LINDLEY
Lindley (Robert). Né le 4 mars 1770 a Rotherham, clans le Yorkshire, étudia dès sa plus tendre enfance le violon, pour l'abandonner à l’àge de neuf ans et étudier le violoncelle. A seize ans, il joua devant Cervctto (voir page 232) et ce maître, enthousiasmé, demanda cet enfant pour élève. Il fut d’abord attaché à l’orchestre du théâtre de Brighton et succéda à Sperati comme premier violoncelle solo au théâtre du roi en 1794. 11 fut ensuite attaché aux Concerts de musique ancienne et à la Société philharmonique de Londres. Il fut nommé professeur de violoncelle à l’Académie royale de musique, à sa fondation, en 1822. Il mourut à Londres en 1855.
Un dictionnaire de musique anglais dit que Lindley n’était inférieur à aucun violoncelliste d’Europe. C’est certainement exagéré, car, malgré ses qualités incontestables, Lindley manquait de sentiment, de style, et il fut loin d’égaler Romberg, Lamare et Servais.
Il a publié chez Broderop à Londres : quatre concertos pour violoncelle et orchestre ; des duos pour deux violoncelles ; des solos pour violoncelle ; des trios pour basson, alto et violoncelle
Lindley (William). Fils du précédent, né en 1802, élève de son père, ne tarda pas à devenir un excel-
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lent violoncelliste ; il promettait de belles espérances, dit Grove, mais sa nervosité lui fut un obstacle insurmontable pour les réaliser. II ne put jouer que dans les orchestres et non en soliste. II mourut à Manchester le 12 août 1869.
Powel (Thomas). Naquit à Londres en 1776, sé livra à l’étude de la musique dès ses premières années et apprit à jouer du violoncelle, du piano et de la harpe. En 1805, il joua un concerto de violoncelle i\ un concert donné au bénéfice du fonds choral. En 1806, il se fixa à Dublin, où il resta plusieurs années avant d’aller se fixer à Edimbourg*. Des biographes anglais assurent qu'il pouvait être mis en comparaison avec Romberg. On nous permettra d’en douter.
Il a publié beaucoup de musique : plusieurs Duos pour deux violoncelles ; un grand Duo pour violon et violoncelle : un Quatuor à cordes ; des Sonates pour violoncelle et piano ; une grande Marche et Rondo pour orchestre ; la Campanella (ronde pour piano). Ses compositions n’ont aucune valeur.
Neate Charles). Né à Londres le 28 mars 178^. fut en même temps un bon pianiste et un excellent violoncelliste (élève de William Sharpe). Comme pianiste, il obtint de grands succès dans les concerts. Son admiration pour Beethoven le conduisit à Vienne en 1815 : il y resta huit mois, durant les-
quels il se lia d'amitié avec le grand homme, comme on le voit dans la correspondance de ce dernier. De retour à Londres en 1818, il s’y fit une place très distinguée comme virtuose et comme professeur.
Il fit jouer, pour la première fois, plusieurs œuvres des auteurs allemands en Angleterre, et en particulier le Concerto en mi bémol de Beethoven. 11 fut un des derniers survivants de l’ancienne Société philharmonique de Londres, qui fut créée en 1813, et dont il dirigea les concerts depuis 1831. Use retira en 1872 et mourut à Brighton le 30 mars 1877.
Cudmore (Richard). Né à Chichester en 1787, apprit à jouer à la fois du piano, du violon et du violoncelle (élève de Reinagle). En 1799, il quitta la troupe du théâtre de Chichester et fut engagé à l’orchestre de l’Opéra Italien, à Londres ; il retourna dans son pays, revint à Londres et devint membre de la Société philharmonique. Il s’établit plus tard à Manchester comme chef des Concerts des Gentlemen.
Dans un concert à Liverpool, il s’est fait applaudir en jouant également bien un concerto de Kalkbrenner sur le piano, un de Rode sur le violon et un de Cervetto sur le violoncelle, mais, comme le dit judicieusement Wasilewski : « En jouant de tous ces instruments, il ne dut pas atteindre une grande perfection. » 11 mourut à Manchester le 29 décembre 1840.
