ACTE PREMIEH
JACQUES, déposant son livre.
Chacun prend son plaisir où il le trouve.
Quello banalité! C'est ce volume qui te passionnait si fort? (Lisant.) Les Chats, par Champfleuri/. J'ai les chats en horreur.
JACQUES
Je le regrette.
MADAME FORTIER
Non, sérieusement, tu trouves cela intéressant?
JACQUES
Tiens, écoute ce passage attribué à M. de Buffon . . . (usant.) La malice du chat est innée, son naturel pervers. Il sait couvrir sa marche, dissimuler ses desseins, épier les occasions. Il n'a de l'attachement que l'apparence... On le voit à ses mouvements obliques, à ses yeux équivoques ; il ne regarde jamais en face.
MADAME FORTIER
Eh bien?
JACQUES
C'est tout.
MADAME FORTIER
Et tu trouves cela amusant?
JACQUES
Amusant, non; instructif, oui!... Car, voistu, c'est en étudiant le caractère de certaines bêtes qu'on apprend à connaître le caractère de certaines femmes.
MADAME FORTIER
Oui, je crois que tu es un peu fatigué... Allons, laisse ce volume et viens.
JACQUES
Tout à l'heure.
MADAME FORTIER
Pourquoi pas tout de suite?
JACQUES
Parce qu'en vérité je me trouve aussi bien ici que dehors.
MADAME FORTIER
Allons, un peu de franchise et regarde-moi. Tu as un ennui?
JACQUES
Du tout.
MADAME FORTIER
Un chagrin?