeur de la musique du margrave d’Anspack. Plus tard, il fit partie de la chapelle du duc de Wurtemberg. En 1787, Jæger et son fils, âgé de neuf ans et élève de son père, firent un voyage à Berlin. (Son second fils devint aussi un violoncelliste remarquable.) Après un voyage en Hongrie, il s’établit à Breslau. Le plus jeune de ses fils étant engagé à Munich, Jæger, alors âgé de soixante-dix-sept ans, le suivit. Il doit être mort dans cette ville. Ses compositions sont perdues, mais on disait de lui qu’elles montraient un talent original.

SES VIRTUOSES : ALEEMANGE

Scheidler (Jean-David). Violoncelliste au service du duc de Gotha : naquit en 17,48, mourut en 1802. On a publié de lui une suite de petites pièces pour clavecin.

Frédéric-Guillaume II. A Berlin, le violoncelle fut en grande vogue sous le règne de Frédéric- Guillaume II. Celui-ci aimait beaucoup et connaissait bien cet instrument. Le gambiste Hesse lui avait donné les premières leçons. Plus tard, Graziani fut le professeur de l'héritier royal de Prusse. Quand Duport arriva à Berlin, Graziani céda la place. On dit que Frédéric possédait une belle sonorité, du goût et de la vélocité. Beethoven lui a dédié deux Sonates (op. 5).

Fleischmann (Jean-Georges). Né en Russie vers le milieu du xvm c siècle, fut au service du duc de Courlande et, en 1700, entra dans la chapelle du roi de Prusse. Il a écrit quelques œuvres inédites. Il suivit le roi en qualité d’accompagnateur dans sa campagne contre les Français.

Calmus (Martin). Né en 17 19 à Deux-Ponts, a été attaché quelque temps au théâtre d’Althone, avant de se fixer à Dresde. Il a laissé quelques compositions inédites: il est mort à Deux-Ponts le 13 janvier 1809.

Kriegck (J.-J.). Naquit à Briba le 25 juin 1750, joua du violon jusqu’à dix-neuf ans, fit partie en

cette qualité de la chapelle du landgrave de Hesse Philippstadt, qu'il suivit deux fois en Hollande. Il se rendit à Amsterdam, et fut engagé, toujours comme I er violon, à l’orchestre de l’Opéra. En suivant le marquis de Taillefer à Paris, il rencontra Duport et lui prit des leçons de violoncelle. Ses progrès sur cet instrument lui firent abandonner le violon.

Entré comme violoncelliste chez le prince de Laval-Montmorency, il retourna à Meiningen au service du prince. Il vivait encore en 1810. On connaît de cet artiste : quatre sonates pour violoncelle et basse ; trois concertos pour violoncelle et orchestre.

Immler. Est né en 1750 près de Cobourg et a vécu à Gottingen ; on rapporte qu’il avait un joli son et qu’il jouait également du violon.

Eder (Charles-Gaspard). Né en Bavière en 1751, fut appelé, jeune encore, en qualité de premier violoncelliste, à la cour de l’Electeur de Trêves. Il s’est fait entendre avec succès dans les principales villes de l’Allemagne. Il a composé pour son instrument : vingt solos, trois duos, deux trios, quatorze concertos, mais il n’a fait graver que deux symphonies et deux quintettes.

Schindler (J. -G.-Théophile), qui vécut dans la deuxième moitié du xvm e siècle, fit partie de la

ses virtuoses : Allemagne

chapelle de l’Electeur de Mayence en 1793. Ses compositions sont restées en manuscrit.

Grosse (Henri). Fils d’un musicien de la chapelle du roi de Prusse, étudia avec Louis Duport et devint un violoncelliste de talent 11 se lit entendre plusieurs fois à la cour et dans les concerts particuliers avec succès. En 1798, il faisait partie de la chapelle du roi de Prusse. On a édité de cet auteur : une so?iate pour violpncelle et basse et huit variations (Hummel).

