IDÉE GÉNÉRALE DE LA DOCTRINE DE STAIIL
r.ourle biographie de Stahl. Origine de sa doctrine. Sa méllioile.
Distinction du vitalisme et de l’animisinc.
Peu de détflils biographiques, que l’on irouve partout d’ailleurs, suflisent pour donner de l’homme et de sa vie une connaissance sati.sfuisante.
Né à Anspach (Onoldurn), en 1660, Georges-F.rnesl Stahl fut, en I69û, nommé professeur de médecineà la nouvelle université de Halle, appelé dans cette chaire par l’amitié de son collègue Fr. Hoffmann, dont il devait bientôt se séparer pour devenir l’adversaire le plus redoutable de ses doctrines physiologiques; puis, médecin du roi de Prusse, 'Frédéric-Guillaume I", en 1716, il mourut à Berlin en 173ti.
Travailleur infatigable, Stahl a composé un grand nombre d’ouvrages. Esprit lucide, raisonneur assez serré, mais écrivain brouillon , sa pensée est claire pour qui la cherche sous les imperfections d’un latin illisible. Opiniâtre et vain, il n’aime pas l’objection, quoiqu’il la relève et la discute; il se propose lui-méme comme le seul homme capable de tirer la médecine de son ornière. 11 méprise souverainement, non-seulement ceux qui ne sont pas de son avis, mais ceux mêmes qui trouvent quelques difficultés à le lire ; « Quibus est
IDÉE GENERALE
» visus Stylus obscurior, illis commendo ut Se in ana- » lysi grammatica exerceant. » Juncker, son admirateur, répondait aussi que cette difficulté n’est que relative et qu’elle ne vient pas tant de l’obscurité et de la longueur des périodes que de notre ignorance de la langue latine. Cependant l’analyse grammaticale suffit rarement à rendre ce latin intelligible; il y faut ajouter la science et l’analyse de la phrase et de la grammaire slahliennes. Stahl n’en a pas moins beaucoup de prétentions au beau langage, et il professe pour Cicéron une estime profonde (1). Il faut convenir toutefois que, quand on possède la clé de sa période et son vocabulaire, ce style devient d’une lecture plus facile, sans être jamais agréable comme le trouve Venel (2). Stahl est dur, même envers ses lecteurs : « Demonstrata ibi a me » hæc sunt, modo non alii judicent, quam qui coinpo- » tes suntintelligendi (3). » 11 se donne cependant pour un ardent partisan de la liberlé de penser et d’écrire (4). C’est un esprit vraiment philosophe : « Philosophiam » contemtui habitam per totam vitain hominis se ul- » cisci(5). » Mais cet esprit philosophe et indépendant, en même temps qu’il est sévère pour la pensée d’autrui , n’est pas tout à fait dégagé de préjugés, et même
(1) G.-E. Stahl, Àrs sanandi, p. 89.
(2) Voyez Dictionnaire des sciences médicales, art. Stahlianisme, p. 405.
(3) Disquisilio de vivt et mixii corporis vera diversitale, p. 99.
(4) Vindiciœ et indicia descriptis suis, p. 139, 140, 141.
(5) Ars sanandi, p. 19.
de préjugés puérils. 11 est mystique, comme le prouvent lesnombreusesinvocationsquicommencentetterminent la plupart de ses ouvrages ; il est même encore sous l’influence directe, quoiqueéloignée,des superstitions astrologiques de Paracelse. Sa croyance à l’action du macrocosme sur le microcosme, et la théorie des septénaires poussée par lui jusqu’à la puérilité, le prouvent suffisamment (1). C’est surtout dans sa vieillesse que cette tendance au mysticisme se développe, et ses derniers ouvrages, par exemple l’yt^'s sanwnrfi, sont à chaque instant interrompus par des invocations et des prières.
Blumenbach le juge bien ainsi et attribue à ce mysticisme de Stahl son succès auprès de quelques esprits, et sa disgrâce auprès du plus grand nombre : « Stahl, » dit-il, est sans contredit un des médecins tes plus » grands et les plus profonds que le monde ait jamais » vus ; peu d’hommes éminents ont été si longtemps » méconnus et incompris. Il était le collègue et le rival » de Fr. Hoffmann et le contemporain de Boerhaave, n qui passaient pour les premiers médecins de son » époque. Comment Stahl aurait-il lutté avec avantage » contre son collègue? Hoffmann, homme gai, ouvert, » affable, énonçant d’un style clair les lois simples et » commodes de la doctrine mécanique; Stahl, au con- » traire, hypocondriaque, atrabilaire, et, par dessus » tout, piétiste, couvrant un système abstrait et pro- » fond du manteau d’une exposition sèche et obscure.
