ACTE PREMIER
JACQUES
J'ai des choses à te dire.
GERMAINE, de même.
Me voilà installée. Je t'écoute.
JACQUES
Et quelles que soient les paroles que je prononcerai, promets-moi de rester là, assise, en face de moi ?
GERMAINE, de même.
Je n'aurai pas le droit de me lever?
JACQUES
Ne plaisante pas, veux-tu, je n'ai nulle envie de rire.
GERMAINE
Oh! voilà un début qui ne m'annonce rien de bon!... N'importe, je te le promets.
JACQUES
Merci... (un temps ) Voilà... Oui, je suis un peu nerveux... d'ailleurs, tu le sais, les mots demeurent en moi lorsqu'il s'agit de parler de choses qui me touchent... Enfin, arrivons au fait, brutalement, (un temps.) Germaine, tu ne m'aimes plus, n'est-ce pas?
Pourquoi me demandcs-lu cela?
JACQUES
Réponds, ne cherche pas à me consoler par des mensonges et crois fermement que je suis homme à entendre, sans broncher, une vérité, si cruelle qu'elle soit.
GERMAINE
Ah! ça, qu'est-ce que cela veut dire?
JACQUES
Non. je t'en prie ! J'ai, je le le jure, un courage que tu ne soupçonnes pas. Tu m'as toujours cru faible et sans volonté... Je suis — je te l'affirme — capable d'actes héroïques, à condition toutefois qu'on ne tente pas de me leurrer. Donc, encore une fois, parle sans hésiter, et ne me ménage pas. Je suis prêt, comprends-tu, tout à fait prêt...
GERMAINE
Prêt à quci? Tu es stupide, mon pauvre ami t
JACQUES
J'entends par là que tes réponses ne me surprendront pas. Ce n'est pas un coup que