Kraft (Antoine). Violoncelliste distingué, naquit en Bohème en 1751. Elève de Werner, il reçut des conseils d'Haydn pour la composition et lit partie de la chapelle du prince Esterhazy. Il entreprit. avec son fils, âgé de huit ans, quelques voyages où ils eurent beaucoup de succès. 11 joua pour la dernière fois à Prague en 1802 et mourut le 28 août 1820. On a de lui trois sonates, des duos et d’autres morceaux. Comme le prince Esterhazy aimait beaucoup le baryton, Kraft écrivit pour lui un trio pour deux barytons et violoncelle.

Schindlœker (Philippe). Né à Mons (Belgiqie) le 25 octobre 1753, suivit son père à Vienne où Ilimmelbauer lui donna des leçons de violoncelle. En 1795, il fut nommé d’abord violoncelliste solo de la cour impériale, et plus tard, au poste semblable a la cathédrale de Saint-Etienne, ensuite,

en 1806, soliste cle la musique particulière de l’empereur. 11 est mort à Vienne le 16 avril 1827, et a laissé quelques œuvres en manuscrit. On a édité de lui une sérénade pour violoncelle et guitare (Diabelli, Vienne).

Schwarz (Antoine). Né à Mannheim le 10 juin 1753. commença le violoncelle à neuf ans avec Danzi, musicien de la cour. A treize ans, il joua devant l’Electeur palatin un concerto de sa composition et fut alors admis dans la chapelle électorale. En 1776, il se lit entendre à Paris aux Concerts spirituels où il eut beaucoup de .succès. De retour en Allemagne, il suivit la cour à Munich. Il mourut vers 1820.

Parmi ses élèves on remarque: BohreretPh.

Moralt. Ses compositions sont restéesen manuscrit.

Christian (Prince). Le prince Christian de Wittgenstein Berleberg n’était qu’un amateur distingué, mais il avait un véritable talent d'artiste. Il est né en 1753* H se fit entendre en public avec grand succès. Vers la fin de sa vie, il possédait un orchestre. Il est mort en 1800.

Schrœdel (Frédéric-Louis). Né à Bayrcuth, le 4 février 1754, commença la musique avec son père et devint un violoncelliste de talent. Il fit partie de la chapelle du prince Anholt Bernbourg, après l’avoir servi comme domestique. Son atta-

SES VIRTUOSES I ALLEMAGNE

chcment pour son prince était si grand qu’il lui fit refuser des engagements à Berlin et à Dresde. 11 est mort d’une maladie de langueur, le 16 janvier 1800. On a gravé de lui : six duos pour violoncelle (Leipzig, BreitkofF et Ilœrtcl .

Schœnebeck (Charles-Sigismond). Naquit à Lubben le 26 octobre 1758. Ses parents voulaient en faire un chirurgien, mais son goût pour la musique fut plus fort et l’emporta. 11 joua du violon et se mit à étudier le violoncelle sans aucun maître, après avoir entendu jouer un virtuose de cet instrument. 11 entendit Duport à Potsdam. se rendit à Dresde, où les leçons de Tricklir perfectionnèrent son talent : il fut ensuite engagé à l’orchestre de Kœnisberg. Sa santé devenue mauvaise, il revint à Lubben pour s’occuper d’agriculture, mais il fit de mauvaises affaires. 11 est mort en 1800. Ses compositions sont assez nombreuses : Concerto pour violoncelle (op. 1) (Offcnbach, André); 2 e Concerto id. (Hummel, Berlin); j c Concerto-, Duos pour deux violoncelles (op. 5) ; Duos pour violon et violoncelle (op. 7) (Kuhnel, Leipzig); trois Duos faciles (op. 12).

Winneberger (Paul-Antoine). Né à Morgentheim en 1758, mort le 8 février 1821, laisait partie de l'orchestre du théâtre français de Hambourg. On a publié de lui deux Concertos pour violoncelle et orchestre (Schott, Mayence).

