‹ Le Virgile travestiChapitre 72 sur 218 · LIVRE TBOÎSIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TBOÎSIÈME

Sans se soucier de nos coups, Elles se moquèrent de ^ons,

Et pourtant QH'*^^''^''- ni?. ^c^J^ftfte Une d'entre elles, maig:ri en t&ee, Celseno, se mit sur uû roc.

En la posture qu est un coq Sur le clocher djme paroi^^e.

Et nous donna bien de angoisse Par ces mots que 3 ai Jftenus :

«Ah! vraiment beau fils de \enus,

Vous êtes un plaisant visage . On disait que vous étiez sage .

La peste vous casse le cou, vous n'êtes qu'un d^ngeTeux fou^ Votre Altesse, pour un ^J'^^^jr^^"^-^ A me semble, le cœur bien mmcê'armer contre nous J'^squ aux de...

Un 2-ros escadron de ses gens.

qSefd'roit ont-ils sur notre terre .^ Pour nous v faire ainsi la guerre .

Les enfants de Laomedon Au lieu de demander pardon D'avoir pris nos bœuts et nos va^aes, Pour faire encore les bravaches, Armés comme des jaquemars.

De rondelles, dagues et daras. Et conduits par leur capitaine, Qui seul en vaut une centaine, Ils ont repris un peu de pam .

Sur trois filles ayant grand laim .

Action digne de l'histoire .^^^

Un autre homme, ami de la gio-w^ Au lieu de leur ravir leur bien, Leur aurait fait offre du, sien.

Ecoutez, écoutez, beau sire, Ce que j'ai charge de vous dir:; De la part de saint Apollon.

Après un voyage bien long, Le fils du vieux rêveur Anchioo .Trouvera la terre promise;

Mais il aura bien à pâtir, Devant que d'y pouvoir bâtir, Et sa misère sera telle, Que mainte assiette et mainte écuelle, Faute de meilleur aliment.

Seront par lui gloutonnement Et par ses soldats dévorées. »

Après ces choses proférées, Elle nous fit un pied de nez; St, nous laissant bien étonnés, La malplaisante prophétesse S'envola de grande vitesse.

En un autre temps j'aurais ri.

Alors que la chauve-souri Nous fit cette laide grimace; Mais alors chacun sur ma face Put voir un grand étonnement Et tous mes gens pareillement N'eurent pas lors le mot pour rire.

Quelques-uns se mirent à dire Qu'il fallait les dédommager, La guerre en prières changer, Jusqu'à faire des sacrifices^ Afin de les avoir propices.

Soit qu'elles soient des oiseaux, Hantans la terre ou bien les eaux. Soit monstres, ou vierges célestes, Ou bien des infernales pestes.

Mon bon père, otant son bonnet, Dit d'un ton de voix clair et net :

« Grand Dieu, qui vois notre misère.

Conserve le fils et le père, Prends pitié d'Anchise le vieux, Protège yiCneas le pieux ; Fais que cette étrange menace.

Plus de peur que de mal nous fasse I Grand Dieu, niiserere nobis!

Mourir de faim, il n'est rien pis.

Entre nous tous il n'est personne De qui la dent soit assez bonne

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