» Halle était devenu le rendez-vous des pieuses et
(1) Theoria medka vera, p. 2àà.
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» bonnes âmes qui soutenaient le parti de Stahl plutôt » à cause de leurs sympathies religieuses que par con- » viction véritable. Incapables de saisir la haute pensée » du maître, elles se tenaient d’autant plus strictement » à la lettre morte, qu’elles croyaient voir dans les » brouillards dont le système était enveloppé je ne » sais quoi de saint et de mystique (1). »
Four bien comprendre et apprécier la doctrine de btahl, il est nécessaire de se rappeler l’étal de la médecine et de la philosophie à la fin du xvii' siècle, et d’apprécier les inlluenees qui se sont exercées sur lui, soit qu’il les ait acceptées ou subies, soit qu’il ait réagi contre elles.
Des deux grands systèmes physiologiques qui font de ' la vie, l’un le résultat nécessaire des lois ordinaires mais plus savantes de la matière brute, l’autre l’effet immédiat et raisonné d’une force immatérielle et intelligente, le premier domine presque exclusivement au xviF siècle, grftce à l’influence universelle de la philosophie cartésienne. La médecine mécanique et la médecine chimique partagent l’opinion publique, mais elles s’unissent et se confondent toutes deux dans leur source commune, la métaphysique de Descartes, et dans leur conséquence, la négation de la vie comme une manière d’être essentiellement différente de celle des corps inorganisés. Cependant la métaphysique cartésienne n’a pas aboli complètement le mysticisme médical de Paracelse et de Van Helmont, parce qu’il y a autre chose dans l’opinion
(1) Bibliothèque médicale, t. II, p. 390.
de ces deux hommes que les rêveries d’esprits illumioés. Ils représentent encore, sous le masque du mysticisme chrétien, une doctrine élevée, qui n’a peut-être pas moins de vraisemblance que la médecine mécanique, c’est-à-dire la vieille et grande pensée des anciens sur la vie et sur son principe. La doctrine des Ioniens, de Platon, d’Aristote, des Stoïciens, de Galien, a fait tradition dans l’histoire, elle a traversé le moyen âge sans acquérir d’autorité, mais aussi sans perdre de sa force ; et les mystiques du ,xvi' siècle, en l’acconmiodaut à leurs croyances religieuses et aux superstitions de l’illuminisme, l’ont faite chrétienne sans la défigurer tout à fait, et mystique sans la discréditer complètement. Cette tradition subsiste encore au xvu' siècle où, malgré l’éclat de la philosophie cartésienne et de la méde- ' cine chimique, elle compte encore quelques adeptes silencieux et opiniâtres. '
De ces deux influences opposées, celle du péripatétisme et de l’illuminisme combinés, d’Aristote ou de Paracelse, celle du rationalisme cartésien, iatromécanisme ou chiniiatrie, laquelle agira sur Stahl ? Chose singulière, parmi les critiques de Stahl, les uns prétendent qu’il se rattache en ligne directe à Van Helmont et à Paracelse ; d’autres le font un imitateur de Galien et d’Aristote; d’autres enfin prétendent que la philosophie cartésienne a pesé de toute son autorité sur la doctrine de Stahl et que l’animisme n’en est qu’une conséquence rigoureuse.
Je ne puis citer tous les critiques qui ont répété les uns après les autres que Stahl n’a fait que substituer l’âme raisonnable à l’archée de Van Helmont. M. Bar-
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thélemy Saint-Hilaire dit quelque part : « Je ne doute » pas que l’idée principale de la physiologie de Stahl » ne lui ail été inspirée par le Traité de Tâme. Aristote » avait dit que c’est l’âme qui nourrit le corps, et il » avait fait de la nutrition l’une des quatre facultés par » lesquelles l’âme se manifeste. Stahl exagère cette » idée. Toutes les actions, toutes les modifications du » corps, les opérations les plus délicates et les plus » profondes qui se passent en lui sont faites et accom- » plies par l’âme et par l’âme seule. C’est l’âme qui se » construit son corps, aussi bien que c’est elle qui le » conserve et le meut sans l’intervention ou le con- » cours d’aucun autre moteur. Pour qu’on ne s’y mé- » prenne pas, Stahl ajoute qu’il entend parler de l’âme » rationnelle et il se raille de ces antiques rêveurs » [anliquœ nœniœ], qui ont cru trouver dans le corps » humain d’autres agents que l’âme intelligente et qui » ont distingué trois âmes, végétative, sensitive, raison- » nable, comme si les deux premières n’avaient pas » besoin autant que l’autre d’intelligence et de connais- » sance pour accomplir leurs admirables fonctions. » Stahl ne sait pas, quoiqu’il soit fort érudit, qu’en » voyant la vie uniquement dans l’âme, qu’en les » confondant l’une avec l’autre, il ne fait que repro- » duire Aristote. Il ne sait pas qu’en se moquant d’Aris- » tote, il se moque de lui-même, puisque sa pensée » n’est au fond que celle du philosophe ancien (1). »
(1) Barthélemy Saint-Hilaire, Préface du Traité de l’dme d’Aristote, p. LXXXV-Vl.
