‹ Le Virgile du Vatican et ses peinturesChapitre 19 sur 30 · LK VIRGILE DU VATICAN · texte numérisé non relu

LK VIRGILE DU VATICAN

Fol. IV. K°, 2 85-3o5.

V°, 3oC-32i. r31anc de 5 lignes.

Fol. VI. Peinture 5 (A. lxv, 5; M. xii) : Bergers abreuvant les troupeaux [Geonj. III, 827 et suiv.). Deux paysans sont à droite et l'un d'eux donne à boire à une chèvre dans un bassin ([u'il tient à la main. Trois autres chèvres entourent son abreuvoir d'eau courante qui vient déborder au premier plan [currentem ilujnis canalibus). Des arbres à droite et à gauche. Dans le ciel (327) est une belle tète du Soleil entourée d'un nimbe rose et de sept rayons rose et or, avec cpiel([ues traits de vermillon figurant les nuages. A côté, une inscription en minuscules presque entièrement eflacée.

Lacune :

1° Fin (lu livre III : les peintures, réparties sur environ 7 feuillets, étaient enijuiiiiti'es sans doute aux épisodes suivants : Occupations des habitants des réijions septentrionales [Gcorg. III, 352 et suiv.); Elevage des brebis laitières (III, 3()'i et suiv.]; I.e serpent de. (Jalabre (III, 425 et suiv.); l.a peste du Norique (III, 47S et suiv. .

2° Début du livre IV :

[Fol. 7. frontispice du livre I\ : lilublisscment des ruches 8 et suiv.).

V", blanc Fol. 8. U", 1-21. V°, 2 2-42.

Fol. 9. R°, 'i3-5o; peint. : 'J'ravau.i des abeilles ^I^, 5i et suiv.). V°, ji GG. Blanc.

Fol. 10. Il", peint. : Combats des abeilles (IV, G7 et suiv. ; G7-75.] V°, 7G-()6.

Fol. VII. M", ()7-i 17.

Peinture G (M. xin) -' : f,c vieillard de Corycus [Georcj. I\ , 12.") et sui\.).

Le vieillard est assis sur une pierre à gauche, au pied (1(111 arbre; il a deux

Nous rcslifuous en arcordaiit un feuillet complet au frontis[)icc du livre, comme cela existe pour les livres de YEnèide. Si le IVoiilispice n'occupe (p('un recto, la restilnlioii doit

Mre cilridée d'iuie manière toute dilTi^rente; il faut sif;naler (ju'elle est ici plus diiulcuse (pie partout ailleurs.

I,'li('lio;j:ra> (ire accompagne notre li-av.iil.

doigts levés , comme s'il calculait l'époque de ses cultures ; en face de lui , un homme debout, en exomis bleue, levant les mêmes doigts. C'est Virgile luimême (i25). Ils ont tous deux le bâton à la main gauche. Entre eux, deux serviteurs tournés vers le vieillard se penchent et recueillent des fleurs roses [rosam, iZli) et des fleurs bleues [hyacinlhus , 187) dans des corl^eilles; l'un a \ exomis rose, l'autre \ exomis jaune, comme le vieillard. Au second plan, une maison champêtre, entourée de plantations de fleurs roses et bleues. Dans le ciel de teintes claires, une étoile (cf. 1 82) à six pointes, qui pourrait avoir été peinte postérieurement et paraît se rapporter aux calculs que fait le vieillard. Ce petit talîleau, assez bien ordonné pour les personnages et pour le paysage, est heureusement conservé; le fond cendré des premiers plans a mieux tenu que partout ailleurs.

Lacune d'un feuillet et d'une peinture :

Fol. 11. R°, 125-1(45. V°, i46-ii48; peint. : Les Curètes frappant leurs boucliers {Gcorg. IV, i5o-i52) f'^'; l^Q-lb7.

Fol. VIII. R°, 1 53-1 69. Blanc de fi lignes. Empreinte de l'encadrement du fol. XI. Cet encadrement a presque entièrement effacé i56 et 169, qui sont récrits d'une main moderne.

V°, peinture 7 (M. xiv)(') : La forge des Cyclopes [Georcj. IV, 170-175). Un des Cyclopes est assis à l'entrée d'une grotte aux blocs d'un rose violacé et maintient sur l'enclume bleue , couleur conventionnelle du fer, un morceau de fer posé sur des points rouges. Un serviteur paraît diriger un soufflet [taurinis follibus), tandis que deux Cyclopes frappent avec de longs marteaux de fer. A chaque coin du tableau est un serviteur; l'un dépose, suivant Mai, un bouclier derrière les rochers de la grotte; l'autre plonge dans un vase d'eau le métal brûlant [stridentia tingunt aera lacu). Dans le ciel volent une dizaine d'abeilles, qui servent à mettre en scène la comparaison de Virgile.

