AVANT-PROPOS
Après les luttes brillantes sur la nature de la vie, qui avaient divisé comme en deux camps ennemis la médecine française, cette question fondamentale de la physiologie parut un instant tombée dans l’oubli. Vers 1855 régnait un grand silence, à peine interrompu par quelques brochures sans éclat et sans nouveauté, comme si les adversaires épuisés avaient renoncé à produire de nouveaux arguments, soit pour l’attaque, soit pour la défense, ou senti le besoin de recueillir leurs forces dans le repos et le travail de la solitude. La philosophie qui, depuis la fin du xvn° siècle et surtout depuis le commencement du xrx“, s’était toujours tenue trop éloignée des études physiologiques, semblait être plus indifférente que jamais à la querelle assoupie des écoles de Paris et de Montpellier, de V organicisme et du vitalisme. Personne n’élevait la voix dans ses rangs pour défendre ou pour combattre ou même pour faire connaître Yanimismc, relégué, malgré le nom