Peut-êlre, est-ce là se laisser abuser par la lettre semblable de deux systèmes différents de valeur et d’origine.
M. Madin, au contraire, dit que, pour apprécier la doctrine de Stahl, il faut tenir compte de l’influence qu’ont exercée sur son système les doctrines de Descartes et surtout de Malebranche sur la passivité de la matière (1).
On peut admettre que cette influence d’une partie de la philosophie cartésienne se soit en effet exercée sur Stahl. Car, pour lui comme pour Descartes, la matière n’a pas en elle la puissance de vivre. Mais cette influence s’est, en tout cas, beaucoup moins exercée sur Stahl lui-méme que sur tous les autres philosophes et médecins contemporains. Il est même fort peu cartésien, fort peu partisan surtout de l’hypothèse de Malebranche. En effet, la conséquence la plus rigoureuse que Malebranche ait su tirer des principes métaphysique du cartésianisme , c’est la distinction absolue et la séparation complète de l’âme et du corps, l’impossibilité pour ces deux substances d’exercer l’une sur l’autre une action quelconque. Or, c’est là précisément le contre-pied de l’animisme de Stahl, qui est bien plutôt une réfutation de la théorie des causes occasionnelles, de l’harmonie leibnitienne et en général de la métaphysique comme de la physiologie de Descartes. C’est le mécanisme, comme le prouvent les traités du Monde, de l’Homme, de la Formation du fœtus,
(2) Dictionnaire des sciences médicales, art. Stahlianisme.
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des Principes, qui est la conséquence naturelle de la métaphysique cartésienne, et non l’animisme.
Stahl semble, au contraire, n’avoir subi la double intlueiice de Van Helmonl et de Descartes que pour réagir contre elle.
Pour Stahl, le corps ne se meut pas de lui-môme; voilà ce qui ressemble à Descartes.
L’àiiie est le principe de la vie; voilà ce qui ressemble à Aristote ou à Van Helmoiit.
Mais ce sont là, d’une part, un principe bien général, et qui certes ne renferme pas à lui seul l’animisme tout entier, d’un autre coté, une affirmation bien vague et toute littérale qui ne contient pas le sens de Panimisme. Si Stahl n’avait fait autre chose en réalité que de substituer l’Ame à l’archée sans plus de peine, il n’aurait pas, lui aussi, exercé tant d’influence sur 1a médecine moderne; et il était bien inutile d’écrire tant de volumineux ouvrages pour remplacer seulement un mot par un autre.
Nous ferons voir plus facilement, après avoir exposé la doctrine de Stahl, en quoi elle diffère de celle d’Aristote, de Van Helmont, et en général de toutes celles qui l’ont précédée; et nous en pourrons aussi prouver plus aisément l’originalité, quand nous en aurons fait corn-, prendre la valeur.
La clé de la doctrine de Stahl, le secret de sa force et sa vérité sont dans la méthode qui a présidé à sa formation. Stahl est un esprit indépendant; son système n’est pas, comme on le croit généralement, une œuvre de construction et de spéculation; c’est au contraire le
résultat de l’expérience et de l’inducUon. Stalil n’est pas tant un raisonneur qu’un observateur. U a observé, observé longtemps et bien ; ce n’est qii’à un moment donné qn'au lieu de s’abstenir prudeniment, il passe des faits k l’bypotbèse.
