‹ Le vitalisme et l'animisme de StahlChapitre 2 sur 16 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

immortel d’Aristote et le nom glorieux de Stalil, dans la poussière de l’iiistoire.

C’est à cette époque que, la direction de certains travaux personnels m’ayant amené à lire les œuvres de Stahl et à étudier sa doctrine, la difficulté que je rencontrai dans cette lecture et l’intérêt que je pris à cette étude me tirent penser que ce serait une œuvre utile, et pour les physiologistes qui croient volontiers que Stalil n’est qu’un philosophe rêveur, et pour les philosophes qui ne voient guère en lui qu’un médecin à système, de rendre la connaissance de sa doctrine plus facile et plus populaire par une exposition fidèle et lucide qui dispenserait les uns et les autres d’un labeur ingrat.

L’Académie des sciences morales et politiques jugea sans doute que ce travail n’était dénué ni d’intérêt ni d’utilité, puisqu’elle voulut bien, malgré sa longueur, en entendre la lecture et l’insérer dans le compte rendu de ses séances.

La preuve éclatante que je ne m’étais point exagéré ni l’importance do la question de la vie, ni la valeur du système oublié de Stahl, ni l’utilité d’une exposition critique de ce système, c’est que peu de temps après, la question de la vie renaissait avec un nouvel éclat, et figurait dans l’ordre du jour des académies et des sociétés savantes ; c’est que toutes les sciences s’en emparaient, la philosophie comme la physiologie, et la chimie

AVANT-l'ROPOS. vil

comme la médecine; c’est qu’on entreprenait la traduction et la publication des œuvres complètes de Stahl ; c’est que de nombreux ouvrages paraissaient de tous les points de la France sur la vie, sa nature et son principe ; c’est que l’animisme de Stahl était ressuscité par les uns et de nouveau combattu par les antres ; c’est que de ces ouvrages quelques-uns étaient directement suscités par le mémoire lu à l’Académie.

Aujourd’hui donc que les belles expériences de M. Pasteur attirent l’attention des savants et du public sur la question des générations spontanées, que les livres de MM. Darwin, Ch. Lyell, H. Spencer, Hüchner, font plus ou moins sortir la vie et tous les vivants de la matière brute, que toutes les hypothèses les plus différentes et les plus hardies renaissent comme aux plus beaux temps des chimiatres et des iatromécaniciens^ que l’animisme se rajeunit, que Montpellier se réveille, que V organicisme parisien retrempe ses forces dans le positivisme, j’ai quelque raison de penser que cette étude sur Stahl et l’animisme n’a rien perdu de son intérêt et de son utilité, qu’elle est au contraire devenue plus opportune et qu’elle peut sortir, rajeunie elle-même dans plusieurs de ses parties, des annales de l’Académie, pour être offerte au public et prendre place dans la Bibliothèque de philosophie contemporaine.

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