‹ Le Virgile travesti en vers burlesquesChapitre 7 sur 227 · DUPIN · texte numérisé non relu

DUPIN

A MONSIEUR L'ABBÉ SCARRON

Mon bon Monsieur Virgile, il vous faut retirer: Assez, par vos beaux vers, vous avez fait pleurer Les bonnes gens émus de voir le pauvre Énée Tourmenté par Junon contre Troie acharnée ;

Mais maintenant, Seigneur Maron,

11 faut céder au Sieur Scarron, Qui, d'un style rempli de beautés et de charmes,

Et par d'incomparables Vers

Fera rire tout l'Univers De tous ces accidens qui nous causoient des larmes.

Richelieu et membre de l'Académie française. On lui doit un grand nombre de comédies et de tragi-comédies. Boisrobert était un des amis et des visiteurs de Scarron, qui avait été charmé de faire connaissance avec lui à cause de son influence sur le cardinal ; mais ils devaient se brouiller en 1655, où ils se trouvèrent en concurrence au théâtre pour le même sujet (les Généreux Ennemis), sans parler de Th. Corneille, qui s'était également rencontré avec eux. Dans une lettre à Marigny Scarron a décoché à Boisrobert un quatrain sanglant.

1 Personnage à peu près complètement inconnu, malgré les grands airs qu'il se donne dans ces strophes. C'est très-probablement le Dupin, maître des cérémonies, dont le Dictionnaire des Précieuses de Somaize parle en ces termes, sous le nom de Philémon : « Philémon est un galand homme qui a esté rival de Strabon (Scarron) dans la composition de la Gazette burlesque, qu'il a faite durant quelque temps sous le nom de la Muse de la Cour, » etc.

Cédez-lui donc sans résistance, Car d'autant plus que vous il se fait admirer, Que l'on tient pour maxime en France Qu'il vaut mieux rire que pleurer.

LA MOTTE LE VAYER le (ils*.

A MONSIEUR L'ABBE SCARRON

Nous te verrons bientôt danser, sauter, courir, Faire ambler un cheval, ou du moins une mule : Qui peut avoir rendu Virgile ridicule Peut bien trouver aussi le moyen de guérir.

IN GALLICAM SCARRONIS

«NEIDEM LUDICRO CARMINE SCRIPTAM

Débile Scarronis corpus, contractaque membra,

ïndomitus vexât nocte, dieque, dolor.

Hinc caput obliqua pronum cervice fatiscit,

Nec licet obtuîus tollere ad astra suos. Ulque manus premil innocuas cruciatque chiragra,

* Le fils unique du philosophe dont il nous reste des œuvres nombreuses et trop peu connues. Il mourut en 1664, âgé d'environ trente-cinq ans, n'ayant pas eu le temps de réaliser toutes les espérances qu'il faisait concevoir. C'est à lui que Boileau a adressé sa quatrième satire.

Sic secat immérités sseva podagra pedes. Et maie nodosos macies depascitur arias,

Tabidaque arescens vix tegit ossa cutis. Torqueris levius volvendo, Sisyphe, saxo,

Quique renascenli pectore pascis avem.

El tamen in mediis ridere doloribus audet,

Nec miserum Ixti deseruere joci.

Ridiculum Mneam, Troas, Danaosque facelus,

Insolita Gallis arte, poeta facit.

Oblectant animas, non jam naufragia terrent,

Ilala quse finxil, Vale Marone, Clio.

Festivè ventique ruunt, atque sequora versant,

Jucundè Phrygias et qitatit unda rates.

Et supplex precibus superos dicacibvs oral

Naufragus, et gralo cum sale nauta périt. Nec flenda ingentis modo sunt incendia Trojœ,

Hœc possint Priamo sic placuisse seni. Ipsa quoque in Teucros joculares concipit iras

Altisoni conjux Juno sororque Jovis.

Tarn bene qui ludit, dum tolo corpore languens

Déficit, innumeris obruilurque malis, Vel certe humana Deus est sub imagine Scarro,

Ingenio pollct velpropiore Dei.

C FERAMUS t.

IN iENEIDA MIMICAM

ET JOCOSAM PAULI SCARRONIS

Corpore Scarro œger, sed cui rider» décorum, P/iœbus, Amor, Charités, et Yenusipsadedil.

Gralum opus urbanis, urbanœ Jïneidos andor, Transtulit in lepidos arma, virumque, jocos.

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