Le visiteur du pauvre
Indiquer les moyens de reconnaître la véHtable indigence, et de rendre l'aumône utile à ceux qui la donnent comme à ceux qui la reçoivent.
Ce Visiteur du Pauvre fut composé dans le désir d'y répondre ; mais le temps manqua à l'auteur; il ne put qu'esquisser à la hâte quelques vues sur cet intéressant sujet. L'accueil bienveillant que cet écrit a cependant obtenu , a fait un devoir à l'auteur de chercher à le rendre plus digne du suffrage des gens de bien , en le rendant plus utile. Il a recueilli avec reconnaissance les observations de plusieurs personnes consommées dans l'exercice du grand art de la charité, et il a essayé d'y satisfaire. On l'a engagé à réunir, pour l'usage do ceux qui s'occupent du soulagement des malheureux, toutes les indications relatives aux divers modes d'assistance à l'aide desquels on peut les servir et mettre les secours dans le rapport le plus parfait avec les besoins : il s'est donc attaché à sui-
AVERïISSEiMENT.
Vie le pauvre dans toutes les situations , et à passer en revue tous les remèdes qui peuvent être apportés aux maux qui l'accablent.
Dans sa forme primitive, le Visiteur du Pauvre n'était adressé qu'à la ville de Lyon ; il n'était point destiné à être imprimé ; une circonstance imprévue en amena la publication. Aujourd'hui , puisqu'on a pensé qu'il pouvait avoir une utilité générale , l'auteur devait s'attacher à y présenter des vues applicables à la France entière; il a cru ne pouvoir mieux faire qu'en exposant avec quelques détails le tableau du système des secours publics, tel qu'il est maintenant en vigueur dans la capitale , et spécialement du régime des secours à domicile, tel qu'il a été institué par l'ordonnance royale du 2 juillet 1816.
Une sorte de scepticisme systématique semble s élever, depuis quelques années, sur les premiers principes qui jusqu'alors avaient présidé à la création et à la direction des établissemens d'humanité. L'école formée par les écrits de Malthus , a particulièrement élevé des doutes sur l'utilité de ce genre d'établissemens ; elle s'est trouvée conduite par les conséquences du célèbre principe de la population, à indiquer, pour la pauvreté, d'autres causes et d'autres remèdes que ceux qui semblaient généralement reconnus. Quoique la base fondamentale de ce système ait été contestée avec avantage par d'cxcellens esprits, le système lui-même