Epilogue
Nous nous permettons, en terminant, de comparer le violoncelle au violon.
Dans les lettres sur Haydn de Bombet, on trouve l’amusante comparaison suivante. Elle est laite par une dame. En écoutant les Quatuors d’Haydn, elle s’imaginait être présente à la conversation de quatre personnes bien élevées. Le violon, pensait-elle, semble posséder l’éloquence cl’un homme de génie à la fleur de l’âge, et soutient dignement la conversation qu’il a engagée.
Ee second violon était un ami du premier violon, qui, plein d’abnégation, cherchait par tous les moyens possibles à le faire briller et prenait part à l’entretien plutôt pour approuver ce que disaient les autres que pour énoncer ses propres idées.
L’alto était un homme sage, grave, instruit, sentencieux ; il répondait au premier violon par de laconiques maximes, frappantes de vérité.
Quant au violoncelle, c’était une vieille dame assez disposée à bavarder, qui ne disait rien de
conséquent et qui donnait à ses interlocuteurs, pendant qu'elle causait, le temps de respirer : elle avait, il faut le dire, une préférence pour l’alto, à qui elle s’adressait plus volontiers.
Contrairement à ce qu’en dit l’auteur de cette pittoresque comparaison, il semble que si l’on voulait établir un parallèle entre le violon et le violoncelle, il serait plus naturel de comparer le violon à une dame qui cause agréablement et le violoncelle a un monsieur qui lui répond avec respect.
Cette seconde comparaison se poursuit mieux que la première, et jusque dans les moindres détails.
Le violon a.le timbre élevé de la voix de la femme et le violoncelle le timbre de la voix grave de l’homme.
« Les femmes sont extrêmes, a dit La Bruyère ; elles sont meilleures ou pires que l’homme. »
La femme est plus loquace que l’homme, ce qui faisait dire malicieusement : « Dieu a donné la parole à l'homme, mais c’est la femme qui l’a prise. »
La voix féminine du violon peut, elle aussi, traduire les sentiments extrêmes : tantôt elle a dans la chaconnc, dans les danses anciennes, une gaieté communicative, tantôt elle se plaint en des sanglots qui nous arrachent des larmes. Quelquefois elle exprime la grâce, la douceur, la tendresse, d’autres fois elle se déchaîne en des accents vi-