Schlick (Jean-Conrad). Violoncelliste de talent, né probablement en 1759, à Munster, fit partie de la chapelle de l’évêque. En 1777, il voyagea en Allemagne, entra au service du prince Auguste de Gotha et donna des concerts principalement à Leipzig. Il voyagea aussi en Italie en 1785. Cette même année, il épousa une violoniste connue, Regina Strinasacchi. Schlick est mort à Gotha en 1825. On a édité de lui une Symphonie concertante pour violon et violoncelle (Gotha); un Concerto pour violoncelle (Peters) ; trois sonates pour violoncelle et basse (Paris, Sieber).

Loehner Charles). Né en 1760, mort en 1795.

Hizelberger. Attaché à la chapelle de l’évêquë de Wursbourg, en 1786.

Hemmerlein. Né à Bamberg, élève de Schlick.

Kaufmann (Jean). Né vers 1760.

Ritter (Pierre). Né à Mannheim vers 1760, fit partie de la chapelle du prince palatin, voyagea en Allemagne et se fit entendre à la cour de E 3 erlin en 1785. Il eut peu de succès à cause de la présence de Duport l’Aîné. Peut-être se découragea-t-il ? On le voit, en effet, laisser Je violoncelle pour se livrer avec plus d’ardeur à la composition. Il n’écrivit rien pour violoncelle, mais il se tourna vers l’opéra.

SES VIRTUOSES : ALLEMAGNE

Son premier ouvrage, FHermite de Formcnlard , fut joué avec succès au théâtre de la cour de Mannheim, en 1788. Il fut, dans la meme ville, directeur des concerts et chef de l’Opéra. 11 écrivit aussi le Marchand d'esclaves en 1790, et encore les Joyeuses Commères en 179.4. On représenta au théâtre de Francfort Monsieur de Montait an et le Zittershlager (« le Joueur de cistre ») en 1813. En 1820, il prit sa retraite. La date de sa mort n’est pas connue.

Haussier (Ernest . Est né en 1761 à Stuttgard. En 1788, il se fît entendre à Vienne et à Berlin : en 1801, à Zurich : il retourna à Vienne en 1802, pour y donner des concerts, et devint maître de chapelle à Augsbourg, jusqu’à sa mort, en 1837.

Danzi (François). Né à Mannheim le 15 mai 1763, reçut les premières leçons de son père, violoncelliste à la cour du prince palatin. A l’àge de douze ans, le jeune François avait déjà composé des pièces pour le violoncelle. Il devint membre de la même chapelle que son père en 1778. Il écrivit beaucoup pour le théâtre, épousa une cantatrice, Marguerite Marchand, avec laquelle il lit plusieurs voyages couronnés de succès. Sa femme étant morte en 1799, il en fut tellement peiné qu'il ne put plus, dans la suite, diriger les opéras où elle avait chante.

A cause de cela, il s’éloigna de Munich. En 1807,.

il fut nommé maître de chapelle du roi de Wurtemberg, à Stuttgart, puis à Carlsruhe et à la cour de Bade, où il est mort le 13 avril 1826. Ses compositions : opéras, musique religieuse, musique de chambre, sont nombreuses ; il a écrit aussi des Concertos pour violoncelle.

Virgili. Appartenait à la chapelle de la cour de Bavière dans la seconde moitié du xvm e siècle. Il fut le professeur de Moralt.

Rauppe (Jean-Georges). Néley juillet 1762, reçut à Berlin les leçons de Duport l’Aîné. Il voyagea en Allemagne, Suède et Danemark, où il fît partout admirer son exécution vigoureuse et son beau son. Fixé à Amsterdam, en 1786, en qualité de soliste des concerts et du théâtre allemand, il mourut dans cette ville dans une situation peu aisée, le 15 juin 1814.

Il n’a rien écrit pour son instrument.

Zumsteeg (Jean-Rodolphe). Né le 10 janvier 1760 à Schasenfîur, est moins connu comme violoncelliste que comme compositeur théâtral. Il vivait à Stuttgard et y fut chef d’orchestre à la chapelle du duc ; il mourut le 27 janvier 1802. Il a écrit pour son instrument un Concerto gravé à Augsbourg (Gombart), et des Duos (Breitkopf et Ilœrtel).