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Nous trouvons deux violoncellistes du nom de Crough :
Crough. Est cité, dans Fétis, comme le mari de la célèbre cantatrice du meme nom. 11 fut attaché à l’Opéra Italien et écrivit une méthode de violoncelle intitulée : Complété treatise on the violoncello (Londres) « Traité complet du violoncelle », ainsi que trois duos pour deux violoncelles et quarantetrois solos pour cet instrument, publiés sans date à Londres.
Crough (Frédéric-Nicholls). Cité seulement par Grove, né le 31 juillet 1808 à Londres, est sans doute le fils du précédent. Il étudia la musique avec son père et son grand-père. Il eut une vie très mouvementée : tour à tour matelot, musicien du théâtre Drury-Lane, en 1832, à la troupe particulière de la reine Adélaïde, professeur de chant à Plymouth, en 1838, conférencier, en 1849, violoncelliste en Amérique, soldat de l’armée confédérée, professeur de chant à Baltimore. Il mourut à Portland le 18 août 1896.
Culd (Charles). Naquit à Romford; jusqu’à l'âge de seize ans, il jouait de la flûte. Il eut l’ocasion d’apprendre le violoncelle avec un membre du Théâtre Italien et, s’étant ensuite perfectionné avec le célèbre violoncelliste belge Paque, il devint premier violoncelliste à l’Opéra Italien.
LF. VIOLONCELLE
Lucas (Charles). Né à Salisbury en 1808. fit ses études littéraires dans cette ville et reçut les premières notions de musique à la maîtrise de la cathédrale. Il resta sept ans à l’Académie royale de musique, étudiant le violoncelle avec Lindley. En 1830, il lut nommé composteur, violoncelliste et arrangeur de la musique particulière de la reine Adélaïde. Il succédait à Lindley comme premier violoncelliste de l’orchestre de V Opéra royal Italien. En 1832, il était chef d’orchestre à l’Académie royale de musique et en 1859 il devenait directeur de ce dernier établissement où il resta jusqu’en 1866. La maladie l’obligea à cette époque à se retirer. Il mourut le 30 mars 18(;ç. On a de lui plusieurs opéras, des symphonies, des ouvertures, etc.
Piatti (Voir page 82).
Pezze (Alexandre). Naquit à Milan en 1835. Il fut l’élève de son père et de Merighi au Conservatoire de Milan. 11 vint faire une tournée artistique en Angleterre et il fut nommé violoncelle solo du Théâtre Royal de Londres jusqu’en 1867 où ce théâtre fut détruit par l'incendie. Il fut aussi soliste à la Société Philharmonique et au Covent Garden. Professeur à l’Académie royale de musique de Londres, il fut le maître de Whitehouse. Il vit encore à Londres. Il a écrit plusieurs pièces pour violoncelle (Milan, Ricordi).
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De Munck (Ernest). Né à Bruxelles en 1840, reçut des leçons de son père (voir aux Belges) et de François Servais. Après une tournée en Angleterre, en Belgique, et en Hollande, il se fixa à Paris en 1868 et lit partie du célèbre Quatuor Maurin. Sa carrière artistique s’est étendue sur un vaste théâtre. En effet, en 1860, il joue le concerto en si mineur de Romberg aux concerts du Conservatoire à Paris ; en 1870, il est à Londres où il se rencontre avec Liszt, Wagner, Bulow, Raff; en 1871, il joue en Allemagne et au Gewandhaus ; il va plus tard, en Russie, organiser avec Rubinstein des séances de musique de chambre. En 1878, il joue le Concerto de Saint-Saëns à Vienne, à Berlin, à Paris, aux Concerts Pasdeloup. Il épousa Carlotta Patti et lit une tournée de deux ans en Amérique, en Australie et aux Indes, revint à Paris, puisa Londres où il vit actuellement, professeur à l’Académie royale de musique depuis 1803.
Il fut décoré par plusieurs princes qui ont voulu ainsi récompenser son beau talent.
Comme compositeur, il a publié : Concerto dramatique, Polonaise, Souvenir d’Amérique (Mamelle, Paris) ; divers morceaux de salon (Paris, Durand) ; six éludes.
