‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 57 sur 116 · LIVRE rv, N*aura que le désavaniage D'être plus basse d*un étage · texte numérisé non relu

LIVRE rv, N*aura que le désavaniage D'être plus basse d*un étage

Et moi qui te sers nuit et jour, Et la DîdoD qui fait Taoïolir, Mërîterons de même sorte ?

Si bien» Jupiter, qu'il n'importe De faire bien, de faire mal , Auprès de toi tout est égal ?

Une Didon , une coureuse, S'en vint en faisant la pleurepse, Nous demander place à bAtir; Cette fugitive de Tyr Qu'en ce rivage nous reçûmes.

Et dont compassion nous eûmes , Est éprise d'un autre gueux , Qui se fait nommer le pieux, Cet autre Paris, cet Énée Avec sa troupe efféminée; Comïne une donzeUe accoutré.

Frisé, fardé, poudré, mitre D'une toque Héonienne, Avec cette Sidonienne , Perd son temps , repousse la main Qu'Iarbe lui présente en vain»

Ainsi par cette bonne Dame, Cependant que je te réclame Je me trouve déconvenu , De quoi je te suis bien tenu.

A d'autres, Jupiter, à d'autres.

Si sur les sacrifices nôtres Tu fondes tes meilleurs repas.

Ma foi tu n'engraisseras pas.

De mes victimes assommées , Et de mes lampes allumées ;

a-îS L'ÉNÏ^JDK TRAVKSTIE.

Je suis fort mal récompensé.

Vraiment, si je Teasse pensé , Je n'eusse pas perdu ma peine , Et mainte vacbe et béie à laine , Seraient encore dans leur peau , A faire honneur à mon troupeau. »

Cette harangue bien sensée»

Aussi chaudement prononcée , Eut tout l'effet qu'elle devoit.

Seigneur Jupiter qui tout voit Vit le monsieur et la madame Qui s'appelaient mon cœur, mon ànle, Et l'un et Tautre embéguinés Sans cesse se riaient au nez , Sans se mettre beaucoup en peine, Autant iEnéas qufe la Reine S'ils faisaient les gens caqueter.

Cela fâcha fort Jupiter, Il appela son fils Mercure , Bâtard de gentille nature, Et bien aussi morigéné , Qu*un garçon sans offense né.

Il est vraî qu'il aimait à prendre -, Mais on en est quitte pour rendre , Sitôt que son père le vit.

Voici le discours qu'il lui fit :

« Va faire brider un xéphyre , Monte dessus , et t'en va dire A maître iEnéas le Troyen , Qu'il ne fut jamais qu'un vaurien ; Que sa mère de son courage Nous avait promis davantage; Deirx fois des mains des Grecs sauvé , On ne l'avait pas réservé

.LIVRE IV. tp^

Pour fuire ie l'amaDt fidple » , j

Ou pluiôt du Jeao de Nivelle; ^ , . •

Dis-lui qu'uD gentil muscadin » ,

Pour dompter le pays latin »

Est un mal propre personnage»

Et que de Teucer le lignage

Demande un homme de vertu

Et non de mollesse abattu» , -,

Pour le faire bientôt renaître^

Et dans le bas monde paraître

Arbitre de tous les États ,

Foulant aux pieds les potentats. ,

Si cette grandeur Timportune, ^

Qu'il n'eny)écbe pas la fortune . >

D'Âscagne» à cela destiné

Par un arrêt au eiel donqé*

Qu'il cesse doue de me déplaire,

Qu'il navigue , et me laisse faire ^ : \

Et s'il dit qu'il n'en fera rien i

Qu'il s'aille, vous m'en tendez bi^n; . . '

Je ne veux point dire le reate;

Vole donc, mon fils, adieu» pre^lie. » ^

Ainsi lui parla JupileF } Et Mercure alla s'apprêter.

A ses talons , que mule aucune Par respect jamais n'importune »

Tatoniiiàres il lyusia » ^

Et puis proprem€|nt ajouta A chacune une paire d'ailes , Car ce Dieu ne pourrait sans eliea ,.

Quoique Dieu» non plua qu'un coiÛoU^ :

Voler sans se casser le cou* Mais quand il a la jambe armée . (

Desa talonnière empluroée, '.

SIO L*ÉNÉIDE TRAVESTIE.

Dessus la terre et dessus Teau ,

11 ne se trouve point d'oiseau

Qui voulut faire une carrière ,

Contre un tel porte-talonnière ,

Qui pourrait de vol disputer

Avec le fils de Jupiter.

Et puis il prit son caducée :

C'est une verge entrelacée

D'une couple de beaux serpents ,

Entortillés et non rampants.

Avec cette verge il fait rage

Ce Dieu patron du brigandage,

Prononçant certains mots follets

Qu'on dit jouant des gobelets ,

Et dont j'ai perdu la mémoire ,

11 fait ce qu'on ne pourrait croire.

S11 ne fait qu'un homme toucher,

En enfer il se va cacher.

Et s'il veut retirer cet homme ,

Le retouchant, il en sort comme

Qui dans l'enfer n'a point été ,

Sans être de son feu gâté.

Quand il veut qu'un homme sommeille ,

La lui fourrant dédans l'oreille ,

Il le fait bientôt sommeiller ^

Et quand il le veut réveiller,

A deux ou trois bons coups qu'il donne

De son bâton ^ il n^est personne

Qui ne se réveille en sursaut.

11 en fait le froid et le chaud ;

Delà même, il fait la tempe te ,

Et quand elle fait trop la bête,

11 la dissipe en un instant :

Avec ce bâton important

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