La doctrine de Stabl est bien en définitive l'animisme ; mais ce n’est pas par J’animisme qu’il commence, et l’Ame n’intervient comme principe de lu vie qu’au der-r nier nioment et |)Qnime à la conclusion de son système, Ce système est aabqrd une réfutation des doctrines contemporaines, une réaction contre la chimie et la mé-r capiqqp, contre les entités imaginaires, contre l’bypor thèse, enfin en faveur de l’expérience. Mécaniciens, cbinaistcs ou mystiques, tous les médecins ont l’habis tude de ^Sioir deviner la nature et lui dicter ses lois. Il faut, au contraire, étudier la nature et lui arracher son secret, apprendre d'elle ce qu’elle fait et non lui imposer ce qu’elle doit faire, Sans cesse et partout Stabl rapelle les médecins à système à l’observation des faits : Cherchez, leur dit-il, non quod fieri debeni, sed quûd ficri soient. Parce qu’une machine peut produire dans certaines circonstances les mêmes mouvements que le corps humain, il ne s’ensuit pas que le corps humain soit une machine. Parce que des substances chimiques peuvent former un mélange analogue à quelques liquides qui circulent dans nos organes, i| ne s’ensuit pas que la vie ne soit qu’une combinaison chimique. La nature et les faits, et non l’hypothèse et le possible; voilà ce qu’il demande.
Or, le spectaele de la nature, l’observation des faits,
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lui révèle une admirable régularité jusque dans les désordres morbides, dans la fermeture, dans la guérison des plaies; cette régularité lui prouve qu’il y a là quelque chose de supérieur à une mécanique ou à une chimie inintelligente, de l’ordre enfin jusque dans le désordre. Comparant cette simplicité des voies de la nature avec les systèmes contemporains, il gémit de voir méconnue cette grandeur de la nature, de voir les esprits aveuglés nier la supériorité du corps humain, même malade, sur les phénomènes de la pesanteur. L’organisation éclate à ses yeux comme une chose infiniment plus belle et plus noble que la mécanique ou la chimie la plus savante ; ce qui est lui apparaît bien au-dessus de ce que l’homme rêve; la vie se manifeste puissante et régulière dans la maladie elle-même. La vie, c’est là le point capital ; l’idée de la vie, c’est là ce que Stahl s’efforce de mettre en lumière, de distinguer de tout le reste, de faire prédominer sur les utopies mesquines de ses contemporains. La vie, elle est méconnue par les médecins et les philosophes ; il n’y a pas de médecins, il n’y a que des mécaniciens ou des chimistes; car la médecine, c’est la science de la vie, et la vie n’est pas dans le jeu d’une machine, elle ne s’élabore pas dans le creuset du chimiste. De là cette colère contre les chimistes et les mécaniciens, qui n’est ni vanité, ni orgueil, mais sentiment profond de la vérité. Ce n’est pas sa propre pensée que Stahl défend, c’est la nature incomprise, la lumière qu’on refuse de voir, la vie, enfin, que les médecins qui la voient chaque jour chanceler, s’affermir, s’évanouir, qui sont chargés de
l’entretenir, osent nier. Inde irce, et cette colère est légitime; c’est celte du génie en possession d’une grande et incontestable vérité.
Jusqu’ici dans la doctrine de Stahl où est donc l’hypothèse? où est l’erreur? où est l’animisme? Il n’est encore question que de la vie, des faits, de la nature. L’animisme ne viendra que plus tard, au dernier moment, à la conclusion dernière, de sorte qu’on ne pourra pas dire avec connaissance de cause, que la doctrine de Stahl, c’est l’animisme, rien que l’animisme, système de tous points erroné, que la méthode de Stahl, c’est l’hypothèse, que le mérite de Stahl, c’est d’avoir donné plus de simplicité et de consistance à une opinion presque aussi ancienne que le monde.
Non content d’avoir distingué l’organisation, la vie, du mélange animal et des mouvements d’une machine, il en comprend si bien la grandeur, il a si bien observé que les maladies ont des phases régulières et qu’il y a dans la force vitale un adversaire redoutable de la maladie donné par la Providence, qu’il proclame la naturç le médecin par excellence et le premier guérisseur de nos maux. Il y a donc une cause supérieure à la matière qui ordonne et règle tous ses mouvements.
C’est ici que l’âme apparaît enfin, que l’hypothèse succède à l’observation, que le vitalisme de Stahl fait place à l’animisme ou plutôt se conclut par l’animisme. Mais nous avons fait bien du chemin déjà, et l’on ne peut juger une doctrine sur ses seules conclusions, surtout quand elles ne sont pas rigoureuses. 11 ne faut pas dire qu’un homme n’a fait que marcher au hasard et en
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chancelant sui* sa route, parce qu’il s’égare ou trébuche au dernier pas.
