ACTE PREMIER
le fadeur m'a remis lui-môme tout le courrier, il n'y avait rien pour loi.
JACQUES
Eh bien ! oui, c'est vrai... j'ai menti.
MADAME FORTIER
Pourquoi ?
JACQUES
Sois bonne, veux-tu, et cesse de m'interroger.
MADAME FORTIER
Toi, tu souffres.
JACQUES, en s'efforcent de sourire.
Je t'assure que lu le trompes.
MADAME FORTJER.
Maintenant, j'en suis sûre... car, lorsque tu souris, comme en ce moment, je vois encore mieux dans tes yeux tout le chagrin que tu nie caches.
JACQUES
Encore une fois, n'insiste pas.
Parle, mon grand, dis-moi la vérité et excuse-moi si je t'ai un peu rudoyé. Qui t'a fait
de la peine? Qui te rend malheureux? Voyons, à qui confierais-tu tes petites misères si ce n'est à ta vieille maman?
JACQUES
Mes petites misères !
MADAME FORTIER
Ce sont donc de grandes misères, alors?
JACQUES
Oui, ce sont les plus grandes et les plus fortes... ou, du moins, je le crois, puisque je n'ai jamais autant souffert.
MADAME FORTIKR.
Mon pauvre petit, que m'apprends-tu et pourquoi as-tu tant tardé ?
JACQUES
Si j'avais su guérir en venant à toi, il y a longtemps, sois-en certaine, que jo l'aurais parlé.
MADAME FORTIEH, très gaie, croyant ayoir compris.
Est-ce que Robert, tout à l'heure, ne se serait pas trompé? Mais non, c'est bien cela, tu es jaloux. Si, si, tu es jaloux, et je comprends maintenant les allées et tes venues, tes regards inquiets, tes réponses évasives ot