‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 23 sur 116 · LIVRE II. las · texte numérisé non relu

LIVRE II. las

(îliacuu connut bien la malice

Du dévia Calchas et d'Ulysse,

Kt comme on jouait tout cela !

(IhacuQ pourtant s'en consola /

Chacun songeant qu'il pouvait être ,

Ainsi que moi nommé du traître ^

Kt que le sort sur moi jeté

I^es mettait tous en sûreté.

Un sacrificateur m'empoigne»

Va sur moi se met en besoigne ;

M'ayant bien aromatisé^

1*U purgé, saigné, ventouse ,

On mit plus d'une savonnette

A me rendre la peau bien nette;

On me peigna, lava, rasa, •

Oa m'ajusta, pondra, frisa ,

Elt ma tête ainsi bichonnée

iVun chapeau de fleurs fut ornée ;

On dit qu'il me faisait beau voir.

Je feignis de tout mon pouvoir

De prendre en gré le sacrifice ,

l'^t d'aller content au supplice.

«fe vous le cçnfesse pourtant,

Jamais il ne m'ennuya tant ,

l^e ciel d'un pareil mal vous garde!

Or, on fit si mauvaise garde ,

Que je me sauvai finement,

il ne vous importe comment.

Je ne sais rien de ce qu'ils dirent ,

Ni des grandes clameurs qu'ils firent ;

Mais je sais que faute de pain *

Je pensai bien mourir de faim.

Ma fuite ayant éié secrète ,

Je fis à Taise ma retraite ,

Et me cachai dans les roseaux »

D'où , jusqu'à tant que dos vaisseaux

Eussent éloigné le rivage.

Je ne bougeai comme homme sage.

Ha foi j'étais bien affligé

Tant de mon père fort âgé ,

Dont je ne verrai plus la face.

Que de mon orpheline race.

Sur laquelle mes ennemis.

D'un crime qu'ils n'ont point commis.

Dont je suis innocent mèi-méme»

Par une barbarie extrême,

Voudront par Ulysse irrités

Exercer mille cruautés.

Ayez donc pitié, je vous prie,

D*un pauvre malheureux qui crie.

Et ne lui donnez point la mort^ En quoi vous l'obligerez fort.

Vous conjurant par votre femme.

Cette très -excellente dame^ D*avoir compassion de moi.

Aussi ferai-je, en bonne foi, Lui dit Priam, mais en revanche De vous avoir de ma main blanche Désembàrrassé des liens Dont vous ont garotté les miens ^ Faites-nous savoir l'origine ^ De cette puissante machine ^ Et si c'est pour bien ou pour mal> jQu'ils ont bâti ce grand cheval; Si c'est niiachine pour combattre ; Ou si ce n'est que pour s'ébattre.

Si c'est une dévotion ; finfin quelle est rinlenlioi)

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