‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 56 sur 116 · UVRE IV. M · texte numérisé non relu

UVRE IV. M

Contre leur donjon escalade,

La mère de cei Encelade , :

Et de Cflee» autre grand voleur , . ' *

En accoucha par grand malheur*

Ceci soit dit sans lui déplaire , *

La Terre ne pouvait pis faire :

Quand elle en aurait avorté ,

Elle aurait bien plus mérité.

Ce monstre bizarre et fiintasqtie

Va vite du pied comme un Basque , .

A le corps de plumes couvert ^

Sur chaque plume un œil ouvert » .

Une oreille toujours ouverte ,

Langue à craindre, et bouche disente ^

Qui dit tout indiflëremment

Ce qu'elle sait » et souvent ment. .

La nuit elle fait diligence , . /

Cette pernicieuse engeance,

Et vole comme un chat-huant ,

Ses vastes ailes secouant

Entre deux airs sans prendre terre;

Puis le Jour elle fait la guerre ,

S^entead à Tœil , sur une tour, ^

Et prend garde tout à l'en tour »

L'oreille ouverte pour apprendre

Ce que sa bouche doit répandre.

Tout beau , je parle en singulier . . j

Devant que parler en plurier ;

La maie béte a des oreilles , . -- '

Des bouches pâles on vermeilles ^

Et des yeui jour et nuit ouverts,

Noirs, bleus, gris, blancs, jaunes oa verts»

De la couleur il ne m'importe , '

Autant que son maigre corps porte

Vm L'ENÉIDE TRAVESTIE.

De plumes, dont H est aussi. • . . Porté tant par-Jà que par-«i 9 .

Ou par- ci y par-là , Ttui yant J'qhIcq i En un métier eocitne ie nilr^î On ne rime pas eoi&me on :veiui ,: . . Hais seulement comme Toa pei^t^ : :

Cette conteuse de nouvelles > En fit partout courir 4è i)eHj»$ ^ . . .., , Tant d'iEséBS que de INéoti^ :

PubliaM qu'elle avait foi t: éon • De sa main à messîre Énde, . i . Cela par loyal l)yn>éiiëe, .., i-

Et qn'iEnéas de son oàlé .- {

S'était sottemetit garrotté.? .• t

Que ce restaurateur deTfoiè- Vivait au comble de la joie . : .. ^

Avec la dame , et que tous éenii^ <. •> • z Sans se mettre en peine, si d-eon > Sortiraient lesdeurx répal)iiiqace^ -,' ./ r ; Par lesquelles à coaps de piques, ' . / ^ - De daguesy masses, ftèebcjB^.danrd^ .i; ' Sont tombés tant de bonséotrdarlap* • i Ne s'occupaient plus dans Caitkng» • Que des menus soins da ménagpp;..' ■..; \\ Et passaient les jours tout^eniier». • A prévoir pour lèare hértli6i8«< < :• . » Leurs courtisans faisaient deméma; il Tout était veille de carême, . . / . i

Les vendredis et samedis . l .; i: i Comme les lundis et imordi^ > i> ^. . l On n'entendait que stérénades/ ■ ^■'.- i Obi» voyait que mascarade , . L- . / Faire festins j doiiseràialèets;.: ' , . : ' i Fous les BNiltres, feus les valetsji -r .t L

LIVIŒIV. S7S

Tout allait en cour par ëcueUes^* Tant les messieurs que tes diJnaeUes « . ^ Les doDzelles qae les mesBiewrsi ..*

Faute d'exerdceBineiltettrsf . ir '• :« Se faisaient gentille grimace . • î Se riaient doneement en ftrae; Les plus mofigèn«s d^est tous «^ > . » Pouvaient passer pour de graicblbtfBt '^ Que Didon était résolue, • : *'' • = ^

Dût-on l'appeler dissolue, Et quand bien on en médlrnii , A vivre totiti^e cHe ftilsaît.

Ce sont les discovirs malbo^^^es y* • « Dont la plus mé(3hante des béfes> Rendit les peuples ébahis , Du vaste fibyque pays I Puis elle alla trouver larbe ^ ■ . /

Le Roi dli peuple pique-barbe; < *

C'est le fits de Jopin Âmmi)^ ^ (

Et Garamante une guenon. • >- -' ' Ce prince honorait fort son père, - » • Et n'honorait pas moins sa mèl^e , Afin de vrvre longuement ^ Pour cela magnifiquement •/ • -'^ Il avait fait bâtir cent temples De riche structure, et fort amples j Dans ces cent temples , cent autels-, Peu de gens en ont vu de tds , Ornés dé figtires taillées, Très-artîsteàient grisaîllées. «' • Devant chaque autel lampe éliiic^ - Qui beaucoup dlinile lof coûtait , ' Étant jour et nuit allartée. • ' • ^ U , mainte victime assommée ' • ' •

176 L*ËNËIDB TRAVESTIE.

Par ce Roi noir vêtu de blanc, Engraissait la terre de sang.

Les portes en étaient ornées De fleurs de rubans cordonnées^ Et les rubans comme les (leurs.

Étalent de diverses couleurs.

La nouvelle étant donc semée Par la méchante renommée ^ Que Didon et le Phrygien Scandalisaient les gens de bien, Ce prince du pays Libyque, Comme un amant bientôt se pique.

Et qu'il avait l'esprit hauMîn, Crut qu'il n'était rien plus oertain.

Il s'en alla tout en colère

Au temple s'en plaindre à son père; Voici le discours qii*il lui tint, Les yeux pleurants , pâle le teint, .

Et les mains vers le ciel haussées L'une dans Tautre entrelacées :

« 0 grand Jupiter , réyéré Du Maure au grabat peinturé 9 Et qui pourtant n'as grande cure Du JÎfaure, ni de sa peinture; Quoique le Maure en vérité, - Boive souvent à ta santé.

Ton tonnerre et tes pétarades , Ne sont donc que fanfaronnades ?

Et tout le bruit qu's^u ciel Ton fait , N'est rien que du bruit sans elfet ? Quoi, le bon qui te sacrifie, Et le méchant qui te défie.

N'en seront donc ni pis, ni mieux ?

Et la terre au*dessous des cieux

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