‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 38 sur 116 · LIVRE iir. m · texte numérisé non relu

LIVRE iir. m

La populace nifuMn^

Au capitaine Idom^née

Avait fait affront solennel

En son royaaint poierael ;

Si bien que le tyran de Crète

Avait délogé sans irpoipettc.

Sans dire : adieu jusqu'au revoir.

Certes nous ne pouvions avoir

Occasion pi us fevor^^blc ;

Et c'étak chose vt^îaemblablQ , '

Que moi»père avait deviné

Le pays par les Dieu* donné j

Qu'on y recevrait a^eo joie

Les pauvres exilés de Troie ,

Puisque dans ce pays promis

On maltraitait nos ennemis.

Nous quittâmes done Oîrty gie 5

La flotte conduite et régie

Avec grande adresse et grand art,

Vola sur mer comme nn trait d'aro*

Nous vîmes Naxos, dont les vignes

Ont rendu les coteaux infeigoes ;

La petite île Oléaros, Les îles Cyclades, Paros ; Paros fameuse pai» sesmarbi^, Et Deiïise ceiivefte d'arbres j Et d'autres lieuK de cette mer.

Qui ne valent pas les nommer.

Les matelots qtfi dans la Crète Espéraient bientôt le«r retraite , Poussaient mille ofisécUitaiits, Se voyant aidés du beau temps.

Les vents à eoubali de nos vdiléB Faisaient enfler toules les toile» j

i9t l*£néidb travestu.

Enfin le Ciel nous secourut Si bien , que la Crète pairut , Oii notre flotte mise à terre Ne se souvint plus de la guerre*

Je me mis d'abord à bâtir.

Et terre à chacun départir.

Je nommai la ville Pergame, Mom qui remît la joie en Tâme.

De nos Troyens désespérés Des maux qu'ils avaient endurés.

Je fis de beaux discours en proi^, Afin que devant toute chose On travaillât à la cité; Et pour plus grande sûreté Qu'on bâtît une citadelle , Aussi forte que La Rochelle?

Je fis tirer nos nefe du port Que Ton mit à sec sur le bord.^ Tous les jours je rendais justice; Ou travaillais à la police; Je visitais les bâtiments Et fôisais force règlements; Je mariai garçons et filles Pour mieux conserver leurs familles ; Je fis planter des espaliers , Non pas pour un^ mais par milliers.

Comme aussi des arbres par lignes , Semer du blé 9 planter des vignes.

Sans oublier force melons Qui sans doute eussent été bons 9 Car j en avais reçu la graine D'un gentilhomme de Touraine.

Bref, tous ces préparatifs-là , Promettaient assez; quand voilà.

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Par une maudite influence Qu'une maligne pestilence Prit les pauvres Troyens en but, Et leur fit avoir le scorbut , Dont, hélas! la plupart moururent.

Item , nos pourceaux ladres furent , Nos brebis eurent le claveau , Et tous nos chevaux le morveau i Nos poules eurent la pépie Dont plusieurs perdirent la vie^ Les autres cassèrent leurs œu6; Nous perdîmes vaçbes et bœufs Par le défaut de pâturage.

Plus de beurre, plus de fromage ^ Aux champs» de l'un à l'autre bout.

Les chenilles mangèrent tout.

Du soleil la terre embrasée ,î

Faute de pluie et de rosée,

Se fendit en plusieurs endroits ;

Les arbres dans les vallons froids ,

Gomme en la plaine découverte,

Perdirent leur perruque verte,

Et dans les jardins tout fut cuit;

Point de champignons, point de fruit ;

Car la terre sèche et brûlante

Ne produisit herbe ni plante.

Enfin par la peste et la faim.

Sans vin , saaseau, sans chair, sans pain,

Notre maudite destinée ,

S'en allait être terminée,

Et dans ce malheureux climat

Nous recevions échec et mal.

Mon père, le prudent Anchise,

Mouillant de pleurs sa barbe grise,

m L'ÉNÉIDK TRAVESTIE.

De regret de finir ses jours ,

Nous exhorta par un discoursi;

Aussi triste qu'une élégie,

De retourner dans Ortygîe,

Pour y prier le beau Pbœbus

De nous vouloir tirer d'abus ,

Et sans barguigner, nous apprendre

Si nous n*aYions plus qu'à nous pendre,

Ou dans quelle contrée enfin

Nos infortunes prendraient fin.

La nuit brune, sœur d'un blond irère.

Avait noirci notre héoNsphère ; Tout dormait en cet univers.

Excepté les faiseurs de vers, "^ Les sorciers, noueurs d'aîguiUettés, Les chats-huants et les cfaonettes, Les plaideurs et les loups-garous, Les amoureux et les filous. ; J'étais couché mal à mon aise, Entre la puce et la punaise.

La lune avec beaucoup d'éclat Illuminait tout mon grabat, Perçant de ses raïs ma fenêtre; Quand je vis devant moi paraître Nos Dieux , par moi du feu sauvés , Et depuis toujours conservés.

Je les vis , les Dieux de Pergame , (Je vous le jure sur mon âme.

J'en jurerais bien sur ma foi , ) Je les vis, comme je vous voi , De mes deux yeux; et non en song^e, Moi qui n'ai jamais dît mensonge.

Certes , si jamais je le fus, Tant d'honneur me rendit confus.

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