‹ Le violoncelleChapitre 39 sur 55 · SERVAIS FRANÇOIS · texte numérisé non relu

SERVAIS FRANÇOIS

Servais (Adrien-François). Un des violoncellistes modernes les plus éminents ; naquit à liai, près de Bruxelles, le 6 juin 1807. Il était fils d’un musicien qui lui donna les premières leçons de musique. Il alla ensuite au Conservatoire de Bruxelles, où, sous la direction de Platel, il devint un maître dans son art.

Après avoir, sur le conseil de Fétis, débuté à Paris, où il remporta des succès sans pareils, il entreprit de longues tournées de concerts et par-

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courut, de 183.4 à 18.48, T Angleterre, la Suède, l’Allemagne et la Russie. En 18.48, il devint professeur au Conservatoire de Bruxelles, où il enseigna d’une manière très distinguée et forma de nombreux élèves jusqu’à sa mort, qui eut lieu à liai le 26 novembre 1866. Il était aussi violoncelle solo du roi Léopold.

Servais était d’une taille gigantesque, d une robuste corpulence : il avait une main démesurément grande, ce qui lui permettait de jouer d’une basse de Stradivarius et d’en tirer une grande sonorité.

Cet artiste avait la faiblesse d’ètre très sensible aux décorations. Le roi de Hollande l’avait décoré pour lui prouver sa joie de l’entendre. Comme, quelques années après, Servais jouait devant le roi, celui-ci lui dit : « Vous êtes toujours le même : vous n’avez pas changé. »

« Eh oui, toujours le même ! » dit Servais malicieusement, montrant sa boutonnière et indiquant son désir d’avoir une nouvelle décoration, qu’il obtint sur l’heure du roi charmé.

Le i cr octobre 1871, la petite ville de liai inaugurait la statue de Servais, qui l’avait illustrée. Cette statue était due au ciseau de Godebski, beau-frère du violoncelliste ; la cantate chantée en cette occasion fut composée par Lassen.

Une biographie de Servais, avec le compte rendu des funérailles et de ces fêtes, a été publiée, mais c’est aujourd’hui un opuscule rare. Les composi-

lions de François Servais qui ont été publiées sont : trois Concertos et seize Fantaisies pour violoncelle •et orchestre ; quelques Caprices pour violoncelle et piano : des Duos sur des motifs d’opéras (pour violoncelle et piano, en collaboration avec J. Grégoire ; pour violon et violoncelle, en collaboration avec Vieuxtemps et Léonard).

Warot (Constant-Noël-Adolphe). Naquit à Anvers le 28 novembre 1812. Il travailla dès son enfance le violoncelle et acquit un remarquable talent sur cet instrument. En 1852, nommé professeur au Conservatoire de Bruxelles, il a écrit une Méthode de Violoncelle adoptée au Conservatoire. Elle est dédiée à Fétis. Elle contient seize pages pour la première position, et l’on ne saurait trop féliciter Warot d’avoir su donner de l’importance à l’étude de la première position. Après les autres positions viennent les gammes, exercices aux positions du pouce, etc...; dans la deuxième partie, des études rythmiques variées.

Il est mort le 10 avril 1875. Il a publié : Duo pour deux violoncelles ; Air varié et Fantaisie (violoncelle et piano) : La Chasse (chœur à quatre voix) ; quarante Leçons mélodiques à l’usage des écoles et plusieurs romances.

De Munck (François). Né a Bruxelles le 6 octobre 1815, était le fils d’un professeur de musique •qui lui enseigna les premières notions de cet art et

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le fit entrer, à Page de dix ans, dans la classe de violoncelle de Platcl.

Le jeune François étant naturellement bien doué, faisait avec ce maître de rapides progrès et obtenait. en 1834, le premier prix de violoncelle ex cecjuo avec Batta. Il lut nommé suppléant de Platel: à la mort de ce dernier, il le remplaça comme professeur de violoncelle en 1835.

De Munck avait une belle qualité de son et une expression naturelle. Son talent se perfectionna si bien que, de l’avis de tous, il était destiné à occuper le premier rang des violoncellistes de son temps.

Il n’en fut rien, car, vers 1840, il se laissa aller à des désordres qui rempêchèrent de travailler et compromirent même sa santé. Il vint pourtant à Londres, où il produisit une vive impression. Ln 1815. il voyagea en Allemagne.

Peu de temps après, il quitta Bruxelles avec une cantatrice et visita les villes des provinces rhénanes, la Saxe et la Prusse. En 1838, il alla s’établir à Londres et occupa la place de violoncelliste au théâtre de la reine. Sa constitution physique avait reçu de trop rudes atteintes : c’était un affaiblissement physique et moral et un dépérissement quotidien.

