‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 52 sur 116 · LIVRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME

Gepeniuiit la reine Didon

Perdait sa face de dondoo ,

Pour prendre celle d'un étique ,

Tant amour forcené la pique*

En vain pour ce feu violet ,

Causé par un désir follet »

La pauvrette boit à la neige ;

Son chaud tourment point ne s'allège;

L'insensée a beau boire frais/

Elle ne se fait que des frais.

Tantôt d'iEiféas le mérite

Fait sa poitrine une marmite,

Que fait br Aler bûche et tison ;

Et tantôt la bonne maison

De ce ravissant personnage /

Donne l'assaut à son veuvage :

Et puis son visage charmant

Vient lui troubler l'entendement.

Cette pauvre Reine des folles

S'attache à ses moindres paroles ,

Toute seule s'en entrelient ; Puis elle dit : mon cœur en tient :

« Mon cœur à l'amour si rebelle, « Et ma franchise en a dans Taile.

« Hélas! Que nel'ai-Je paré , « Le rudç coap qu'on m'a tiré! »

Ayant sur ie père â'AscAgne Tant fait de châteaux en Espagne, Elle s'en alla mettre au lit, Pour se reposer un petit.

Mais le repos, qui tout enchante , A sa passion violente Ne peut le remède donner.

Elle ne fait que se tourner, Pour trouver uae bonne as9iptte f Sa fièvre toujours rinquiète»' Elle se perd çt le voit bien. • * La malheureuse n'y peiH ri^« Elle s'irrite , elle se fâche , Consulte sa raison, et tft<sbe D'apaiser ses sess jfdroenés.

Ma fpi ne n'est p98 pour «en oe^l

Sitôt qu'elle vit la luvière.

Elle appelle sa ch^aii^riôre.

Et lui dit: « faites-moi tenir.

« Ma sœur, je veux TeRlf eMpir. »

Cette sœur avait nom àf^P^ AWQ ft Teint olivâtre , H m% de imw , .

Et bien moins belle q^ie §a. Aoeur» .

Mais aimable^ur sa dau/cfur ; Capable d'un» biMned8(iîre$ ; Qui savait parler et se t»ire| Et si pleine ideebarité Qu'en un cas de nécessité -

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Elle eût été darioletie;

D'ailleurs de conscience nette.

Sitôt que la Reine la vit ,

Rouge en visage , elle lui dit :

« 0 ma sœur Anne ! 0 ma fidèle !

( La faisant asseoir auprès d'elle.

Et lui jetant les bras au cou. )

« Dis-moi donc» ma sœur, pourquoi? d'où?

Gomment? Par quelle destinée

Est venu chez moi cet Énée?

0 qu'il est frais 1 0 qu'il est gras !

0 qu'il est beau » quand il est rasl

Qu'il est fort ! Qu'il est beau gendarme I

Que sa riche taille me chai me !

Que son œil fendu, grand et bleu,

Décoche de matras de feu

Sur dame, ainsi que moi peu fine,

A n'afmer pas bien sa poitrine I

Quiconque le croirait issu

Des Dieux » ne serait pas déçu.

Quand quelqu'un a l'âme poltronne , <

A tout bruit il tremble, et s'étonne^

A tout coup il saigne du nez.

Hais ce roi des déterminés »

Combien de places enlevées ,

Combien de guerres achevées, .

Le font sans con tradiction

Passer chez toute nation,

Pour vaillant comme son épéo « .^, ,

En sang Grsc si souvent trempée a

Et qu'on m'a dit être un vieux louj^,

Qui tranchait , et du premier 60iip,i

Un chenet comme une chandelle! j

Dieu me veuille délivrer deUeï

0 si je D*avais résolu De vivre en un éiat solu j Si je n'étais bien résolue, Après avoir été solue D'un homme qui me fut si cher De ne jamais me rattacher } Si je ne craignais mariage Pour un mari qui n'est pas sage } Oui, si je ne l'avais juré, Que ce nœud qui tient si serré , Ne me serrerait de ma vie ; Je te confesse mon envie> Mais n'en dis mot , ma chère sœur.

Cet homme me devient au cœur.

Depuis la mort du cher Sithée ^ Je ne m'étais point requinquée; Et qui m'eût parlé d'un mari N'eût pas été mon favori.

Mais depuis que j'ai vu mon hôte»

Mon corps percé de côte en côte « Je te le confesse, ma sœur, A fort mal conservé mon cœur.

Ma blessure n'est que trop vraie; Je saigne d'une même plaie ; Je sens les mêmes accidents.

Qui m'inquiètent le dedans , Et reconnais bien que mon âme Brûle d'une pareille flamme. ^ Mais certes je Tétouiferai Cette flamme, ou je ne pourrai.

Avant que ce malheur m'arrive.

J'aime mieux brûler toute vive ; Ou plutôt que mon chien de corps Soit mis bientôt au rang des morts »

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