''^ Cette restitution est la première qui se présenté avec un caractère de certitude.

Nous ne doutons pas que cette légende, rappelée en quelques mots par le poète, n'ait inspiré au peintre un tableau analogue à celui

qui va suivre; il lui suffit souvent d'un vers ou deux pour trouver un sujet.

Mélanges d'arch. et d'Jiist., IV, pl. V.

Le texte du Vaticaims, pour lyS, porte antrum au lieu de Aetna.

[Ik3] LE VIRGILE DU VATICAN. 03

On lit sur le sol l'inscripUon CYCLOPES 'J. Quatre des personnages portent lexomis jaune rehaussée d'or, l'ini d'eux avec des dentelures laissant voir le haut des cuisses. Les deux autres personnages n'ont qu'une simple ceinture bleue pendant sur le devant, une sorte de ventrale. Les chairs, ([iii dominent dans ce tableau, sont rouge brique.

Lacune :

Une dizaine de feuillets et environ six peintures qui pouvaient représenter : L'enlèvement (les rayons de miel [Gcorg. IV, 228 et suiv.); Le sacrifiée d'un taureau (IV, 296 et suiv. ; Aristée pleurant ses abeilles (IV, Siy et suiv.); Aristée dans la grotte de Cyrène (IV, 2>(')?i et suiv.); La surprise de Prolée (IV, dSy et suiv.); La mort d'Eurydice (IV, 4^7 et suiv. .

Fol. IX. 11°, peinture 8 (A. xxi, 2; M. xv) : Descente d'Orphée dans les Enfers [Geonj. IV, 471 et suiv). Orphée lui, n'ayant sur les épaules (pi'une chlamyde rouge, et sur la tète un bonnet phrygien rouge aussi, chante en tVappanl sa lyre du plcclrum. 11 occupe l'angle droit du t;ihlcau; à côté est une entrée caverneuse des Enfers, où apparaît le fantôme blanchâtre cl distinct d'Eurydice [saperas veniebal ad auras). A côté, Ixion, attaché à une roue d'or qui s'arrête à la voix d'Orphée (/|8/|); au-dessus. Cerbère aux trois tètes, couché, meiiliouné aussi par le poète (/|83). L'angle gauche est occupé par la foule des Ombres (pu écoutent [lunhrae tenues); elles sont séparées du reste du tableau par les eaux bleuâtres d'un fleuve bordé de roseaux [dejormis arundo CjOcyli). Les huit corps cjui les représentent sont bien dessinés, mais recouverts d'une teinte violette, légèrement retouchée de blanc pour les lumières. La luème teinte enveloppe toute la scène, sauf la partie où se trouve Orphée et (jui est gris de cendre, pour distinguer le domaine des réalités de celui des Ombres.

Lacune d'un feuillet et d'une peinture :

Fol. 12. U", 498-516; blanc. V°, peint. : Orphée déchiré par les bacchantes [b-io el suiv.) ; 5 1 7-r)2 l.

Mai, à iDif : CYCLOPEES. — N'occupant que 21 ligues, à cause de l'introductiou daus l'interligne, par la première main, de 483.

64 PIERRE DE NOLHAG. [Ikti]

Fol. X. R°, 522-627 Empreinte d'encadrement en haut de la page. La moitié droite du feuillet ayant disparu, il n'y a que la première partie des vers.

Peinture 9 (A. xxi, 1 ; M. xvi) : Disparition de Protée {Georg. IV, 5 28 et suiv.). La moitié gauche de la peinture est seule conservée. Sous un large ciel bleu d'azur, on ne voit guère qu'une entrée de grotte sombre pleine d'eau, dans laquelle plonge un corps nu, sans sexe déterminé, enveloppé d'une teinte rose. Au fond, deux serpents, qui peuvent représenter soit les monstres marins dont Protée est le roi, soit une des formes qu'il aime à revêtir (cf. /io8). On a toujours vu dans ce tableau Eurydice mordue par l'hydre, et les dessinateurs ont donné au corps qui plonge des formes féminines. Cette interprétation semble absurde, si l'on se reporte au récit de la mort d'Eurydice {^^'] et suiv.) : Eurydice est mordue dans l'herbe en fuyant Aristée; la grotte et l'eau n'y ont que faire. Ces détails conviennent à Protée, qui était dans une grotte, nous le savons par le vers 4 18, et qui, dans les vers qui suivent immédiatement notre peinture, se précipite dans l'eau [spumantem undam sub vertice torsit)^'^^ Mai se croyait si sûr du sujet de ce tableau, qu'il a fait dessiner dans la partie absente un Orphée assis; il faut, au contraire, y restituer par la pensée les auditeurs de Protée, Aristée et Cyrène.

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