En 1853, il revint à Bruxelles, où il mourut le 28 février 1854, âgé seulement de trente-huit ans. On a publié de de Munck : une Fantaisie avec variations sur des thèmes russes pour violoncelle et

orchestre (Mayence, Schott). Il eut pour élèves : Paque (page 255), Isidore Deswert (page 255) et son fils Ernest (voir page 241).

Batta (Pierre). Né à Maëstricht le 8 août 1795, mort à Bruxelles le 20 novembre 1876, fut professeur de solfège, dit Fétis, de violoncelle, dit Riemann, au Conservatoire de Bruxelles. Ses trois fils étudièrent la musique : le plus jeune, Joseph, fut violoniste ; le deuxième, Jean-Laurent, fut pianiste ; Taîné, Alexandre, le plus célèbre, fut violoncelliste.

Batta (Alexandre). Né à Maëstricht le 9 juillet 1816, élève de son père pour les éléments de la musique, fut, comme beaucoup d’enfants, condamné à apprendre le violon sans aucun goût ni aucune disposition spéciale. Aussi tit-il peu de progrès sur cet instrument. Un jour il entendit Platel et fut tellement charmé qu’il résolut d'apprendre sans retard le violoncelle. Longtemps il sollicita en vain de ses parents la permission de laisser le violon pour le violoncelle, objet de tous scs rêves : on crut à une fantaisie d’enfant et Ton ne voulut pas, jusqu’à ce qu’enfin, cédant à ses instances, on le mit à la classe de Platel. Il fit alors de rapides progrès et eut le premier prix ex œquo avec de Munck, en 1834. En 1835, il se rendit à Paris.

On a vu bien souvent, dans l'histoire des musi-

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ciens, tel artiste exercer son influence sur tel autre musicien qui n’avait pourtant pas le même instrument. Ce fut un ténor qui changea tout le style du violoncelliste Batta. Le célèbre Rubini se faisait applaudir, au théâtre de la rue Favart, par une foule disposée à apprécier scs qualités et même scs défauts. Le plus remarquable de ses défauts était une formule d’opposition du forte au piano qui se reproduisait incessamment quel que fût le caractère et le genre de la phrase. Ce moyen de séduction obtenait toujours son eftêt sur les auditeurs, qui prenaient pour du talent personnel un artifice de chanteur.

Batta eut l’occasion d'entendre Rubini. Lorsqu’il vit un succès obtenu par un moyen aussi simple, il résolut de tenter l’expérience sur le violoncelle, qui a tant d’analogie avec la voix humaine.

A son tour, il s’entendit applaudir, et le public, subjugué par ce genre d’interprétation, ne lui ménagea pas son admiration. En France, à Paris, en Belgique, en Hollande, en Suisse, en Allemagne, à Saint-Pétersbourg, ses concerts attirèrent des foules enthousiasmées : les journaux lui prodiguèrent les éloges sous toutes les formes ; les femmes se passionnèrent pour son talent (quelques-unes même pour sa personne) ; les princes le décorèrent de tous les ordres ; les éditeurs se disputèrent sa musique et Batta put jouir en paix de sa délicieuse trouvaille.

Malheureusement toute médaille a son revers. Si,

l.E VIOLONCEI-l.E

durant sa vie, Batta jouit de triomphes sans pareils, depuis sa mort on l’a bien détrôné de ce socle de gloire, et sa musique, qui n’avait d’intérêt que sous ses doigts, est totalement tombée dans l’oubli.

« En rétrécissant son mécanisme aux proportions d’une mélodie renfermée dans une étude restreinte et toujours phraséc de la même manière, dit un critique musical, Batta perdit la puissance d’exécution, le son, l’archet, le mécanisme de la main gauche, tout s’en ressentit : c’est dommage, car son sentiment de la musique était naturellement bon ; il avait reçu de Platel les principes d’une belle et large manière avant qu’il allât à Paris. »

Et Riemann ajoute : « Le jeu de Batta, calculé tout entier en vue de l’effet, manque de grandeur et d’élévation. »

Batta mourut à Versailles le 8 octobre 1902.

Van Volxem (Jean-Baptiste). Né le 30 novembre 1817 à Uccle-lez-Bruxelles, entra au Conservatoire de cette ville en 1833, y suivit les classes de Platel et les cours de composition. Premier prix de solfège en 1835, il eut le deuxième prix de violoncelle et le deuxième prix de composition en 1836.

11 se fit moins remarquer comme violoncelliste que comme directeur de chant, car ce fut l'un des plus ardents propagateurs du chant choral à Bruxelles. Il fut répétiteur, puis chct des chœurs au Théâtre de la Monnaie, directeur des cours populaires de chant d'ensemble à Bruxelles et enfin

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professeur de solfège au Conservatoire, professeur de musique a l’Athénée, etc., etc.