SES VIRTUOSES I ALLEMAGNE

Graul (Marc-Henri). Etait, en 1766, violoncelliste à la chapelle royale de Berlin.

Mattern (A.-W.). Fit partie de la chapelle ducale à Brunswick, dans la deuxième moitié du xvm c siècle. On a de lui un Concerto pour violoncelle, deux violons, alto et basse (Brcitkopf). Ses autres œuvres sont en manuscrit.

Megelin (Henri). Vivait à Dresde et faisait partie de la chapelle de l’Electeur de Saxe vers 1780; il était considéré, en Allemagne, comme un des meilleurs violoncellistes. Il a laissé des œuvres en manuscrit.

Hauschka (Vincent). Né à Mies, en Bohème, le 21 janvier J766, commença la musique à l’àge de huit ans avec Laube, maître de chapelle de la cathédrale de Prague, prit des leçons de violoncelle à Christ et, à seize ans, fit partie de la chapelle du comte de Thun. U voyagea en Allemagne, se rendit en 1792 à Vienne où il fut considéré comme un des premiers violoncellistes de l'époque. Ayant obtenu une situation lucrative dans l’administration des bois de l'empereur, il ne joua plus qu’en amateur. Il jouait aussi du baryton. 11 a laissé neuf sonates pour violoncelle et basse. Il mourut à Vienne en 1840.

Willmann (Maximilien). Naquit en 1768 (vers 1745 dit Riemann) a Forchtenbcrg, fit partie de la

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chapelle à Bonn, fut ensuite soliste au théâtre An den Vien , à Vienne. Il mourut à Vienne en 1812. 11 avait deux filles : faînée fut élève de Mozart, et l’autre, excellente chanteuse, fut aimée de Beethoven, qui ne put obtenir sa main.

Bauersachs (Christian). Naquit le 4 juin 1767, mourut prèsd’Erfurt le 14décembre 1845. 11 jouait aussi du hautbois et du cor de bassette.

Huber (François-Xavier), qui vivait, en 1785. à la cour du duc de Mecklembourg, fut un violoncelliste apprécié.

Hansmann (O.-F.-G). Né à Postdam, le 30 mai 1769, reçut des leçons de Duport et fit partie de la chapelle royale de Berlin en 1784. Il fut ensuite nommé directeur des chœurs de l’Opéra Italien et organiste de l’église Saint-Pierre. Il mourut à Berlin le 4 mai 1836. On a gravé de cet artiste un recueil de sonates pour violoncelle et un livre de duos. Hansmann avait reçu le titre de citoyen honoraire de la ville de Berlin, à l’occasion de son jubilé de vingt-cinq ans, en 1829. Hansmann était réputé par sa bienfaisance : il dirigea durant sa carrière trente-sept oratorios au bénéfice des pauvres.

Jæger (Zacharie). Naquit à Anspack en 1777, se fit admirer dès sa jeunesse pour son talent, fut

SES VIRTUOSES : ALLEMAGNE

protégé de la reine de Prusse qui, l’ayant entendu, lui accorda une pension pour perfectionner ses études musicales. 11 vécut à Breslau. On a de lui six solos pour violoncelle avec accompagnement de basse (manuscrit).

Jæger (Ernest). Frère du précédent, né également à Breslau, fut un talent précoce. Grâce aux leçons de B. Romberg, il put surpasser son père et son frère. 11 voyagea en Allemagne et en Hongrie, vécut à Breslau jusqu'en 1825, fut soliste à la cour de Bavière et se fixa à Munich en 1826.

Uber (Alexandre). Né à Breslau en 1783, fut élève de jæger ; en 1804, il voyagea avec succès en Allemagne, se fixa à Bâle, s’y maria en 1820. En

1823, il devint maître de chapelle du comte de Schœnaik et du prince de Karolah. Il mourut en

1824. On a publié de cet artiste : premier Concerto pour violoncelle (Offenbach) ; Variations pour violoncelle avec quatuor et orchestre (op. 14) : six Caprices pour violoncelle (Schott) ; seize Variations sur un thème allemand (Schlesinger) et d’autres compositions pour chant et instrument.