Howell (Edouard). Né le 5 février 1846 à Londres, fut élève de Piatti, à l’Académie royale de musique. Il fut premier violoncelle de l’Opéra Italien et depuis 1872 soliste de Covent Garden.
Il était membre de la musique de la reine Victoria, membre de la Société philharmonique. Il se fit entendre à Cristal-Palace et en d’autres concerts. Il fut professeur de musique à l’Académie de musique. Il adapta le traité de Romberg dans: Un premier livre pour violoncelle . Il se retira en 1896 et mourut le 30 janvier 1898.
Boubee (Albert). Né à Naples, en 1850, d’abord destiné au commerce, se livra à la musique et lit de grands progrès sur le violoncelle avec Ciaudelli. En 1867, il vint à Londres, et se fit naturaliser anglais et entreprit des tournées musicales en Suède, Norwège, Danemark. Il a composé : La Gymnastique du violoncelle.
Whitehouse (Guillaume). Né le 20 mai 1859 à Londres, commença l’étude du violon qu’il abandonna a treize ans pour le violoncelle. Il travailla d’abord avec Walter Pettit, et se perfectionna avec Piatti et Pezze. En 1878, il gagna le prix Bonamy Dobrec. 11 a voyagé depuis avec Joachim ; il est violoncelliste du Quatuor Ludwig h la Bath Society (la plus ancienne d’Angleterre) et au London-Trio avec qui il fit des tournées en France et en Italie. Il est maintenant professeur à l’Académie royale de musique où il a formé de nombreux élèves.
Linden. Né le 4 octobre 1886, étudia avec Jules Klengel, à Leipzig, de 1904 à 1908 ; il fit des tour-
Parmi les plus anciens violoncellistes belges, on trouve Guillaume de Fesch et Winkis.
Fesch (Guillaume de). Etait maître de chapelle vers 1725, à Anvers. Il était à la lois organiste distingué, habile violoncelliste et compositeur de mérite. Il a publié plusieurs ouvrages [Sonates arrangées par Moffat, Simrock, éditeur, Berlin), mais il ne fut pas un propagateur de la musique de violoncelle, pas plus que :
Winkis (Pierre). Né à Liège en 1735 et violoncelliste de la chapelle du roi de Prusse vers 1788.
Le vrai fondateur de l’Ecole belge est Platel.
PLATEL
Platel (Nicolas-Joseph). Naquit à Versailles en 1777. Son père, musicien de la chapelle du roi, fit placer le jeune Nicolas dans les pages de la musique de Louis XVI. Là, il reçut des leçons de chant de Richer, mais, dès Tàge de dix ans, il montra le goût le plus vif pour entendre le violoncelle et le désir le plus ardent pour étudier cet instrument.
Précisément, Duport le Jeune, ami de son père, vit le jeune Nicolas, immobile et ravi, l’écouter
jouer : il le fit causer, et, charmé de sa rare intelligence musicale, lui enseigna son instrument. 11 lui donna ces excellents principes de la pose et du maintien de l’archet, ainsi qu'une belle qualité de son que Platel devait conserver toute sa vie,.
Cependant, la Révolution obligeait Duport à partir pour Berlin, ce qui laissait Nicolas sans maître: il n’avait que douze ans. Le jeune enfant continua à travailler seul. En 1793, il rencontra un de ses anciens condisciples des pages du roi, à peine plus âgé que lui de cinq ans et élève de Duport comme lui. C’était Lamare. Platel profita des bons conseils de son ami, mais fut surtout stimulé parles succès de Lamare, qui commençait à se faire entendre en divers concerts de Paris et voyait grandir sa réputation.
En 1796, Platel entrait au Théâtre Lyrique (plus tard Théâtre Feydeau). 11 n’y resta pas longtemps, car, en 1797, il suivit à Lyon une actrice dont il s’était épris.
Il ne revint à Paris qu’en 1801. Il se fit entendre aux Concerts de la rue Cléry, au Théâtre des Victoires nationales, rue Chantereine, et se fit considérer à juste titre comme le plus habile violoncelliste de Paris, car son maître Duport était à Berlin et son ami Lamare en Russie.
