ACTE PREMIER
tes départs brusques. Tu es jaloux, c'est clair. Ta femme ne te quitte pas et cependant tu t'imagines qu'elle t'échappe! Elle se tait, tu voudrais savoir la raison de son silence; elle rit, tu préférerais qu'elle pleure... et si elle pleurait, tu voudrais pouvoir analyser ses larmes... tu es jaloux... lu es jaloux...
JACQUES
Mais non... mais non...
MADAME FORTIER
Mais si, mais si! Sa coquetterie t'énerve et sa gaieté t'agace. Tu te rends compte qu'elle ne fait aucun mal et cependant tu souffres do ne pouvoir la blâmer. Tu meurs de l'interroger mais tu n'oses... tant tu crains que ses réponses ne soient pas celles que tu souhaites. Tu es injuste et pourtant tu estimes que c'est elle qui a tort ! Pourquoi? Comment? Tu n'en sais rien et lu ne le sauras probablement jamais! Tu es jaloux! Tues jaloux! Tu es jaloux!
JACQUES, nerveux.
Soit.
MADAME FORTIER
Ah! les hommes !... Voyons, car c'est d'elle
qu'il s'agit, j'en suis sûre, qu'as-tu à lui reprocher ?
Rien.
MADAME FORTIER
Allons, ne t'entête pas et dis-moi vite ce que tu as sur le cœur, une fois pour toutes?
JACQUES, très simplement.
... Eh bien ! elle me trompe, es-tu satisfaite, maintenant ?
MADAME FORTIER, en riant.
Germaine te trompe I
JACQUES
Oui.
MADAME FORTIER
Ahl ça, deviens-tu fou ?
JACQUES
Non, je ne suis ni aveugle ni fou, je te le jure.
MADAME FORTIER
Prends garde... si elle t'entendait, elle no te pardonnerait pas de l'avoir accusée.
JACQUES
Que m'importe!