Alexandre (Joseph). Est né à Duisbourg en 1800 Or ne le cite ici qu’à titre de compositeur, n’ayant aucun renseignement sur sa carrière de violoncelliste. Ses œuvres consistent en Variations sur des airs allemands. Il a cependant écrit Anwei-

sung fur das Violoncel (Méthode pour Violoncelle), (Leipzig, 1801).

Arnold (Jean-Godefroy). Naquit à Nicdernhall, Je 15 février 1773. Dès l’âge de dix ans, il faisait déjà l’étonnement de toutes les personnes qui l’entendaient. En avril 1795, il se rendit en Suisse pour y donner des concerts, mais il n’y trouva aucun avantage pécuniaire. Plus tard, il prit des leçons avec Willmann pendant quelques mois. 11 entendit Romberg plusieurs fois, et cela aida beaucoup à développer son talent. A Berlin et à Hambourg, il obtint de grands succès. Il se rendit à Francfort, et il eut beaucoup d’élèves. Il mourut dans cette ville, le 26 juillet 1806, à peine âgé de 3.4 ans. On a édité de lui : cinq Concertos pour le violoncelle (Offenbach) ; dix Thèmes avec variations pour deux violoncelles (Bonn) ; une Symphonie concertante pour deux flûtes et orchestre.

Legrand (Pierre). Naquit à Zneibrucken en 1778 et fit partie de la chapelle de la cour.

Bohrer (Max). Né à Munich en 1785, eut Schwarz comme premier professeur. A l’àge de 14 ans, il fut admis à l’orchestre de la cour et fit avec son frère Anton, en 1810, une grande tournée jusqu’en Russie. Là, ils faillirent être déportés en Sibérie, parce qu’ils étaient au service du roi de Bavière, alors allié de Napoléon. Après avoir entendu Rom-

SES VIRTUOSES ! ALLEMAGNE

berg à Vienne, il prit ce maître comme modèle. Mais, en étudiant les parties les plus importantes du talent de ce virtuose, il les modifia par ses qualités personnelles. Lorsqu’on l’entendit pour la première fois à Paris, son jeu causa autant d’étonnement que de plaisir. Les qualités essentielles de son talent étaient une justesse parfaite, un son pur et une grande facilité dans les passages les plus difficiles.

En 1830, Bohrer voyagea en Allemagne. Auparavant il avait fait partie de l’orchestre royal de Berlin, qu’il dut quitter après s’être querellé avec Spontini. En 1832, il était soliste et maître de concert de la cour de Stuttgart. En 1838, il se fit entendre à Saint-Pétersbourg et en Italie. De 1842 à 18-43, Ü parcourut l’Amérique. En 18-47, ü voyagea en Hollande, en Belgique, en Angleterre, mais alors son talent commençait à diminuer. Il mourut à Stuttgart le 28 février 1867. Cet artiste a laissé : trois concertos j:>our son instrument, publiés à Paris et à Berlin ; des airs variés : une fantaisie sur des airs russes (op. 21) (Hofmeistcr, Leipzig) et des duos pour violon et violoncelle.

Schindlœker (Wolgang). Neveu de Philippe Schindlœker, est né à Vienne en 1789. Elève de son oncle, il devint un artiste de talent. A quinze ans, il se fit entendre dans un concert à Vienne. En 1807, il faisait partie de la chapelle du grand-duc de Wurtzbourg. 11 a composé un grand duo pour

deux violoncelles (op. s) (Offenbach) ; trois duos instructifs pour deux violoncelles.

Hauer (Ernest). Professeur de musique à Ilalberstadt, de 1828 à 18.40, faisait partie de la chapelle impériale à Vienne.

Les frères Schwachofer Joseph et André firent partie de la chapelle de l’Electeur de Mayence.

Furst (Jean), de la chapelle de Mannheim, et Gretsch, de la chapelle de Tour et Taxis à Regensbourg.

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