Sans doute, pouc. se consoler de la peine qu’il prenait dans toutes ces répétitions de chant, il adorait les oiseaux qui chantaient sans aucune leçon ; il leur avait réservé une immense chambre dans sa maison et venait passer de longs moments près d’eux.

Paque (Guillaume). Né à Bruxelles le 24 juillet 1825, fut, dès l’àge de dix ans, élève au Conservatoire de Bruxelles (classe de Munck). Il remporta le 1 er prix de violoncelle, fit partie du théâtre, vint à Paris. En 1846, il fut à Barcelone comme professeur de l’Ecole de musique de cette ville et soliste à l’Opéra.

En 1849, il fit une tournée en Espagne et joua devant la reine.

En 1850, il donna des concerts dans le Midi de la France, puis se fixa à Londres où il fut professeur à l’Académie de musique et violoncelle solo au Théâtre Royal. Il est mort le 3 mars 1876. Il a composé beaucoup de fantaisies qui sont intéressantes pour les débutants.

De Swert (Isidore). Né le 6 janvier 1830 à Louvain. Son père était professeur de musique. Isidore fut élève de de Munck et obtint le r r prix de violoncelle en 1846. En 1850, il fut nommé professeur à l’Ecole de musique de sa ville natale et en 1856 vio-

îoncelle solo du théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Son frère Jules (voir plus loin) est aussi violoncelliste.

Meerens (Charles). Né à Bruges le 26 décembre 1831. apprit de bonne heure les éléments de la musique et commença le violoncelle avec Bessens et Dumont, puis fut élève de Servais (François) au Conservatoire de Bruxelles et y obtint une récompense.

Il se produisit avec assez de succès comme virtuose, mais les circonstances le forcèrent à modifier sa carrière. Il entra comme accordeur dans une fabrique de pianos de son père et s’absorba dans l’étude des questions d’acoustique musicale. C’est plutôt comme acousticien que comme violoncelliste qu’il est connu.

Jacob. Naquit probablement à Liège, fut longtemps violoncelle solo à l’Opéra de Bruxelles et ensuite professeur au Conservatoire de Gand.

11 est mort vers 1900.

Vieuxtemps (Jules-Joseph-Ernest). Frère du célébré violoniste Henri Vieuxtemps, naquit à Bruxelles en 1832, fut attaché pendant longtemps comme violoncelle solo au Théâtre italien de Londres et alla ensuite soliste aux Concerts I Iallé, à Manchester. Il est mort à Belfast le 20 mars 1896.

De Munck (Ernest). (Voir page 241.)

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De Swert (Jules). Frère d'Isidore, naquit à Louvain le 15 août 1843.

Il montra dts son enfance de grandes dispositions pour la musique, joua en public à peine âgé de neuf ans. et. en 1856, fut envoyé à Bruxelles au Conservatoire, à la classe de Servais (François). Il eut le i cr prix à l'unanimité en 1858. Il fit d'abord avec le violoniste Lecnders un voyage artistique dans les Pays-Bas, et voyagea ensuite en Belgique, en Hollande, en Allemagne et en Angleterre. Jules de Swert, en 1865, fut engagé à Dusseldorf comme chef d’orchestre suppléant et, en 1868,. à Weimar comme premier violoncelle de la Chapelle de la cour. L’année suivante, il fut appelé â Berlin en qualité de premier violoncelle solo de la cour, Concert-Meister de la Chapelle royale et professeur à l’Académie de musique, mais il abandonna toutes ces fonctions, en 1873, entreprit de nouvelles tournées de concerts, puis vint habiter Wiesbaden.

En 1888, il fut nommé directeur de l’Ecole d'Ostende et professeur au Conservatoire de Gand et de Bruges.

Il est mort à Ostende le 24 février iJ8c>r.

11 a écrit : premier concerto avec orchestre (Mayence, Schott), deuxième concerto avec accompagnement d’orchestre ou de piano (Mayence, Schott), Romance sans paroles (violoncelle et piano), Fantaisie avec accompagnement d’orchestre ou de piano (Mayence, Schott), Fantaisie de salon sur des airs Scandinaves (Mayence, Schott), trois duos de

salon pour violoncelle et piano, Barcarolle, Capricc, Mazurka (Cassel, Lenckardt), trois meneaux pour violoncelle et piano, deux opéras: Les Albigeois et Graf Hammcrslein. Il a écrit aussi : Le Mécanisme du violoncelle .

Libotton. Elève de Servais (François), fut professeur de violoncelle au Conservatoire de Bruxelles pendant quelques années. 11 quitta ces fonctions pour s’établir à Londres où il est mort.

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