‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 98 sur 116 · LIVRE VL 4i · texte numérisé non relu

LIVRE VL 4i

La diseuse de logqgriphes , Roulait ses yeux, raonirait ses griffes, Hors de lerre en l*air s'élevait , Disant tout ce qu'elle savait , Que l'on croyait comme Évangile.

Voilà quelle était la Sibylle, Que maître ^néas alla voir.

Puisque vous voulez le savoir.

D'abord le temple magnifique Exerça fort la rhétorique Tant des Troyens que du Seigneur, Quoique d'ailleurs homme dhonneur, Un des plus grands parleurs du monde j Nation dont la terre abonde , La plupart grands diseurs de rien, Au grand malheur des gens de bien ; Ce temple était pour sa peinture Aussi beau que pour sa structure , Et n'avait pas été bâti , Par quelque petit apprenti , Ou par quelque maçon de balle, Mais par l'ingénieur Dédale, Qui de peur du tyran Minos, S'étant appliqué sur le dos Une paire d*ailes bien faite , Avait ainsi fait sa retraite, Faisant bien peur chemin faisant A maint oiseau, qui Tavisant, Quatre ou cinq fois gros comme une oie, Le prenait pour oi«eau de proie j Enfin si bien en(^pliimaché , Ayant dans l'air longtemps haché, il vint 9 charrié sur ses plumes , Se httcher sur la tour de Cumes^

kSù L'ENÉIDE TRAVESTIE.

Non sans grande adiiii ration.

i)e loute celte nation.

A maître Apollon par hoj[Dmage Il fit présent de son plumage; Et puis charpentier et maçon , Fit un temple de sa façon.

Sans m'amuser à le décrire, Car sa beauté s'en va sans dire, - Et jamais auteur bien sensé N*a fait temple rapetassé.

Mais toujours temple magnifique, De marbre plutôt que de brique.

Ce beau temple donc, qui sera Superbe autant qu'il vous plaira , lîtait bien peint sur son portique A huile, à fresque ou mosaïque.

Et ces tableaux représentaient Les Athéniens qui battaient Rudement le Prince Androgée , Bont son Altesse su^rchargée De trop de coups et trop pesants, Avait fini ses jeunes ans.

Minos était là, dont la mine D'homme qui rend sa médecine , Faisait au peuple meurtr ier Peur de n'avoi^r point de quartier.

Puis on voyait le peuple Attique, Du viol de la foi publique.

Qui se repentaiç, mais trop lard.

Contraint de tirer au hasard.

Ou bien au sort, si mieux on Taime, Car ce n'est qu'une chose môme.

Ils tiraient donc en gjand souci, Minos le commandant ainsi ,

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