‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 45 sur 116 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Particulier à tous les vôtres ,

Et qui n'est pas fait pouf les JI«(^eè. |

Après force dangers cotii*uS, "*' ^^

Lorsque vous Verréi Pélof us ,

Prenez le chemin de Técoté, '' " '; *'

Et n'allé» pas , en léte folle; ' '' .^

Choisir le chemin le plus conr*t.

En œ^ détroit-là, fesin qiil court

Est bien pire que l'éâtt Cfdûpîé. ' "

Jadis Sidîe et f Hespéf le » » • •

N'étaient qu*tf ti pays Côntîgu , . V j Et formaient ûtt iûdivîda. '"'

Mais soit par le tétopâ qiiî tôiil fttailg^. Ou par Teau qui Id terre matigc^ ' ^ Ou bien par'quelque iretobîemerît , Ou -plutôt, je ne Sais Côftmietïi ,

Les deux terres &e séparer eiit ,

Les fflols entre deax se fourrèrent,

Et depuis qiills S'y sont fouri'éè.

Ils ne s'en sont point retirés. \\ ^

Ce fameux détroit de Sicile

Est gardé par Charybde et îScyilé 3 ' ' .

Et ces deux Suisses dû détroit '\ "

Sont Fun à gauche, et Tautrefâ dvàtl. \,

Charybdë, dé son profond goUfrre , ' ' '' ..j

Gobe les flots ctouleur de sôuttîe , '

Et puis trois fois les revoihît

Vers te éiél, lequel en frémit.

Scylle ne bouge de Son antre,

D'où l'eau sort, entre, ressort, rentre, * j

Tâchant d'attifer les nochers . . . ,

Dans les pointes de ses rochers.

Elle a beau museau de donzellé.

Estomac à dohble mamelle,

SM L'ÉNÉIDË TRAVESTIE.

Le reste da corps loup-marin , Et la qaeue ainsi qu'un dauphin.

Piatôt que de la voir en face »

Il bat que votre flolte fasse ^ Côtoyant Pachin y un grand tour; Car dedans l'horrible séjour De cette donzelle marine , Et de sa cohorte canine , Je me trompe, ou vous et vos gens Passeriez fort mal votre temps.

Et si vous me croyez fidèle , Et qae maître Apollon révèle A moi son serviteur discret L'art de deviner un secret.

Je vous avertis, et pour cause.

De tâcher, sur toute autre chose, D'apaiser la dame Junon , De célébrer partout son nom , Lui bire souvent sacri fice , Afin de la rendre propice.

Autrement tous vos vains efforts Voas lasseront Tâme et ie corps ; Et sans elle , dans votre affaire^ Vous ne ferez que de Teau claire.

Et quand du bord Sicilien, Vous gagnerez ritalien , Au travers des flots pleins d'écume, Et que vous serez dedans Gume^ Si vous me croyez , allez voir La sibylle dans son manoir.

C'est une vieille bien barbue, Mais de grande science imbue.

Qui sait faire tourner le sas.

Et dont tout le monde fait cas.

, LIVRE ni. 221

Vous verrez sa sombre caverne

Au milieu des lacs de l'Âverne ; ,

Elle n'en sort ni peu ni prou ,

Et vit comme un vrai loup-garou.

Alors que quelqu'un l'interroge

Devant la porte de sa loge , ;

Dessus des feuilles elle écrit !

Ce qu'elle apprend de cet esprit ';

Qui loi révèle toutes choses.

Hais avant que ses portes closes ^

S'ouvrent avec grand vent, et bruit, ,

Si le suppliant mal instruit

Ne lit ces feuilles arrangées ,

Aussitôt par le vent changées ,

D'ordre et de situation^

Tout se met en con fusion ;

Pour avoir été mal habile ,

Mal satisfait de la sibylle, •

Il s'en retourne aussi savant 9

Le nigaud^ qu'il était devant.

Or, vous, n'allez pas par faiblesse»

Soit que* votre troupe vous presse.

Ou que le temps vous semble beau»

Remonter dans votre vaisseau ,

Auparavant que Tédentée

Ait été par vous consultée.

Par ma fui vous gâteriez tout,

C'est un démon, et haye au bout:

Vous saurez de fil en aiguille

De cette vieille et docte fille

Qu'on croit n'avoir plus que la voix»

Les. noms des peuples et des rois

Qui font la nation latine.

Oui, cette sorcière divine

J32 UÊNÉIDE TlUVESm

Vous dira comme U feut marcher En tous vos desseins sans brondicf ; Quelles gens vous feront la guerre En cette bienheureuse terre, Et comment pour les bien frotter Vous aurez à vous comporter.

Allez , restauràteur de Troie , Peu s'en faut que je n'en larmoie; ^ Allez enter, homme de bien , Le Troyen sur l'Italien; Et que votre gloire immortelle Monte jusqu'au ciel sans échelle.

Le sage ayant ainsi parlé , Dont j'eus l'esprit bien consolé , Il me régala de Tépée Dont Polixène fut frappée ; Comme aussi du pot à pisser, Et de r arbalète à chasser De Pyrrhus , de sa gibecière , Et d'une belle coutelière Dont la gaine était de cuir neuf, Les manches d'un bel os de bœuf.

Et les couteaux de fine trempe, D'un fer d*hallebarde sans haippe Qui de rouille était vermouhi, Quoiqu'il fût tout frais émoulu j D'excellente bierre une tonne, Deux grands chaudrons faits à DodonÇi^ La demi-dent (î'un éléphant.

Et des babioles d'enfant Pour divertir le jeune Ascaîgne , Une poêle à griller châtaigne.

Un trou-madame, un tourniquet.

Un très- excellent perroquet

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