Cette cause qui agit si raisonnablement, ne doit-elle pas être raisonnable? Et, encore aidé ou plutôt trompé celte fois par le speçtable de l’influence incontestable des passions sur le corps, Stahl fait le dernier pas ; au lieu, soit de s’abstenir prudepiment, soit d’attribuer généralement et primitivement toute cette ordonnance mystérieuse à la providence divine, et pour ne pas multiplier les causes secondaires et chimériques, )es archées, les esprits et les génies de toutes sortes, il attribue enfin cette direction de la vie g la seule cause intelligente, réelle, efficace, qu’il sait exister, à l’ûme raisonnable.
Dès lors le vitalisme de Stahl prend un caractère particulier, et l’animisme se développe en une doctrine complète, fortement homogène, poussant de tous côtés des conséquences rigoureuses ou ingénieuses, recevant les applications les plus diverses et les plus particulières, répondant et suffisant à tout, à la pratique comme à la théorie, à la pathologie, à la thérapoutfque, comme à la physiologie, à la psychologie et à la métaphysique, coinmc ü la médecine.
C’est là un grand système, grand jusque dans ses erreurs, mais plein aussi do vérité; c’est l’œuvre d’un grand esprit. L’âme de Stahl, c’est l’âme d’Aristote; Vâme de Stahl remplit le mémo office que l’archée de Van Helmont, je le veux ; mais la doctrine de Stahl n’esj pas la vision mystique de Van Helmont; ce n’est pas non plus la simple opinion d’Aristote, enveloppée, obscure, dénuée de preuves et de conséquences.
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plus tard pQus aurons encore à demander justice à des détracteurs d’un autre genre, qui font (|e Stahl un matérialiste, qui le livrent à merci à Leibnitz et à ses accusations. Nous montrerons que, si fort que soit Leibnitz dans la discussion, il rencontre dans Stahl un adversaire digne de lui, et que, si Stahl n’a pas raison absolument, raison contre |a vérité, il a du moins raison contre Leibnitz, et qqc Leibnitz est le vainpu.
On peut donc dès à présent distinguer deux parties dans le système entier de Stahl,
La première contient la réfutation des doctrines contemporaines, rétahlisscment de la vie et de son principe impiatériel : ce qu’on peut appeler le vitalisme de Stahl.
La seconde renferme l’identification de ce principe de la vie et de l’ànie raisonnable, c’est-à-dire l’animisme proprement dit et toutes scs conséquences théoriques et pratiques.
Cette division bien simple est l’iiistoire exacte de la pensée de Stahl; ce sont bien là les deux phases par lesquelles elle a passé successivement. On les peut même retrouver à peu près dans les titres et dans la suite de ses dilférents écrits; mais Stahl n’a pas une méthode d’exposition aussi bonne que sa méthode d’inyestigation. Chacun de ses nombreux ouvrages sur les sujets les plus spéciaux est le plus souvent une répétition de tous les autres: tout à propos de tout. Cependant l’un d’entre eux et le plus considérable, intitulé : Theoria medicn vera, est assez bien composé. C’est l’œuvre capitale et qui renferme à peu près toute sa doc-
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trine théorique et pratique, physiologique, philosophique et thérapeutique. II faut néanmoins commenter à chaque instant ce grand ouvrage par un certain nombre de traités spéciaux et plus ou moins volumineux, depuis la brochure de quelques pages jusqu’au livre.
Les principaux écrits de Stahl, ceux dont nous nous servirons plus particulièrement, et les plus indispensables à l’intelligence de son système philosophique et physiologique, sont les suivants :
Theoria medica vera, — Parænesis ad aliéna a re medica arcendwn. — Ùemomtratio de mixti et vivi corporis vera diversilate. — Disquisitio de mechanismi et organismi vera diversitate. — Vindiciœ et indicia de scriptis suis.
— De differentia X6yov et loyia^w — De motu tonicovitali.
— Ars sanandi morbos cum exspectatione. — Negotium otiosum, seu sciamachia (1).
(1) Les éditions dont nous avons fait usage et auxquelles se rapportent tous les passages cités, sont :
Theoria medica vera. Halœ, 1737. — Parænesis ad aliéna, etc., idem. — Demonstralio de mixti, etc., id. — Disquisitio de mechanismi, etc., id. — Vindiciœ et indicia, id. — De motu tonico vilali. lena, 1692. — Ars sanandi, etc. Offenbaci, 1730. — Negotium otiosum, etc. Halœ,1720.