‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 34 sur 116 · LIVRE H · texte numérisé non relu

LIVRE H

Vous sera , par juste hym^née , Par monsieur son père donnée , C'est rkifabte Lavinia , Dans laquelle vice il n'y a ; C'est une vrai boute-tout-cuire, Qui ne fait que sauter ei rire, Et ne va jamais qu'au galop -y Bref, cette princesse vaut trop.

Prenez grand soin de notre iule j Gardez'le du pied de la mule ; Faites-lui montrer le latin.

Et quant est de notre destin , La grand'mère des Dieux , Cybèle, Me fait demeurer auprès d'elle Pour être sa dame d'alour.

La sienne mourut l'autre jour Avec quatre ou cinq de ses filles.

Pour avoir mangé des morilles.

N'ayez donc plus de moi souci , Je me trouve fort bien ici. »

Lors, j'aurais voulu dans ces lieux.

Lui faire mes derniers adieux ; Mais lui jetant les bras au cou , Je pensai bien devenir fou, Quand , l'ayant trois fois embrassée , Trois fois de mes bras éclipsée, Je connus n'avoir embrassé Qu'un vain corps, un air condensé.

Or, n'aimant pas trop les (bntômes.

Ni tout corps composé d'atomes, Je ne m'affligeai pas bien fort , Puis qu'ainsi le voulait le sort.

Tôt après , jouant jde la jambe , De la pauvre ville qui flambe ,

176 ' L'ÉNÉIDK TRAVESTIE.

Dans les champs je me transporui »

Où Dieu sait comment je trottai Jusqu'où m'attendait notre bande, De petite faite bien grande^ Hommes, femmes, maîtres, valets, Tous chargés comme des mulets.

En ce lieu s'étaient venus rendre , Et m'avaient fait l'honneur d'attendre Que je fusse là revenu.

Sitôt qu'ils m'eurent reconnu»

 ma conduite ils se remirent, .

A moi , comme à roi se soumirent.

Je leur promis affection, Justice et ma protection.

Ils promirent obéissance ; Et que j'aurais sur eux puissance.

Gomme le roi sur son sergent, Et la reine sur son enfant. Puis, sans s'amuser davantage.

J'ordonnai qu'on pliât bagage; Et que vieillards, femmes, enfants.

Et tous les corps plus empêchants.

Devers la montagne filassent , Et dans les grands bois se coulassent.

Mon père les y conduisit.

Là-dessus le soleil luisit , Et de sa fare safranée La forôl fui enluminée; Et moi , les mains sur les rognons, En léie de mes compagnons Qui n'avaii^nt pas le cœur en joie»

Je t<iurn;ii le derrière à Troie Et le nez vers le nioni I Ja , Où chacun de nous se gninda.

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