Platel eut toute sa vie cette insouciance spéciale à certains artistes. Dédaigneux des convenances sociales, il ne voulut faire ni les visites ni les démarches qui devaient assurer une place de choix à
son talent. Il semblait devoir se fixer à Paris. On le voit partir pour une tournée de concerts en Bretagne. A Quimpcr, il trouve un amateur de violoncelle qui devient bientôt son ami : il reste deux ans dans cette ville, qui ne devait l'arrêter qu'un soir. Il joue avec succès en diverses villes : à Brest, à Nantes. U se décide à visiter la Belgique, la Hollande, l'Allemagne, mais il commence par la Belgique et ne quitte plus ce pays.
A Gand, il s’arrête pendant plusieurs années et donne des leçons de chant et de violoncelle. A Anvers, en 1813, il est violoncelle d’une troupe d’opéra attirée par l’état florissant et les richesses de ce port. Il y reste six ans. 11 va ensuite à Bruxelles, violoncelle au théâtre. En 182.4, prince de Chimay l'attache à l'Ecole royale de musique de cette ville, et, lorsque cette école réorganisée prend le titre de Conservatoire de musique en 1831, Platel y conserve ses fonctions de professeur de violoncelle.
Platel mérita bien le titre de fondateur de l’Ecole du violoncelle en Belgique, car, élève de Duport et de Lamare, il apporta de suite à cette école les belles qualités de sonorité, de largeur de style qu'il tenait de ses maîtres. Il sut former des élèves tels que Batta, de Munck et Servais : ceux-ci continuèrent admirablement ces traditions, qui ont mis la Belgique en un si beau rang pour le violoncelle.
Fétis parle du tempérament de Platel en ces termes :
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« Véritable artiste d'autrefois, il était étranger à tout esprit d’intrigue, d’égoïsme et de charlatanisme. Son désintéressement allait jusqu’à la prodigalité, son ignorance des affaires et des usages était celle d’un enfant, et jamais il ne se mit en peine du lendemain. Lorsqu'il était à Anvers, des huissiers vinrent un jour chez lui pour saisir ses meubles ; dans ce moment, il jouait du violoncelle. Dès qu’il sut ce que ces hommes venaient faire, il les reçut poliment, les fit entrer dans sa chambre à coucher et, pendant qu’ils verbalisaient, il sortit, emportant seulement son instrument, fermant la porte à double tour ; et jamais il ne s’informa de ce qu’était devenu son mobilier.
« Une autre fois, il lui échut un héritage qu’il fit réaliser et qu’on lui envoya en or. Jamais il n’avait vu de somme aussi considérable : ne sachant comment la serrer, il prit un vieux bas de soie, s’en fit une bourse et porta sa fortune sur lui. Des amis lui conseillèrent de placer cet argent, mais il leur répondit qu'il craignait les banqueroutes. Bientôt cependant, prêtant à tout venant, il vit disparaître cette ressource, mais il ne s’en mit pas en peine et reprit son train de vie, quoiqu’il touchât à la vieillesse. »
Il mourut à Bruxelles le 25 août 1835, à l'àge de cinquante-huit ans.
Platcl â publié : premier concerto pour violoncelle et orchestre (Paris, Gaveau) ; deuxième et troisième concerto (Paris, Pleyel); cinquième concerto intitulé
Le Quart ci'Heure (Bruxelles, Weissenbruck) ; sonate pour violoncelle et basse (Paris, Gaveau) ; huit airs variés (Paris, Nadermann) ; caprices ou préludes pour violoncelle (Bruxelles, Weissenbruck); trois trios pour violon, alto et basse (id.) ; six duos pour violon et violoncelle (Paris, Nadermann) ; six romances avec accompagnement de piano.
Les élèves de Platel sont : van Volxen, de Munck, Batta et Servais François.
Andries (Jean). Etait a la fois violoniste et violoncelliste. Né à Gand le 25 avril 1798, il est mort en la même ville en 1872. Il fut, en 1835, professeur de violon au Conservatoire de Gand, car il jouait surtout du violon. Il a cependant écrit, pour violoncelle comme pour le violon, un certain nombre de morceaux restés inédits.